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Le dernier Renaud-Bray syndiqué à Québec ferme ses portes

durée 12h05
27 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La dernière succursale syndiquée de Renaud-Bray à Québec ferme officiellement ses portes samedi alors que les membres syndiqués, en grève depuis 18 mois, tiennent malgré tout une dernière journée de piquetage pour dénoncer les actions de l'employeur et l'inaction de Québec de ce dossier.

Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray–CSN ont appris en mai dernier la fermeture de la succursale, alors que ces employés étaient en grève générale illimitée depuis le 6 décembre.

«Il y a de la déception, mais personne ne doute qu'on a fait la bonne chose, car nos conditions de salaire ne convenaient à personne, explique le président du syndicat, Jimmy Demers. On ne demandait pas la lune, on demandait juste 1$ de plus que le salaire minimum (...) et une grille qui reflétait l'expertise de nos employés.»

Au total, une quarantaine de personnes se retrouve sans emploi après la fermeture de cette succursale, et de celle des Galeries, qui a fermé quelques mois auparavant.

M. Demers dénonce l'inaction du gouvernement québécois dans ce dossier face à Blaise Renaud, un «patron roi», dont l'entreprise a été reconnue coupable en février dernier de négociation de mauvaise foi, d'entrave aux activités syndicales et d'utilisation de briseurs de grève, par le Tribunal administratif du travail (TAT).

«On aurait voulu de véritables conséquences lorsqu'il a enfreint la loi, ajoute M. Demers. Il peut enfreindre la loi sans aucune impunité.»

«Ce conflit est révélateur d'un choix politique. Depuis plusieurs années, le gouvernement favorise les demandes patronales tout en affaiblissant les contre-pouvoirs qui permettent aux salarié-es de défendre leurs droits, a déclaré par voie de communiqué la vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Katia Lelièvre. Le résultat est clair: des employeurs condamnés par les tribunaux comme Blaise Renaud, peuvent multiplier les manœuvres antisyndicales et bafouer les droits des travailleuses et des travailleurs sans craindre de véritables conséquences.»

M. Demers dénonce également le monopole grandissant de Blaise Renaud sur la culture au Québec et appelle la population à boycotter ses entreprises.

«Ce n'est pas un propriétaire qui a le bien-être de la culture québécoise à cœur, ajoute M. Demers. Je dirais donc aux Québécois de se réveiller et d'arrêter de donner de l'argent à quelqu'un qui s'en fiche de la culture du Québec.»

Ni le ministère du Travail ni l'entreprise Renaud-Bray n'ont répondu aux questions de La Presse Canadienne au moment d'écrire ces lignes.

Quentin Dufranne, La Presse Canadienne

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