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La vaccination des enfants est stable au Québec malgré la pandémie

durée 04h35
26 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Alors que la rentrée scolaire débute cette semaine pour de nombreux enfants, des données de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) montrent que la couverture vaccinale est restée stable. Selon des experts, le Québec est dans une bonne posture, mais cela ne s'est pas réalisé sans effort.

La couverture vaccinale pour les vaccins dus à la rentrée scolaire en 2023 était de 78,3 % chez les enfants de 7 ans, contre 78,4 % en 2021, selon l'Enquête sur la couverture vaccinale des enfants québécois de 1 an, 2 ans et 7 ans de l'INSPQ.

Après avoir observé une baisse de la vaccination chez les tout-petits durant la pandémie, on ne note pas de baisse additionnelle en 2023. Pour la cohorte de 1 an, la couverture vaccinale complète pour l’âge était de 89,6 %, une proportion presque identique à celle de 2021 (89,3 %) et légèrement plus faible que celle de 2019 (92,3 %).

On observe sensiblement le même scénario pour les enfants de 2 ans: la couverture vaccinale complète était de 85,6 % en 2023, contre 84,2 % en 2021 et 88,3 % en 2019.

«Dans plusieurs autres pays, à la suite de la pandémie, on a vu une certaine baisse des couvertures vaccinales, indique le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil à l'INSPQ et coauteur du rapport. Donc de voir que malgré la pandémie, au Québec, c'est resté relativement stable, c'est une bonne nouvelle. Mais c'est le fruit de beaucoup d'efforts qui ont été faits dans les années suivantes de la pandémie.»

Il précise que bon an mal an, environ 90 % des enfants au Québec «sont quand même bien vaccinés», c'est-à-dire qu'ils ont reçu l'essentiel des vaccins de l'enfance qui sont prévus au calendrier vaccinal. «C'est quand même une valeur élevée», commente le spécialiste en immunisation.

Le Dr Arnaud Gagneur, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke, est derrière le Programme d'entretien motivationnel en maternité pour l'immunisation des enfants (EMMIE).

Grâce à ses recherches présentées au ministère de la Santé, EMMIE s'est déployé en 2018 en tant que projet pilote. Ce programme a permis de former des conseillers en vaccination qui, dès les premiers jours de vie de l'enfant, rencontrent les parents pour parler de vaccination sans jugement. EMMIE est désormais étendu à tout le Québec.

«Comme le programme est en place depuis huit ans, les conseillers ont quand même rencontré une grande partie des parents au Québec. Probablement que ça concourt à diminuer les hésitations de la vaccination au Québec», mentionne Dr Gagneur.

Le Dr Brousseau vante aussi les effets positifs de EMMIE. «Je pense que c'est la clé, dit-il. Chaque parent a un profil différent, peut avoir des craintes différentes. Donc, c'est de comprendre ce qui peut faire hésiter les parents et donner l'information appropriée.»

Le Dr Gagneur travaille présentement sur une étude comportant un échantillon de 300 parents — dont les résultats n'ont pas encore été publiés — qui suggère que les parents ayant rencontré un conseiller en vaccination sont beaucoup moins susceptibles d'être victimes de désinformation sur les vaccins.

Couverture plus faible chez les enfants immigrants

De manière générale, les couvertures vaccinales sont significativement plus faibles chez les enfants nés hors Québec ou d’une mère née hors Canada, indique le rapport de l'INSPQ.

«Il y a quand même beaucoup d'efforts qui sont faits pour assurer la vaccination en temps. C'est beaucoup fait, par exemple, dans les CLSC pour les enfants. Une des stratégies clés, c'est d'être proactif pour offrir des rendez-vous directement aux parents. Si un rendez-vous est manqué, de faire une relance», mentionne le Dr Brousseau.

Pour les enfants qui vont rentrer en maternelle, on donne normalement une dose additionnelle du vaccin combiné contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos et la poliomyélite.

«À ma connaissance, la dose de la rentrée scolaire, qui est donnée souvent juste avant la maternelle ou pendant la maternelle, a une proportion plus faible d'enfants qui sont rejoints. Il reste que tout au long du parcours scolaire, il y a différentes activités de rattrapage, souligne Dr Brousseau. Par exemple, en secondaire 3, il y a une révision de l´ensemble du carnet vaccinal. Souvent, la grande majorité finissent par recevoir les doses requises, mais il y a effectivement des efforts additionnels qui pourraient être faits pour bien rejoindre les enfants dès l'âge scolaire pour augmenter cette proportion.»

Quelles sont les préoccupations des parents?

Les principales raisons des parents qui hésitent à faire vacciner leur enfant sont la peur des effets indésirables et l'inutilité des vaccins, rapporte Dr Gagneur, qui a publié un livre en 2025 faisant état des hésitations vaccinales dans la population, «Être ou ne pas être vacciné?», publié chez les Éditions du Trécarré.

Il explique que des maladies comme la diphtérie ou la polio étaient préoccupantes à une certaine époque, mais beaucoup moins maintenant. «Pour certains vaccins, ce sont des maladies qui ont complètement disparu, et donc les parents ne connaissaient pas les maladies. C'est difficile de se motiver pour quelque chose qu'on ne connaît pas. On ne perçoit pas la menace», explique Dr Gagneur.

Il ajoute que depuis la pandémie, une grande part de l'hésitation a grandi par rapport «à toute la remise en question de la société, du système» et il y a «une perte de confiance envers les autorités politiques et de santé».

Le rapport de l'INSPQ stipule que «25 % des parents ne percevaient pas de risque à retarder la vaccination, près de 40 % estimaient que les injections multiples augmentaient les risques d’effets secondaires et 13 % considéraient que les enfants recevaient trop de vaccins».

Les raisons de l'hésitation vaccinale sont multiples. «Les parents ont souvent beaucoup de questions, beaucoup d'hésitations, ce qui est normal. Mais on se rend compte qu'au bout du compte, quand ils ont accès à l'information, ils finissent par prendre la bonne décision, puis ils font bien vacciner leur enfant», soutient Dr Brousseau.

La vaccination n'est pas obligatoire au Québec. Le gouvernement mise sur la sensibilisation et l'information afin de garder la confiance de la population.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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