La réduction de l'immigration temporaire a freiné la croissance de la population

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Le resserrement de l’immigration temporaire n’a pas tardé à se faire sentir dans le bilan démographique du Québec.
L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) rapporte en effet mercredi que la population du Québec a continué de croître en 2024-2025, mais à un rythme deux fois moins important que l’année précédente.
À l’échelle provinciale, le taux de croissance de la population est ainsi passé de 2 % en 2023-2024 à 0,7 % en 2024-2025. Dans son bilan démographique pour l’année se terminant le 1er juillet 2025, l’ISQ note qu’«après quelques années de forte hausse, l’immigration temporaire, composée principalement de travailleurs étrangers temporaires, d’étudiants internationaux et de demandeurs d’asile, a connu un repli en 2024-2025». En fait, précise-t-on, «le nombre d’immigrants temporaires a continué d’augmenter dans la plupart des régions, mais beaucoup moins fortement qu’en 2023-2024, ce qui a grandement contribué au ralentissement de la croissance démographique».
Chute majeure à Montréal
Puisque la chute de l’immigration temporaire est la principale responsable du ralentissement de la croissance démographique, il n’est guère étonnant de constater que c’est la région de Montréal qui a subi le plus important ralentissement, loin devant toutes les autres régions. En fait, la croissance s’y est effondrée, passant de 3,4 % en 2023-2024 à 0,3 % en 2024-2025.
Les baisses sont tout de même assez marquées dans les régions de Québec et de Laval aussi, notamment.
À l’opposé, c’est la région de Lanaudière qui a connu le recul le moins important, la croissance de la population passant de 1,7 % à 1,6 % durant la même période. Seules les régions de la Côte-Nord et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont vu leur population diminuer, de 0,2 % dans les deux cas.
Fait à noter, c’est l’augmentation de l’immigration permanente qui est venue amoindrir l’impact de la chute de l’immigration temporaire dans la majorité des régions, sauf celles de Montréal, de Laval, de la Montérégie, de l’Outaouais et du Nord-du-Québec où l’immigration permanente était en recul. D’ailleurs, les données confirment la régionalisation de l’immigration alors que 45 % des nouveaux résidents permanents de 2024-2025 habitaient à Montréal, comparativement à 75 % il y a 20 ans.
Plus de décès que de naissances
L’immigration en général demeure tout de même le principal moteur de la croissance de population puisque dans la majorité des régions, le nombre de décès dépasse le nombre de naissances. En d’autres termes, sans l’immigration, la population du Québec en général serait en diminution à peu près partout.
Seul le Nord-du-Québec a une croissance de population principalement attribuable à un nombre de naissances supérieur au nombre de décès. Par ailleurs, les régions de Montréal, de Laval, de la Montérégie et de l’Outaouais ont enregistré plus de naissances que de décès en 2024-2025, mais le surplus est très faible et n’a pas d’impact significatif sur la croissance de population.
Enfin, de nombreux Québécois se sont déplacés d’une région à l’autre, comme à tous les ans, un phénomène que l’on appelle la migration interrégionale. Montréal, Laval, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec ont perdu des citoyens au profit d’autres régions. À l’inverse, les régions de Lanaudière, des Laurentides, de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec ont obtenu les plus importants gains de population attribuables aux migrations interrégionales.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne