La ministre Pascale Déry assume ses écrits sur les espèces menacées

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Par La Presse Canadienne, 2026
La nouvelle ministre de l’Environnement «assume entièrement» ce qu’elle avait écrit sur les espèces menacées il y a une dizaine d’années. Toutefois, Pascale Déry a changé son fusil d’épaule concernant le marché du carbone, qu’elle juge maintenant nécessaire.
Les prises de position de Pascale Déry à l’époque où elle travaillait pour l'Institut économique de Montréal (IEDM), de 2016 à 2019, ont fait l’objet de quelques échanges avec les parlementaires lors de l’étude des crédits budgétaires, mercredi à Québec.
Dans une chronique publiée dans le «Journal de Montréal» par Mme Déry en 2016, intitulée «Y a-t-il une espèce en péril dans le coin?», celle qui est maintenant ministre de l’Environnement soutenait qu’il est «important de protéger la biodiversité et les espèces en voie de disparition», mais pas au point «de bloquer complètement des projets d’envergure».
Elle expliquait également, à l’époque, n’avoir jamais entendu parler d’une «espèce menacée du nom de rainette faux-grillon».
En lui rappelant qu’elle est aujourd’hui responsable de la loi sur les espèces menacées ou vulnérables, la députée libérale Virginie Dufour a demandé à la ministre de préciser sa position sur «la préservation de la biodiversité» et les espèces en péril, comme la rainette faux-grillon.
La ministre caquiste a répondu qu’il faut «un équilibre» entre «la protection de l'environnement et les gains économiques», en précisant que la liste des espèces vulnérables ne cesse de s’allonger.
«Est-ce qu'il faut que ça freine de gros projets? Je pense que quand on a ce genre d'enjeux, il faut qu'on soit capable de se poser des questions», a indiqué Pascale Déry.
Si la liste des espèces vulnérables s’allonge constamment, «n'est-ce pas justement le signe qu'il y a un déséquilibre en faveur des projets économiques?», a pour sa part demandé le député solidaire Étienne Grandmont, à la ministre.
«Quand on doit ajouter des espèces vulnérables et menacées, on va toujours s'assurer que ça crée justement un équilibre», a répondu la ministre, laissant son interlocuteur avec plus de questions que de réponses.
Au Québec, 37 espèces fauniques sont désignées comme menacées et 28 sont désignées comme vulnérables, alors que 86 espèces floristiques sont désignées menacées ou vulnérables.
La dégradation des habitats en raison de l’activité humaine est la principale raison qui explique ces statuts.
«Heureuse» qu’il existe un marché du carbone
Dans les dernières années, Pascale Déry a complètement changé sa perception du marché du carbone.
La nouvelle ministre de l’Environnement considère maintenant que le Québec est «chanceux» d’avoir «ce marché» qui «permet de générer un peu plus d'un milliard chaque année» pour «investir dans notre économie et dans notre transition énergétique».
La ministre de l’Environnement répondait ainsi à la question de la députée libérale Virginie Dufour, qui lui demandait si elle considérait toujours, comme elle l’avait écrit en 2018, que la «bourse du carbone aurait un impact négligeable sur l'émission de GES et que ça serait catastrophique pour notre économie».
Pascale Déry a tenu à préciser «qu’il y en a plusieurs qui étaient sceptiques au tout début».
Mais «je pense qu'aujourd'hui, on est capable de dire que le marché du carbone évolue bien».
La ministre a souligné qu’elle «assume entièrement» les textes qu’elle a écrits lorsqu’elle travaillait à l'Institut économique de Montréal.
«Je vous dirais que j'ai toujours conservé la même position pragmatique», a-t-elle indiqué lors de l’étude des crédits budgétaires, un processus annuel de reddition de comptes à l’Assemblée nationale.
Pascale Déry a maintes fois répété, mercredi, qu’elle voulait trouver «l’équilibre» entre la «protection de l’environnement» et le «développement de l’économie».
Questionnée par la députée lavalloise Virginie Dufour à savoir si le développement économique du Québec faisait partie de la mission du ministère de l'Environnement, la ministre Déry a répondu ainsi: «Le ministère de l'Environnement, c'est évidemment le développement durable. Ça se décline évidemment en trois thèmes (…) environnement, économie et social. Donc, ça s'inscrit aussi dans le thème de l'économie.»
Stéphane Blais, La Presse Canadienne