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La vente d'un entrepôt à l'ICE n'aura pas lieu, dit la société vancouvéroise Pattison

durée 17h09
30 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — La société Jim Pattison Developments, établie à Vancouver, a annoncé vendredi qu'elle renonçait à vendre un entrepôt situé en Virginie au département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Le département américain avait dit vouloir utiliser les lieux comme un «centre de traitement et de détention» de la police de l'immigration, connue selon l'acronyme ICE.

Une déclaration d'une seule phrase publiée sur le site de la société détenue par le milliardaire britanno-colombien Jimmy Pattison indique que «la transaction visant à vendre notre bâtiment industriel à Ashland, en Virginie, n'aura pas lieu».

La transaction imminente avait fait l'objet de vives critiques dans le contexte de la répression de l'immigration aux États-Unis. Deux citoyens américains ont été tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis ce mois-ci, ce qui a déclenché des manifestations massives contre l'ICE.

La société établie en Colombie-Britannique avait déclaré en début de semaine qu'elle ignorait la nature du propriétaire final et l'utilisation prévue du site lorsqu'elle avait accepté l'offre d'achat d'un entrepreneur fédéral américain.

Le département de la Sécurité intérieure n'a pas immédiatement répondu à une demande pour commenter la décision de Jim Pattison Developments.

Le conseil des superviseurs du comté de Hanover, en Virginie, où se trouve la propriété, a reçu la semaine dernière une lettre du département indiquant qu'il prévoyait d'utiliser le site de 43,5 acres comme «centre de traitement et de détention».

L'entrepôt industriel de 550 000 pieds carrés est situé à proximité d'un stand de tir, d'un magasin de matériel de chauffage et en face d'un hôtel dans la petite ville d'Ashland, qui compte un peu moins de 8000 habitants.

Le président du conseil, Sean Davis, a déclaré mercredi aux habitants que le conseil s'opposait à la vente, tandis que des centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le bâtiment administratif du comté pour donner leur avis sur la transaction désormais annulée.

Dans un courriel envoyé vendredi, le comté de Hanover a dit avoir pris connaissance de la déclaration publiée sur le site web de Pattison.

Les représentants du Jim Pattison Group et de Jim Pattison Developments n'ont pas immédiatement répondu aux questions vendredi.

Une déclaration antérieure de la branche immobilière disait «comprendre que le débat autour de la politique d'immigration et de son application est particulièrement animé, et qu'il s'est encore intensifié au cours des dernières semaines».

Des pressions sur l'entreprise

Point Blank Creative, une agence de médias numériques implantée à Vancouver et à Toronto, a envoyé cette semaine une lettre au groupe Jim Pattison dans laquelle elle se déclarait fermement opposée à la transaction avec le département américain de la Sécurité intérieure.

La lettre indiquait que l'agence avait dépensé plus de 550 000 $ du budget média de ses clients auprès des sociétés Pattison, mais qu'elle suspendait tous ses achats médias auprès d'elles jusqu'à nouvel ordre.

Cette décision est «fondée sur un engagement en faveur des droits de la personne, de la dignité et de la justice, ainsi que des mouvements syndicaux et sociaux que nous servons», indiquait la lettre signée par Nat Wilson, chef de la direction de Point Blank.

Dans un courriel envoyé vendredi, M. Wilson a déclaré que Point Blank n'était «pas encore en mesure» de reprendre ses activités avec le groupe Pattison, car la société n'avait pas fourni les raisons qui l'avaient poussée à annuler la vente.

«Ont-ils renoncé parce qu'il s'agissait d'une décision de principe? N'ont-ils pas obtenu les autorisations nécessaires? Ou était-ce parce que le coût pour eux – sur le plan financier et en ce qui a trait à la réputation – était trop élevé?»

M. Wilson a déclaré que ce revirement était «exactement la raison pour laquelle les gens doivent s'exprimer, demander des comptes aux entreprises avec lesquelles ils font affaire et être prêts à aller voir ailleurs si leurs décisions ne correspondent pas à leurs valeurs».

Une manifestation était prévue vendredi devant le siège social du groupe Jim Pattison à Vancouver, ainsi qu'une autre devant les bureaux de la société technologique Hootsuite, qui fournit des services de médias sociaux à l'ICE.

La cheffe de la direction de Hootsuite, Irina Novoselsky, a déclaré mercredi dans un communiqué que sa technologie rendait les conversations publiques «visibles à grande échelle» et que l'entreprise avait «la responsabilité de veiller à ce que ces voix restent visibles».

Elle a ajouté que la collaboration de Hootsuite avec l'ICE «n'inclut pas le suivi ou la surveillance d'individus».

La procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, avait déclaré mardi que les chefs d'entreprise devaient se demander si leurs décisions contribuaient à la répression de l'immigration aux États-Unis.

— Avec des informations fournies par Kelly Geraldine Malone

Brenna Owen, La Presse Canadienne

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