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La VG publie cinq rapports, allant de la gestion des vaccins aux efforts climatiques

durée 12h59
4 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Deux organismes fédéraux de surveillance ont publié lundi cinq rapports d'audit, portant notamment sur l'accessibilité des lieux de travail des fonctionnaires et la grippe aviaire.

Voici quelques-uns des points saillants:

Services aux Autochtones Canada n'a pas assuré un suivi de fonds

Un rapport de la vérificatrice générale Karen Hogan a révélé que Services aux Autochtones Canada n'a pas su établir, surveiller ou évaluer efficacement le financement destiné aux Premières Nations.

Le rapport s'est penché sur les mesures mises en place sous l'ancien premier ministre Justin Trudeau, qui avait fait de la redéfinition des relations du Canada avec les peuples autochtones une priorité pour son gouvernement.

L'audit a révélé que plus de 6,5 milliards $ ont été versés aux Premières Nations et à des organisations dirigées par celles-ci à travers des subventions sur dix ans, mais que le gouvernement n'a pas systématiquement vérifié si les bénéficiaires restaient admissibles à un financement continu.

L'audit a également indiqué que le ministère n'avait pas évalué si les subventions contribuaient à réduire les inégalités entre les Premières Nations et les autres Canadiens.

Le rapport a révélé que sur les 36 subventions pour lesquelles des rapports de suivi étaient exigés, seules 14 faisaient l’objet de mises à jour annuelles sur les résultats financiers.

Il y est également noté que certaines Premières Nations n’ont pas pu fournir leurs états financiers vérifiés dans les délais en raison de capacités administratives et financières limitées et d’un accès restreint à des vérificateurs.

Le rapport a soulevé que, sans les états financiers vérifiés de chaque bénéficiaire de subvention, Services aux Autochtones Canada ne disposait pas d’informations complètes sur les résultats financiers des bénéficiaires.

Retards dans les demandes d’aménagements d'accessibilité

Un autre rapport s’est penché sur l’accessibilité des lieux de travail des fonctionnaires fédéraux au sein de sept organisations, dont l’Agence du revenu du Canada et Services partagés Canada.

L'enquête a révélé que, bien que la représentation des employés handicapés a globalement augmenté, les organisations ne disposaient pas de processus efficaces pour gérer les demandes d'aménagements. Le délai moyen de réponse des ministères variait entre 24 et 310 jours, selon le rapport.

Le délai d'attente moyen était de 24 jours à l'École de la fonction publique du Canada, contre 77 jours à Services partagés Canada, 169 jours à Services publics et Approvisionnement Canada et 310 jours à l'Agence du revenu du Canada.

Le rapport a soulevé que les organisations avaient des pratiques de collecte de données incohérentes concernant les demandes d'aménagements, et que celles qui s'étaient fixé des objectifs ou qui surveillaient la rapidité de traitement étaient plus promptes à fournir des réponses.

La vérificatrice générale a recommandé aux organisations de revoir leurs processus d'adaptation en consultation avec les personnes handicapées afin de remédier aux retards.

Expiration de 95 % des vaccins contre la grippe aviaire

Dans un autre rapport, le bureau de la vérificatrice générale s'est penché sur la gestion par le Canada de l'épidémie de grippe aviaire.

Cette épidémie a entraîné la mort d'environ 17,3 millions d'oiseaux d'élevage depuis décembre 2021 — à cause du virus hautement contagieux ou en raison d'abattages effectués par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

La vérificatrice générale a demandé à l'Agence de la santé publique du Canada de mieux gérer sa réserve de vaccins après avoir constaté que l'agence avait acheté beaucoup trop de doses et laissé 95 % d'entre elles expirer.

L'agence a décidé d'acheter 800 000 doses de vaccin contre la grippe aviaire en juin 2024 sans analyser le nombre de doses dont elle pourrait avoir besoin, puis a procédé à l'achat de 500 000 doses.

Six mois plus tard, après la publication par le Comité consultatif national de l’immunisation de recommandations concernant les populations à risque (notamment les agriculteurs et les vétérinaires), l'agence fédérale a estimé qu’elle aurait besoin de 300 000 doses et a décidé d’en garder 200 000 en réserve. Elle a acheté 370 000 doses supplémentaires en mars 2025 à titre de mesure de précaution.

Tous les vaccins ont expiré en février et 95 % d'entre eux n'ont jamais été utilisés.

Retard dans la cartographie des zones inondables

La vérificatrice générale a également constaté que les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour cartographier les régions du pays les plus exposées aux risques d'inondation n'aboutiront probablement pas d'ici la date butoir de 2028 — et ne tiennent pas compte des impacts des changements climatiques.

Le rapport a révélé que le portail de sensibilisation aux risques d'inondations élaboré par le ministère de la Sécurité publique ne tenait pas compte de l'impact des changements climatiques sur les schémas d'inondations.

L'audit s'est également penché sur les efforts déployés par le ministère des Ressources naturelles pour cartographier les zones à haut risque d'inondation.

Alors que ce ministère avait identifié 200 zones à haut risque en 2022, moins de la moitié des cartes actuelles incluent ces zones.

Le rapport a recommandé la création de cartes des inondations conviviales et interactives afin de permettre à la population de se préparer, et a affirmé que le gouvernement doit collaborer avec les provinces et les territoires pour surveiller les zones à haut risque.

Lacunes dans la surveillance de la stratégie fédérale sur le climat

Un autre rapport a révélé que la surveillance de la stratégie fédérale sur le climat par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada présentait d'importantes lacunes.

Le rapport s’est penché sur la Stratégie pour un gouvernement vert, qui visait à ce que les ministères et les organismes évaluent et réduisent les risques liés aux changements climatiques d’ici 2022. En 2024, le gouvernement a finalement repoussé ses engagements à 2035 et au-delà, sans fixer d’objectifs intermédiaires, selon le rapport.

L'audit a révélé que le Secrétariat du Conseil du Trésor disposait d'un système insuffisant pour mesurer et suivre les progrès et qu'il n'avait pas rendu compte publiquement de ses activités au cours des huit premières années de la stratégie.

Il a indiqué que l'absence de rapports rendait difficile pour le public de suivre les progrès et pour les décideurs d'identifier les domaines nécessitant des efforts supplémentaires.

L'audit a également révélé que la Défense nationale, Services publics et Approvisionnement Canada et Pêches et Océans Canada tardaient à améliorer leur résilience climatique.

Le rapport a souligné que l'absence de progrès en matière de résilience climatique nuisait à la protection des biens fédéraux, tels que les ponts, les routes et les bâtiments.

—Avec la collaboration de Sarah Ritchie

Catherine Morrison, La Presse Canadienne

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