La Colombie-Britannique demande aux plaisanciers d'éviter une île mystérieuse

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Par La Presse Canadienne, 2026
Les plaisanciers du nord de la Colombie-Britannique sont invités à se tenir à l'écart d'une mystérieuse île flottante qui a refait surface sur un lac après avoir dérivé sur environ 30 kilomètres en deux semaines.
Bob Gammer, porte-parole de BC Hydro, explique qu'il avait d'abord pensé que les signalements concernant cette île recouverte d'arbres et de végétation sur le lac Williston, le réservoir du barrage W.A.C. Bennett dans le nord de l'intérieur de la province, étaient un canular, mais des images satellites ont confirmé son existence à la mi-août.
L'île, d'une superficie d'environ un hectare, avait alors disparu, mais M. Gammer précise qu'elle a été repérée à nouveau lundi, après avoir parcouru environ 30 kilomètres.
Il conseille aux plaisanciers de résister à la tentation de se rendre sur l'île, estimant qu'elle est constituée d'un amas instable de troncs d'arbres et de débris en décomposition qui se serait détaché de la rive lorsque le lac s'est récemment rempli pour la première fois depuis 2012.
Rocky Avery a partagé des images de l’île qui ont attiré l’attention du monde entier après qu’elle eut été repérée par un ami sur le lac situé au nord de Mackenzie, la ville natale de M. Avery.
Il précise que la profondeur de l’eau sous l’île était alors d’environ 60 mètres.
«Quand j’ai vu la vidéo, j’étais tout simplement émerveillé, car on voyait depuis son bateau — il provoquait des ondulations — et on pouvait voir que tout le long de l’île, le fond montait et descendait, et que c’était bel et bien réel, a raconté M. Avery. C’était fou.»
M. Avery a précisé qu’il vivait dans la région depuis plus de 48 ans et qu’il n’avait jamais entendu parler d’une île comme celle-là auparavant.
Il a ajouté qu’il souhaitait que l’île soit baptisée «Rocky Island», «même si elle n’est pas si rocheuse que ça».
Rocky Avery a fait part de sa découverte à BC Hydro et aux membres de la Première Nation Tsay Keh Dene.
M. Gammer a expliqué que lorsqu’il avait entendu parler de l’île pour la première fois, le 13 août, il avait mis en doute cette information.
«J’ai vérifié en interne et aucun de mes contacts au sein de l’entreprise n’en avait entendu parler non plus. À ce moment-là, nous avons donc pensé qu’il s’agissait peut-être d’un canular, et nous n’y avons pas prêté davantage attention», a expliqué M. Gammer, responsable des relations avec les communautés du Nord chez BC Hydro.
Mais quelques jours plus tard, des ingénieurs de l’entreprise publique l’ont repérée sur des images satellites à Finley Bay, près du centre du lac.
«C’est un phénomène rare, et certainement le premier dont nous ayons entendu parler pour le réservoir de Williston», a dit M. Gammer.
Il a expliqué qu’ils avaient tenté de suivre la trace de l’île, mais qu’elle semblait avoir disparu, avant d’être repérée à nouveau près de la rive, à l’endroit où la rivière Ospika se jette dans le lac.
«Elle s’est déplacée d’environ 30 kilomètres vers le nord-ouest du réservoir, vers un endroit plus isolé, a ajouté M. Gammer. L’île semble être intacte.»
Une éventuelle excursion
M. Grammer a indiqué avoir également reçu une photo d’un plaisancier, ce qui a permis de confirmer l’information. D’après les images satellites, l’île mesure environ 140 mètres de long et environ 70 mètres de large, a-t-il ajouté.
M. Avery s’est réjoui d’apprendre que l’île n’avait pas coulé, après que des membres de la Première Nation Tsay Keh Dene lui eurent indiqué qu’ils l’avaient eux aussi repérée à nouveau.
«Nous attendons simplement que les eaux se calment pour pouvoir y aller en bateau à moteur et l’observer de plus près», a expliqué M. Avery, précisant qu’un ancien chef de la nation se joindrait à l’expédition pour inspecter l’île.
M. Gammer a expliqué que l’origine de l’île n’était pas certaine, mais qu’il était normal que les arbres tombés dans le réservoir s’agglomèrent dans une baie abritée.
«On peut imaginer la situation comme celle d’un arbre tombé dans la forêt : le tronc repose à plat et, au fil du temps, il commence à se décomposer, tandis que d’autres plantes, de la mousse et même des arbres se mettent à pousser dessus», a ajouté M. Gammer.
La montée des eaux du réservoir aurait alors pu libérer cette masse, ce qu’il a qualifié de «meilleure théorie» pour expliquer la formation de l’île.
M. Gammer a précisé que les vagues dans le réservoir peuvent devenir violentes lors d’une tempête de vent et qu’il craignait qu’elles ne déchirent cette masse de troncs et de débris ligneux.
«Elle est naturellement instable ; il est donc dangereux de monter sur l’île ou d’y accoster en bateau. Ce serait risqué», a-t-il dit.
BC Hydro continuera à surveiller l’île pour voir si elle recommence à se déplacer.
«Je veux dire, il y aura probablement des gens qui voudront l’étudier et s’en approcher. Il se peut donc que nous ayons davantage d’informations sur cette île au fil des semaines», a ajouté M. Gammer.
Nono Shen, La Presse Canadienne