Les Canadiens appuient l'arrivée de véhicules électriques chinois, selon un sondage

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Selon un nouveau sondage Léger, la plupart des Canadiens sont favorables à l'augmentation des ventes de véhicules électriques chinois au Canada, malgré certaines préoccupations persistantes.
Le Canada s'est récemment engagé à réduire de 100 % à 6,1 % les droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, avec un plafond annuel de 49 000 véhicules. En contrepartie, la Chine devrait réduire les droits de douane de rétorsion sur les produits agricoles canadiens.
Le sondage Léger indique que sept personnes interrogées sur dix étaient au courant de l'accord entre Ottawa et Pékin, la sensibilisation étant nettement plus élevée chez les hommes et les personnes âgées de 55 ans et plus.
Au total, 61% des répondants se sont déclarés favorables à l'entrée d'un plus grand nombre de véhicules électriques chinois sur le marché canadien, dont 24% qui ont «fortement» soutenu cette décision et 38% qui l'ont quelque peu soutenue.
Le soutien était particulièrement élevé au Québec (72 %), ainsi que chez les hommes et les Canadiens âgés de 55 ans et plus.
«Au cours des 12 derniers mois, les Canadiens ont radicalement changé leur point de vue sur nos relations avec la Chine, et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres», a fait remarquer Steve Mossop, vice-président exécutif de Léger pour l'Ouest canadien.
Le sondage, qui a été réalisé en ligne et pour lequel aucune marge d'erreur ne peut être attribuée, a été mené auprès de 1570 personnes entre le 30 janvier et le 2 février.
Malgré le niveau général d'approbation, les trois quarts des personnes interrogées ont exprimé au moins une préoccupation.
Les préoccupations les plus courantes exprimées par les répondants au sondage concernant les véhicules électriques chinois portaient sur la qualité et la durabilité des véhicules, ainsi que sur les répercussions sur l'industrie automobile canadienne. Venaient ensuite les préoccupations relatives à la sécurité et à la confidentialité des données, à la sécurité des véhicules et aux questions géopolitiques ou de sécurité nationale liées à la Chine.
Lorsqu’Ottawa a annoncé l'accord avec la Chine, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a exprimé ses inquiétudes quant à la possibilité que les véhicules électriques chinois espionnent les automobilistes canadiens.
Le commissaire à la protection de la vie privée, Philippe Dufresne, a déclaré cette semaine devant un comité de la Chambre des communes que son bureau supervisait des recherches sur les appareils connectés afin d'en savoir plus sur les types de données collectées par les voitures et d'autres produits.
Le sondage suggère que les craintes concernant les effets de l'accord avec la Chine sur l'industrie automobile canadienne étaient nettement plus élevées en Ontario, où sont implantés de nombreux constructeurs automobiles et équipementiers.
Toujours selon le sondage, près des deux tiers des Canadiens s'inquiétaient d'éventuelles représailles de la part des États-Unis si le Canada renforçait ses liens commerciaux avec la Chine. Parmi ceux qui s'opposent à l'importation de véhicules chinois, 71% des répondants se disent très inquiets des menaces américaines de représailles.
M. Mossop a trouvé intéressant que 30 % des personnes interrogées aient déclaré ne pas s'inquiéter d'éventuelles représailles américaines. Il a suggéré que ce chiffre aurait été plus faible il y a six ou huit mois, lorsque les craintes concernant les droits de douane américains étaient plus répandues.
«Ils ne pensent pas qu'il y aura de suite», a-t-il expliqué.
Le sondage suggère également que 57% des Canadiens s'opposent à la restriction des échanges commerciaux avec la Chine afin d'éviter des représailles économiques de la part des États-Unis.
Il n'est peut-être pas surprenant que ceux qui souhaitent augmenter les échanges commerciaux avec Pékin soient parmi les plus favorables à l'autorisation d'un plus grand nombre de véhicules électriques chinois et ceux qui ne s'inquiètent pas des menaces de droits de douane américains.
L'organisme professionnel du secteur des sondages, le Conseil canadien de la recherche sur les opinions, affirme qu'il n'est pas possible d'attribuer une marge d'erreur aux sondages en ligne, car ils ne sont pas réalisés à partir d'un échantillon aléatoire de la population.
Jim Bronskill, La Presse Canadienne