Le 11 septembre 2001 a bouleversé à jamais la sécurité dans les aéroports

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Par La Presse Canadienne, 2026
La sécurité dans les aéroports a radicalement et irrémédiablement changé du jour au lendemain, le 11 septembre 2001.
Au cours des mois et des années qui ont suivi, les procédures de contrôle peu rigoureuses qui étaient auparavant en place dans les aéroports et les compagnies aériennes nord-américaines se sont transformées en une succession de points de contrôle et de protocoles, entraînant un changement permanent dans la façon dont les voyageurs prennent l’avion et dont les autorités canadiennes abordent la sécurité aérienne.
Il y a près de vingt-cinq ans, dix-neuf pirates de l’air affiliés à Al-Qaïda ont franchi sans encombre les détecteurs de métaux des aéroports américains, armés de couteaux et de gaz lacrymogène, avant de détourner quatre avions de ligne. Ils ont précipité deux d’entre eux contre les tours jumelles du World Trade Center, un troisième contre le Pentagone et un autre dans un champ en Pennsylvanie, tuant près de trois mille personnes.
Avant le 11 septembre 2001, les passagers des vols intérieurs pouvaient passer un contrôle de sécurité sommaire et se rendre à la porte d’embarquement sans présenter de carte d’embarquement ni de pièce d’identité.
«Prendre l’avion était une aventure passionnante. On se rendait à l’aéroport, le contrôle de sécurité n’était qu’un léger désagrément — qui ne constituait pas un élément majeur du voyage — et on pouvait se rendre à la porte d’embarquement à pied avec ses proches et ses amis. L’ensemble du processus se déroulait de manière relativement fluide», se souvient Jeff Price, professeur à la Metropolitan State University de Denver et ancien directeur adjoint de la sécurité à l’aéroport de la ville.
Mais il y avait aussi des inconvénients, notamment une approche relativement laxiste en matière de contrôle des voyageurs à l’échelle du continent.
«On trouvait souvent des employés touchant le salaire minimum, dont le niveau de formation variait. La situation variait également considérablement d’un aéroport à l’autre», indique Margaret Bloodworth, qui était sous-ministre des Transports du Canada en 2001.
À l’époque, les compagnies aériennes au Canada et aux États-Unis étaient responsables du contrôle des passagers, sous-traitant souvent cette tâche à des sociétés de sécurité qui répondaient à l’objectif des transporteurs d’offrir une expérience agréable et sans tracas.
Aujourd’hui, ce sont les agents employés par l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien — créée en avril 2002 — qui s’en occupent. Cette société d’État sous-traite à des entreprises privées, telles que GardaWorld et Paladin, mais celles-ci opèrent dans le cadre d’un régime national standardisé en matière de sécurité et de formation.
Dans les années qui ont suivi 2001, des contrôles de sécurité plus rigoureux ont été mis en place: obligation d’enlever ses chaussures, de sortir son ordinateur portable et de limiter les liquides à 100 millilitres, ainsi qu’une interdiction des petits couteaux — les lames mesurant jusqu’à dix centimètres étaient auparavant autorisées. À bord, les couverts en métal ont disparu.
«Les files d’attente ont commencé à s’allonger, car les agents de sécurité mettaient plus de temps à inspecter les bagages», explique M. Price.
Les compagnies aériennes ont également dû s’adapter. Elles ont installé des portes de cockpit renforcées dès avril 2003 et interdit l’accès au poste de pilotage. Les employés ont été soumis à davantage de contrôles aléatoires et les agents de bord ont été formés aux mots de code d’urgence et à la manière de repérer les objets suspects. La sécurité du fret aérien a été renforcée et les agents de sécurité aériens américains, ainsi que leurs homologues de la GRC, se sont mêlés aux passagers ordinaires pour surveiller tout comportement suspect à bord.
«Le plus grand changement survenu après le 11 septembre a été l’ensemble de ces mesures de sécurité», souligne Benoit Gauthier, un ancien pilote d’Air Canada.
Au cours des premières semaines après les attentats terroristes, l’incertitude et l’absence de procédures formalisées ont poussé certains agents de sécurité au bord de la paranoïa.
«Je me souviens qu’un de mes collègues s’est fait confisquer son rasoir au contrôle de sécurité à Vancouver ou à Calgary. "Vous savez ce qu’on a dans le cockpit?" a demandé ce collègue à l’agent de contrôle. "On a une énorme hache de pompier". Et là, l’agent a vraiment paniqué et a appelé la GRC», se rappelle M. Gauthier.
Des contrôles moins intrusifs
Plus récemment, certains des aspects les plus intrusifs des contrôles ont été allégés, en grande partie grâce à la technologie.
L’obligation de se déchausser dans les aéroports canadiens s’est raréfiée en 2009, après avoir été renforcée trois ans plus tôt pour s’aligner sur une politique américaine obligatoire, mise en place à la suite d’une tentative manquée d’attentat à la bombe dissimulée dans une chaussure à bord d’un vol d’American Airlines en décembre 2001.
Les autorités américaines ont supprimé cette exigence l’année dernière, mais les agents de sécurité des deux pays ont le pouvoir discrétionnaire de l’imposer.
Des tomodensitomètres sont désormais en service dans dix aéroports canadiens, de Halifax à Vancouver. Ces appareils fournissent des images 3D détaillées des bagages et détectent les explosifs en analysant leur composition chimique. Les passagers faisant la queue à ces postes de contrôle peuvent souvent éviter de sortir leurs ordinateurs portables et leurs liquides.
Toutefois, les multiples contrôles des billets et des pièces d’identité persistent, tout comme les files d’attente interminables aux heures de pointe.
«Je me souviens de l’époque où j’arrivais à l’aéroport 15 minutes avant le départ et où j’arrivais quand même à prendre mon vol. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. N’essayez même pas de vous y rendre moins de deux heures avant le départ», affirme John Gradek, qui enseigne la gestion aéronautique à l’université McGill.
Ces dernières années, la biométrie a permis de rendre les déplacements plus fluides, mais elle a également soulevé des questions relatives à la vie privée et à l’éthique.
En décembre 2024, Air Canada est devenue la première compagnie aérienne canadienne à mettre en place la technologie de reconnaissance faciale aux portes d’embarquement. Sur certains vols intérieurs depuis l’aéroport de Vancouver et celui de Toronto-Pearson, les clients peuvent monter à bord de l’avion sans présenter de pièce d’identité physique, telle qu’un passeport ou un permis de conduire.
Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis s’appuie également sur cette technologie lors des formalités de précontrôle dans les aéroports canadiens pour certains vols transfrontaliers.
Les inquiétudes concernant la reconnaissance faciale portent en partie sur la manière dont les systèmes sont entraînés et sur ce qui se passe lorsqu’ils ne parviennent pas à reconnaître les voyageurs.
«Il s’agit également de la protection de la vie privée et du contrôle des données. Qui a accès à ces données? Seront-elles supprimées? Comment le flux de données sera-t-il géré?», se demande M. Gradek.
Christopher Reynolds, La Presse Canadienne