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Le projet d'Ottawa de modifier la législation sur les aliments préoccupe

durée 06h00
3 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Une organisation à but non lucratif se dit préoccupée par le projet du gouvernement visant à modifier la législation en matière de sécurité des aliments et affirme qu’Ottawa privilégie le commerce au détriment de la santé des Canadiens.

La mise à jour économique du printemps du gouvernement a présenté des plans visant à modifier la Loi sur l’Agence canadienne d’inspection des aliments et la Loi sur les produits antiparasitaires «pour tenir compte de la sécurité alimentaire et du coût des produits alimentaires».

Un responsable du ministère des Finances a déclaré que le gouvernement restait déterminé à préserver l'environnement et à protéger la santé et la sécurité des Canadiens.

«De plus amples détails seront fournis lorsque les modifications législatives seront présentées, le calendrier restant à déterminer», a indiqué ce responsable dans un courriel.

Mary Lou McDonald, présidente de l'organisation à but non lucratif Safe Food Matters, a affirmé que lorsque le gouvernement parle de «prise en compte de la sécurité alimentaire», cela signifie en réalité qu'il souhaite donner la priorité au commerce plutôt qu'à la santé des Canadiens.

«Le "mandat principal" actuel en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires est de protéger la santé des Canadiens, et le secteur agricole n'apprécie pas cela, car cela ralentit les autorisations pour les pesticides et les aliments bourrés de pesticides», a-t-elle soutenu dans un courriel.

Mme McDonald a fait valoir que ces modifications pourraient finir par autoriser des teneurs maximales plus élevées en résidus de glyphosate dans les aliments en provenance des États-Unis, ce que les Canadiens ont «farouchement» rejeté. Elle a dit que le Canada se «tirerait une balle dans le pied» avec ces modifications.

«Le Canada doit faire preuve de prudence, a-t-elle affirmé dans son courriel. Les faits montrent que les Canadiens et le monde entier ne veulent pas de cultures contaminées et (génétiquement modifiées) (…) Les marchés mondiaux rejettent les aliments présentant des teneurs élevées en pesticides, peu importe à quel point nous affirmons qu’ils sont “sûrs”.»

«Si le Canada souhaite réellement accroître ses échanges commerciaux, nous devrions augmenter la production et vendre des aliments de bonne qualité que les Canadiens et le monde entier souhaitent. Nous surpasserions nos voisins et n'aurions pas besoin de modifier la (Loi sur les produits antiparasitaires) pour assouplir la protection de la santé», a indiqué Mme McDonald.

Milton Dyck, président national du Syndicat de l’agriculture, a dit qu’il s’inquiétait des modifications prévues aux lois.

«Elles risquent d’affaiblir les protections dont bénéficient les Canadiens», a-t-il déclaré.

M. Dyck a expliqué que le gouvernement avait donné peu de détails sur les changements prévus, ce qui le laisse avec des questions sans réponse. Il a ajouté que, bien qu’il s’inquiète des répercussions sur la sécurité des aliments, il est difficile de se prononcer sans proposition écrite.

«J'espère qu'ils mettront en place un mécanisme solide pour discuter avec les partenaires, qu'il s'agisse des groupes agricoles ou du public», a-t-il affirmé.

Le Syndicat de l'agriculture a indiqué que le gouvernement avait annoncé son intention de supprimer plus de 500 emplois à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

«Nous sommes tellement occupés à réduire les effectifs que je ne sais pas où nous allons trouver le temps ou les inspecteurs pour effectuer davantage de contrôles sur la loi sur les aliments», a-t-il déclaré.

Sean O'Reilly, président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, a fait valoir que l'ajout de principes tels que la sécurité alimentaire et l'accessibilité financière aux lois pourrait être une bonne chose, mais que tout dépend de la manière dont ils sont mis en œuvre.

«Ce qui nous préoccupe, c'est la réalité actuelle. Près d'un million d'heures d'expertise en matière de sécurité des aliments ont été supprimées à l'ACIA, alors même que les rappels de produits sont en hausse et que des milliers d'établissements restent non inspectés en raison d'un manque chronique de personnel», a-t-il affirmé.

«La sécurité des aliments est un service public essentiel. Les familles et les exportateurs comptent sur un système en lequel ils peuvent avoir confiance. Les efforts visant à améliorer l’accessibilité financière ne doivent pas se faire au détriment de la sécurité et de la surveillance», a-t-il affirmé.

«Nous voulons tous des aliments plus abordables et une sécurité alimentaire renforcée, mais sans investissements adéquats, nous risquons d’affaiblir le système même sur lequel comptent les Canadiens.»

Catherine Morrison, La Presse Canadienne

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