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La rencontre de séparatistes albertains avec les É.-U. est une «trahison», selon Eby

durée 11h18
29 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Une rencontre présumée entre des membres du mouvement séparatiste albertain et des représentants de la Maison-Blanche s'apparente à de la «trahison», selon le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby.

S'exprimant jeudi matin à Ottawa avant la rencontre des premiers ministres provinciaux avec le premier ministre Mark Carney, M. Eby, citant un article du Financial Times, a mentionné qu'il était totalement inapproprié qu'un groupe sollicite l'aide d'une puissance étrangère pour faire éclater le Canada.

«Je comprends le désir de tenir un référendum, de discuter des enjeux qui nous tiennent à cœur au Canada», a mentionné M. Eby.

«Mais aller demander de l'aide à un pays étranger pour faire éclater le Canada, il y a un terme pour cela: la trahison», a-t-il ajouté.

Le Financial Times, citant des sources proches du dossier, rapporte que les dirigeants du Alberta Prosperity Project ont rencontré à trois reprises des représentants du département d'État américain à Washington depuis avril.

M. Eby a précisé que cette nouvelle était particulièrement alarmante, car le président américain Donald Trump «ne fait pas preuve d'un grand respect pour la souveraineté du Canada».

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, s'est dite très optimiste quant au choix final des Albertains de rester au sein du Canada.

«Je crois qu'il s'agit d'une minorité de personnes qui s'agitent, et je suis convaincue que la majorité des Albertains démontreront leur attachement à ce pays et leur désir d'en faire partie, quoi qu'il arrive», a avancé Mme Holt, interrogée sur les propos de M. Eby jeudi.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a qualifié la réunion rapportée d'«inacceptable» et de «contraire à l'éthique».

«Nous formons un seul pays et nous devrions tous être unis. Il est inacceptable que des groupes contournent le gouvernement fédéral ou la province pour négocier avec les États-Unis», a souligné M. Ford jeudi, en arrivant à la réunion avec M. Carney et les autres premiers ministres provinciaux.

«Nous savons tous quelle est la position du président Trump. Il veut le Canada, et cela n'arrivera pas. Nous nous battrons avec tous les moyens à notre disposition», a-t-il fait savoir.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a récemment avancé que l'Alberta serait un «partenaire naturel» pour les États-Unis, soulignant la richesse de ses ressources naturelles et son désir de construire un nouvel oléoduc vers la côte ouest.

«Je pense que nous devrions les laisser venir aux États-Unis, et l'Alberta est un partenaire naturel pour les États-Unis», a déclaré M. Bessent à la chaîne de télévision conservatrice Real America's Voice le 23 janvier.

Le mouvement indépendantiste albertain recueille des signatures afin de déclencher un référendum sur la question de la séparation de l'Alberta du Canada.

Mitch Sylvestre, à l'origine de la pétition pour un référendum, a avancé le 23 janvier qu'il ne pensait pas qu'un seul membre de son mouvement souhaite rejoindre les États-Unis.

Certains organisateurs du mouvement indépendantiste albertain affirment avoir rencontré des membres de l'administration Trump, sans toutefois révéler leurs noms. Leur message commence à se répandre parmi les influenceurs pro-Trump et, plus largement, au sein de la communauté républicaine.

— Avec des informations de Kelly Malone à Washington

David Baxter, La Presse Canadienne

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