La police a analysé les données téléphoniques de Luciano Frattolin

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Par La Presse Canadienne, 2026
ELIZABETHTOWN — Un enquêteur de la police de l'État de New York a déclaré jeudi devant un jury que les enquêteurs avaient rassemblé plus de 200 000 points de données de localisation extraits d'un téléphone dans le cadre de leur enquête menée l'été dernier sur la mort d'une fillette montréalaise de neuf ans.
Ryan Munks a indiqué que ces données avaient été extraites d’applications telles que Google Maps sur le téléphone de Luciano Frattolin, qui est accusé de meurtre au deuxième degré et de dissimulation d’un cadavre dans cette affaire.
M. Munks a souligné que ces dizaines de milliers de points de données, couvrant une période d’une semaine, constituaient un ensemble de données plus volumineux que ce dont il a l’habitude de voir dans le cadre d’une enquête.
«C’est énorme. C’est l’un des plus importants que j’aie jamais vus», a-t-il déclaré.
Melina Frattolin a été retrouvée noyée dans un marais de la campagne new-yorkaise à la fin d'un voyage avec son père.
Luciano Frattolin a plaidé non coupable des deux chefs d’accusation et est détenu sans caution depuis son arrestation en juillet dernier. Il a affirmé que sa fille avait été enlevée par deux hommes qui avaient pris la fuite à bord d’une camionnette blanche.
M. Munks a rapporté qu’il avait analysé des données montrant que, peu avant sa disparition, la jeune fille avait envoyé un message à sa mère depuis son propre téléphone pour qu’elle contacte l’une de ses amies. La jeune fille devait rentrer à Montréal le soir même.
Il a également indiqué que les données montraient que le téléphone de Luciano Frattolin était resté immobile au bord d’une route de campagne pendant environ une heure, avant que le père n’appelle la police pour signaler la disparition de sa fille.
Lors d’un témoignage ultérieur, le jury a appris comment la police avait repéré la Prius argentée que Frattolin avait louée pour son voyage.
Un analyste de la police d’État, Andrew Munson, a expliqué qu’une équipe d’enquêteurs avait extrait les données des caméras de reconnaissance des plaques d’immatriculation afin d’examiner les preuves, révélant ainsi que la Prius avait été filmée circulant dans les deux sens sur l’autoroute I-87 pendant une période de trois heures au cours de la même soirée.
Les enquêteurs ont également analysé des images de fourgonnettes blanches à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, mais n’ont trouvé aucune information laissant supposer une activité criminelle après une analyse plus approfondie des véhicules et de leurs propriétaires enregistrés, a précisé M. Munson.
Lors du contre-interrogatoire de M. Munson, les avocats de Frattolin ont remis en cause la précision de l’outil d’IA utilisé par la police.
La défense a également demandé à M. Munson s’il existait des moyens de déjouer la détection par un lecteur de plaques d’immatriculation, par exemple en masquant ou en retirant la plaque.
Il a confirmé que cela était possible.
D'autres témoignages étaient prévus dans l'après-midi.
Marieke Glorieux-Stryckman, La Presse Canadienne