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L'utilisation de l'IA par les agences de sécurité canadiennes examinée

durée 05h55
1 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — L’organisme canadien de surveillance du renseignement examine l’utilisation et la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) dans les activités de sécurité nationale.

L’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement a informé les principaux ministres et organismes fédéraux de cette étude, qui portera sur la façon dont la communauté de la sécurité définit, utilise et supervise certains aspects des technologies d’IA.

Les agences de sécurité canadiennes ont utilisé l’IA pour des tâches allant de la traduction de documents à la détection des menaces de logiciels malveillants.

Dans une lettre adressée aux ministres et aux dirigeants des organismes ayant un rôle à jouer en matière de sécurité nationale, la présidente de l’Office, Marie Deschamps, a indiqué que les conclusions de l’étude permettront de mieux comprendre l’utilisation des outils nouveaux et émergents, d’orienter les examens futurs et de mettre en lumière «les lacunes ou les risques» qui pourraient nécessiter une attention particulière.

En vertu de la loi, l’Office a le droit de consulter tous les renseignements détenus par les ministères et organismes visés par l’examen, y compris les documents classifiés et privilégiés, à l’exception des documents confidentiels du Cabinet.

Publiée sur le site web de l’Office, la lettre précise que les demandes de renseignements peuvent porter sur des documents, des explications écrites, des séances d’information, des entrevues, des sondages et l’accès aux systèmes.

«L’examen pourrait également comprendre l’inspection indépendante de certains systèmes techniques», a ajouté Mme Deschamps.

La lettre a été envoyée à plusieurs membres du Cabinet, dont le premier ministre Mark Carney, le ministre de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique, Evan Solomon, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, le ministre de la Défense, David McGuinty, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et la ministre de l'Industrie, Mélanie Joly.

Elle a également été adressée aux dirigeants des organismes jouant un rôle majeur en matière de sécurité, notamment le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), le service canadien de cyberespionnage.

La lettre a aussi été transmise aux dirigeants d'organismes auxquels on ne pense pas forcément de prime abord dans le contexte de la sécurité, comme l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) et l'Agence de la santé publique du Canada.

En réponse à une question concernant cet examen, la GRC a mentionné qu'elle était favorable à un examen indépendant des activités de sécurité nationale et de renseignement.

En 2024, un rapport d'un organisme consultatif fédéral a exhorté les agences de sécurité du Canada à publier des descriptions détaillées de leurs utilisations actuelles et prévues des systèmes d'intelligence artificielle et des applications logicielles.

Le Groupe consultatif sur la transparence de la sécurité nationale prévoyait une dépendance accrue à l'égard de cette technologie pour analyser de grands volumes de textes et d'images, reconnaître des schémas et interpréter les tendances et les comportements.

À l'époque, le SCRS et le CST reconnaissaient l'importance de la transparence concernant l'IA, tout en précisant que leurs mandats de sécurité imposaient des limites à ce qui pouvait être divulgué publiquement.

Les principes du gouvernement fédéral relatifs à l'utilisation de l'IA comprennent la promotion de la transparence quant à la manière, aux raisons et au moment de son utilisation, ainsi que l'évaluation et la gestion, dès le début, des risques que l'IA fait peser sur les droits et les normes démocratiques.

Ces principes préconisent également la formation des fonctionnaires qui développent ou utilisent l'IA afin qu'ils comprennent les enjeux juridiques, éthiques et opérationnels, notamment en matière de protection de la vie privée et de sécurité.

Des stratégies mises en place

Dans son plus récent rapport annuel, le SCRS a indiqué mettre en œuvre des programmes pilotes d'IA à l'échelle de l'agence, conformément aux principes directeurs du gouvernement fédéral.

La GRC précise sur son site web que plusieurs facteurs contribuent à garantir une utilisation légale, éthique et responsable de l'IA.

Ces éléments comprennent une conception rigoureuse des systèmes afin d'éviter les biais et la discrimination, le respect de la vie privée lors de l'analyse des données, la transparence quant au processus décisionnel de l'IA et des mesures de responsabilisation pour assurer son bon fonctionnement, ajoute la GRC.

Dans sa stratégie en matière d'intelligence artificielle, le CST affirme son engagement à développer de nouvelles capacités pour résoudre des problèmes critiques grâce à une utilisation novatrice de l'IA et des technologies d'apprentissage automatique, à promouvoir une IA responsable et sécurisée et à contrer les menaces posées par des adversaires utilisant l'IA.

La stratégie du CST stipule que, déployées de façon sûre, sécurisée et efficace, ces capacités amélioreront sa capacité à analyser de plus grandes quantités de données plus rapidement et avec plus de précision, ce qui améliorera la qualité et la rapidité de la prise de décision.

«Nous serons toujours judicieux et respectueux des règles dans notre adoption de l’IA, et la responsabilisation et la reddition de compte continueront de dicter la façon dont nous réaliserons nos objectifs», souligne Caroline Xavier, chef du CST, dans un message inclus dans la stratégie.

«Sachant que ces technologies sont faillibles, nous procéderons à une expérimentation et à une mise en œuvre graduelles et concentrerons nos efforts sur une mise à l’essai et une évaluation rigoureuses, tout en veillant à solliciter l’intervention de nos spécialistes hautement qualifiées et qualifiés», ajoute-t-elle.

Jim Bronskill, La Presse Canadienne

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