Le Bloc répand «de la foutaise» sur l'anglicisation du Québec, accuse Miller

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le Bloc québécois répand «de la foutaise» sur l'anglicisation du Québec, accuse le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, et ministre des Langues officielles, Marc Miller.
«Sans nier le fait que les anglophones ont des droits au Québec, c'est clair que le député d'en face est en train de répéter de la foutaise et je ne veux pas "dignifier" ça d'une réponse», a-t-il lancé jeudi lors de la période des questions à Ottawa.
M. Miller venait d'être interpellé par le porte-parole bloquiste en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, qui notait que le gouvernement fédéral a dépensé «plus de 2,4 milliards $ pour renforcer l'anglais au Québec depuis 1995».
«Des milliards pour angliciser le Québec depuis 30 ans, et ça continue chaque année, a-t-il lancé. Ne cherchez pas plus loin pour comprendre pourquoi Michael Rousseau a réussi à passer sa vie au Québec sans dire un mot de français.»
Selon M. Beaulieu, les libéraux doivent réaliser que «des Michael Rousseau il y en a plein au Québec», ce qui est, dit-il, «largement de leur faute».
C'était là la troisième question consécutive dans laquelle les bloquistes tournaient en dérision la déclaration du premier ministre Mark Carney voulant qu'il ait été «déçu» par le grand patron d'Air Canada, Michael Rousseau, jugeant que les libéraux sont mal placés pour dire cela.
M. Rousseau est au centre d'une controverse depuis le début de la semaine pour s'être exprimé uniquement en anglais dans son message de condoléances à la suite de l'accident à l'aéroport LaGuardia, à New York, qui a coûté la vie à deux pilotes, dont un Québécois francophone.
Questionné alors qu'il quittait la Chambre des communes, le ministre Miller a reproché aux bloquistes de «faire du capital politique» sur cette tragédie aérienne.
«Ce que M. Rousseau a fait, c'est grave. Il aurait dû s'exprimer en français. Je pense qu'il y a un examen de conscience qui s'impose de sa part», a-t-il dit dans un premier temps.
«Mais de là à accuser le gouvernement Carney, même Mark Carney (...), le gouvernement du Canada d'être à l'origine du fait que M. Rousseau ne puisse s'exprimer en (français), c'est de la foutaise totale.»
Quant au chiffre du Bloc sur les sommes dépensées pour promouvoir l'anglais au Québec, M. Miller le juge «ridicule».
Le chiffre de 2,4 milliards $ est le résultat d'une compilation dressée par le Bloc après avoir épluché les comptes publics afin de déterminer combien de fonds fédéraux ont été versés aux communautés de langues officielles en situation minoritaire au Québec – autrement dit, aux anglophones.
Or, M. Miller a rétorqué que le gouvernement fédéral soutient le français hors du Québec à travers le Plan d'action pour les langues officielles de 4 milliards $ annoncé ces dernières années. Et que, dans le contexte de la relation avec le gouvernement du Québec en immigration, Ottawa verse à la province presque un milliard par an pour la francisation.
Michel Saba, La Presse Canadienne