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Les armes à feu de la photo de la mère de la tireuse de Tumbler Ridge étaient légales

durée 16h34
20 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Un ancien officier chargé des armes à feu au sein de la Gendarmerie royale du Canada affirme que toutes les armes à feu apparaissant sur une photo publiée par la mère de la tireuse de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, semblaient être légales au Canada à l'époque, bien qu'il y reconnaisse notamment d'un fusil semi-automatique qui a ensuite été interdit.

Jennifer Jacobs a publié la photo des armes à feu dans une armoire sur Facebook en août 2024, avec la légende «Je pense qu'il est temps de les sortir pour faire une petite pratique sur cible».

Mme Jacobs et son fils de 11 ans faisaient partie des 8 personnes tuées à Tumbler Ridge le 10 février par la fille de Mme Jacobs, Jesse Van Rootselaar, âgée de 18 ans, avant qu'elle ne se suicide.

Frank Grosspietsch, ancien agent de la GRC au sein de l'équipe nationale de soutien à l'application de la loi sur les armes et conseiller technique auprès de l'Association of Firearm and Toolmark Examiners, a indiqué que la photo publiée par Mme Jacobs montre cinq fusils — dont trois semblaient semi-automatiques — deux fusils de chasse et un pistolet.

«Je ne vois aucune des marques qui se trouvent sur les armes à feu, mais j'examine le dessous, la configuration des canons, les crosses et les marques distinctives qui me sautent aux yeux», a-t-il expliqué.

Il a ajouté que «toutes les armes à feu qui se trouvaient dans ce casier au moment où la photo a été prise étaient sans restriction».

Un porte-parole de la GRC a répondu jeudi dans un courriel sur les armes présentes sur la photo qu'il «ne confirmerait pas quelles armes à feu ont été saisies, car ces détails font l'objet d'une enquête en cours».

On ne sait pas si Van Rootselaar a utilisé l'une des armes à feu de la photo pour commettre les meurtres ni si elles faisaient partie des armes que la police avait précédemment saisies au domicile en vertu du Code criminel — avant de les restituer à leur propriétaire.

La GRC affirme avoir saisi deux armes à feu dans la maison la semaine dernière, dont un fusil de chasse non enregistré qui, selon la police, a été utilisé pour commettre les meurtres, ainsi que «plusieurs autres armes à feu».

La police a également saisi une arme longue et un fusil modifié à l'école secondaire Tumbler Ridge, où Van Rootselaar a abattu 5 élèves âgés de 12 et 13 ans, une aide-enseignante, puis s'est suicidée.

Identification des armes

Le fusil tout à gauche de la photo est un Lee-Enfield à verrou, une arme de la Première Guerre mondiale couramment utilisée au Canada, a avancé M. Grosspietsch.

Le deuxième à partir de la gauche est un fusil à pompe dont le canon est manquant, selon lui, et qui «pourrait être celui que l'on voit tout à droite dans le coffre-fort».

À droite de cette arme se trouve ce qui semble être un fusil à pompe Winchester, puis un fusil à verrou Tikka.

M. Grosspietsch a identifié l'arme noire distinctive et carrée au milieu de l'armoire comme un fusil semi-automatique Kriss Vector de 9 mm.

En août 2024, lorsque la photo a été publiée, «cette arme à feu particulière était considérée comme non réglementée à cette date», a-t-il précisé.

«Ainsi, n'importe quel membre du foyer disposant d'un PPA (permis de possession et d'acquisition) valide aurait pu l'acheter, car à l'époque, il n'était pas soumis à restriction. Il n'a été considéré comme interdit qu'à partir de décembre.»

La Kriss Vector est devenue illégale en décembre 2024 après que le gouvernement fédéral eut élargi sa liste d'armes à feu d'assaut interdites, une décision présentée comme une lutte contre la criminalité.

M. Grosspietsch a noté que les deux autres armes à feu dans l'armoire semblent être des fusils semi-automatiques, un SKS à gauche et ce qui ressemble à une carabine Ruger à côté.

Dans la partie supérieure de l'armoire, il a remarqué un chargeur de grande capacité pour un fusil de calibre .22.

«Ce sont des armes à percussion annulaire, il n'y a donc aucune restriction quant à la taille du chargeur. Elles ne sont donc pas limitées à dix cartouches», a expliqué M. Grosspietsch, ajoutant qu'au-dessus des boîtes de munitions se trouvait un pistolet.

Les armes à feu sans restriction n'ont pas besoin d'être enregistrées au Canada, à l'exception du Québec, mais elles ne peuvent être transférées qu'à une personne titulaire d'un permis d'armes à feu valide.

La GRC a révélé que Jennifer Jacobs détenait un permis PAL valide et qu'aucune arme à feu n'était enregistrée à son nom.

Les armes à feu visibles sur la photo ne sont pas différentes de celles que possèdent de nombreux Canadiens titulaires d'un PPA valide, a noté M. Grosspietsch.

«Ce n'est pas plus compliqué que cela», a-t-il ajouté.

Armes saisies

Le commissaire adjoint de la GRC de Colombie-Britannique, Dwayne McDonald, a indiqué la semaine dernière que le fusil de chasse utilisé dans la maison n'avait jamais été saisi.

L'arme à feu principale utilisée dans les meurtres à l'école n'avait jamais été saisie par la police non plus, a précisé M. McDonald, ajoutant qu'elle était «d'origine inconnue».

M. McDonald a déclaré que Van Rootselaar avait un permis de port d'arme qui expirait en 2024 et qu'aucune arme n'était enregistrée à son nom.

On ne sait pas qui était le propriétaire des armes qui avaient été précédemment saisies au domicile où vivaient Mme Jacobs et sa fille ni qui a demandé avec succès leur restitution.

Dans un mémorandum publié mercredi, la juge en chef de la Cour provinciale de Colombie-Britannique, Melissa Gillespie, a écrit qu'aucune demande écrite officielle n'avait été déposée par Mme Jacobs auprès des registres de Dawson Creek ou de Tumbler Ridge concernant les armes à feu saisies.

«Il n'existe aucun dossier adulte concernant Jesse Van Rootselaar en rapport avec des armes à feu saisies en vertu du Code criminel», a-t-elle ajouté.

— Avec des informations de Brieanna Charlebois à Vancouver

Marissa Birnie, La Presse Canadienne

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