La saison actuelle des feux de forêt serait la pire jamais enregistrée en Ontario

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Par La Presse Canadienne, 2026
Les incendies qui font rage dans le Nord de l'Ontario semblent avoir conduit la province à sa pire saison des feux de forêt jamais enregistrée.
Les plus récentes données publiées par la province indiquent que les incendies ont ravagé plus de 7250 kilomètres carrés de forêt en Ontario, dépassant ainsi le record précédent, établi en 2021.
Cette estimation préliminaire sera probablement révisée une fois que les autorités auront pu évaluer plus précisément l'étendue des dégâts, mais elle témoigne de la rapidité avec laquelle la situation s'est aggravée cette saison.
La grande majorité de ces incendies s'est déclarée au cours des dix derniers jours, dans le sillage d'orages violents et d'une vague de chaleur autour de Thunder Bay, où les températures ont grimpé jusqu'à environ 15 degrés au-dessus des normales saisonnières.
Les changements climatiques, alimentés par la combustion de combustibles fossiles, allongent et intensifient les saisons des feux de forêt partout au Canada.
La progression rapide des incendies en Ontario a entraîné l’évacuation de plus d’une dizaine de communautés, pour la plupart des communautés des Premières Nations. La fumée a aussi envahi le ciel de toute la province et s'est déplacée bien plus loin.
Le plus grand contributeur au total enregistré en Ontario est un gigantesque incendie de 3188 kilomètres carrés au nord de Thunder Bay.
Des averses ont contribué à atténuer l’activité des feux dans le Nord de l'Ontario récemment, mais les autorités préviennent que le danger reste élevé.
«Il n’y a pas eu suffisamment de pluie dans le nord-ouest (de l’Ontario) pour vraiment maîtriser la situation à long terme», a expliqué Liam Buchart, spécialiste des conditions climatiques propices aux incendies au Service canadien des forêts.
Pour le mois d’août, les prévisions indiquent qu’une grande partie du Nord de l'Ontario pourrait continuer d'être confrontée à des conditions plus chaudes et plus sèches que la normale.
Même si les conditions ne devraient pas être aussi extrêmes que celles que la région vient de connaître, «les prévisions ne laissent pas entrevoir de répit complet», a précisé M. Buchart.
Les estimations préliminaires de la superficie brûlée sont compilées par une agence provinciale. Elles sont ensuite transmises au Centre interservices des feux de forêt du Canada, un organisme à but non lucratif qui coordonne les ressources de lutte contre les incendies à l’échelle du pays.
Les registres fédéraux sur les feux de forêt – également appelés «Composite nationale des superficies brûlées» – remontent à 1972 et sont établis en partie à partir d’images satellites à haute résolution.
La fumée épaisse est l’un des facteurs qui empêchent les autorités d’établir des estimations précises en temps réel sur les feux de forêt. Les images satellites permettront à terme d’identifier les zones non brûlées qui auraient pu être incluses dans le décompte initial.
Jordan Omstead, La Presse Canadienne