La fin des consultations sur le budget du N.-B., qui prévoit des coupes importantes

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Par La Presse Canadienne, 2026
Confronté à un déficit record de 1,3 milliard $, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a averti que pratiquement tous les services et programmes risquaient de subir des coupes dans le budget du mois prochain.
Vendredi est le dernier jour des consultations prébudgétaires, au cours desquelles le ministère des Finances a invité les habitants à envoyer leurs commentaires sur une liste d'options visant à réaliser des économies ou à générer de nouvelles recettes. Le budget est prévu pour le 17 mars.
Pour que le gouvernement puisse continuer à investir dans des domaines tels que la santé et l'éducation, «nous devons être prêts à contrôler nos dépenses et à générer de nouvelles recettes», a déclaré le ministre des Finances, René Legacy, aux journalistes en début de semaine.
«Le statu quo n'est pas viable à long terme», a-t-il ajouté.
Le déficit prévu de 1,3 milliard $ est le plus important jamais enregistré, et l'exercice financier n'est pas encore terminé.
Le dernier budget du gouvernement de l'ancien premier ministre conservateur Blaine Higgs pour 2024-2025 prévoyait des dépenses de 13,3 milliards $ et un surplus de 41 millions $. Les libéraux de la première ministre Susan Holt ont pris le pouvoir en octobre 2024 et, lorsque les comptes définitifs ont été établis, l'exercice financier affichait un déficit de 104,4 millions $.
Le premier budget de Mme Holt, pour l'exercice 2025-2026, a ajouté environ 1 milliard $ de dépenses pour un total de 14,3 milliards $ et prévoyait un déficit de 549 millions $. Le déficit a plus que doublé depuis ce temps.
M. Legacy affirme qu'il n'y a aucun domaine dans lequel le gouvernement peut économiser 1 milliard $, de sorte que toutes les coupes budgétaires sont envisagées.
Le ministère des Finances indique que la fonction publique a augmenté de 14 % ces dernières années et que le gouvernement pourrait se séparer d'une partie de ses 13 000 employés. Il estime que la réduction des contrats avec des consultants externes pourrait permettre d'économiser jusqu'à 50 millions $ par an.
Les soins de santé et l'éducation représentent ensemble plus de la moitié du budget provincial; il sera donc difficile de réduire les dépenses sans toucher à ces deux secteurs. Le prochain budget devra également intégrer le coût annuel total d'un nouvel accord avec les médecins, estimé à environ 270 millions $. En raison du calendrier, seuls 176 millions $ du contrat sont inclus dans l'exercice financier actuel.
La province affirme qu'elle pourrait transférer des lits des hôpitaux vers des établissements de soins de longue durée afin de réaliser des économies et qu'elle pourrait également revoir les vaccins subventionnés. Elle mentionne la suppression des doublons dans les évaluations des soins à domicile et la rationalisation des opérations de soins de santé tout en maintenant les services essentiels.
La province envisage de vendre des propriétés et des bâtiments, y compris des écoles comptant moins de 100 élèves. M. Legacy a fait remarquer mardi qu'environ un tiers des écoles de la province ont actuellement un taux d'inscription inférieur à 30 % de leur capacité totale.
M. Legacy a laissé entendre mardi que les impôts du Nouveau-Brunswick sont déjà parmi les plus élevés au Canada et que le gouvernement n'envisage donc pas sérieusement de les augmenter.
Cependant, la province affirme que les plus de 2000 frais de service, comme ceux pour les permis, pourraient augmenter et que de nouveaux frais pourraient être introduits. Elle envisage également d'imposer une taxe sur les billets pour les arts et la culture, d'augmenter le coût de la location des terres de la Couronne et d'augmenter les redevances minières.
Le Nouveau-Brunswick pourrait commencer à percevoir des péages pour les véhicules provenant de l'extérieur de la province. Le gouvernement a suggéré que ceux-ci pourraient être placés aux frontières provinciales ou sur les principales autoroutes.
Devin Stevens, La Presse Canadienne