Legault balaye les inquiétudes de Doug Ford sur les véhicules électriques

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — François Legault a balayé les inquiétudes exprimées par le premier ministre de l'Ontario concernant les objectifs en matière de véhicules électriques au Canada, affirmant que le Québec avait déjà ajusté ses objectifs pour tenir compte de la nouvelle réalité du marché automobile nord-américain.
Le cabinet de M. Legault a répondu vendredi aux lettres envoyées cette semaine par le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, à M. Legault et au premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, leur demandant d'abandonner leurs objectifs de vente de véhicules électriques.
Selon M. Ford, ces obligations nuisent au secteur automobile du pays et chassent les emplois et les investissements vers les États-Unis.
Mais si le Québec comprend les inquiétudes de l'Ontario, il s'est «déjà ajusté au nouveau contexte nord-américain», a déclaré le porte-parole de M. Legault, Ewan Sauves, dans un message envoyé à La Presse Canadienne, faisant référence aux politiques de déréglementation de l'administration Trump et aux droits de douane imposés au secteur automobile canadien.
Le Québec a levé son interdiction de vente de voitures neuves à essence, qui aurait dû entrer en vigueur en 2035. À la place, l’objectif du gouvernement est que 90% des ventes de véhicules neufs en 2035 soient hybrides ou électriques, contre les 100% de véhicules entièrement électriques initialement prévus.
«Le Québec fait des choix qui tiennent compte de sa réalité économique, environnementale et énergétique», a fait valoir M. Sauves.
Les lettres de M. Ford interviennent alors que le secteur automobile de l’Ontario est en difficulté face aux droits de douane américains imposés pour inciter les constructeurs automobiles à délocaliser leur production aux États-Unis.
Les obligations en matière de véhicules électriques ne font qu’aggraver les difficultés du secteur automobile ontarien — un moteur économique majeur pour le Canada qui emploie près de 100 000 personnes, a-t-il déclaré.
Il a affirmé que ces obligations rendent le secteur moins compétitif, menaçant les moyens de subsistance de dizaines de milliers de travailleurs canadiens, particulièrement alors que les États-Unis ont des restrictions moins fortes au niveau fédéral.
Peu après son entrée en fonction en 2025, M. Trump a publié un décret révoquant un objectif non contraignant fixé par M. Biden selon lequel les véhicules électriques devaient représenter la moitié des voitures neuves vendues d’ici 2030.
Ce décret visait également à mettre fin à une exemption fédérale qui permet à la Californie de supprimer progressivement la vente de voitures à essence d’ici 2035.
À l’automne, le Québec et la Colombie-Britannique ont revu à la baisse ou abandonné leurs objectifs antérieurs visant à ce que toutes les ventes de véhicules neufs soient à zéro émission d’ici 2035, mais M. Ford estime que ces provinces devraient aller plus loin afin d'éviter de fragmenter le marché.
Lors d’une conférence de presse mercredi à Kenilworth, en Ontario, le premier ministre de l’Ontario a déclaré qu’il leur demandait de supprimer toutes les exigences environnementales concernant les voitures.
Le gouvernement fédéral a également supprimé son objectif de vente de véhicules électriques plus tôt cette année, au profit de normes d'émissions plus strictes pour le secteur automobile.
— Avec des informations de l'Associated Press.
La Presse Canadienne