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L'exclusion des médias pendant un démantèlement à Vancouver serait «illégale»

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5 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — La police et la Ville de Vancouver ont agi de manière «illégale» en restreignant l'accès des médias lors du démantèlement d'un campement de sans-abri dans le quartier Downtown Eastside en 2023. Pourtant, elles refusent d'accepter les réformes recommandées qui pourraient limiter le «pouvoir discrétionnaire» de la police, affirme la commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique.

Le bureau de Kasari Govender a publié mercredi un rapport sur l'exclusion des médias du secteur de la rue Hastings, où des tentes étaient installées sur les trottoirs depuis des mois avant d'être démantelées de force en avril 2023.

Mme Govender a déclaré que des journalistes et des policiers avaient témoigné sous serment et qu'elle avait conclu que le service de police «n'avait aucune autorité légale ou jurisprudentielle pour établir cette zone d'exclusion, et que, par conséquent, cette action était illégale».

Le sergent Steve Addison, porte-parole du service de police de Vancouver, a déclaré que la police «conteste l'allégation selon laquelle les médias auraient été interdits ou exclus du campement de la rue Hastings».

«Nous sommes préoccupés par la façon dont la commissaire aux droits de la personne a qualifié nos actions», a expliqué M. Addison dans un communiqué publié mercredi.

Un communiqué conjoint de la Ville de Vancouver et du Service de police de Vancouver, également publié mercredi, conteste les conclusions du rapport.

«La Ville et le Service de police de Vancouver maintiennent que la description d’une “zone d’exclusion des médias” dans le rapport ne reflète pas la réalité, car l’accès aux médias était en fait une priorité, planifié et communiqué à l’avance», indique le communiqué.

Lors de l’opération de démantèlement des campements les 5 et 6 avril, le Service de police de Vancouver, accompagné d’employés municipaux, est intervenu dans le quartier Downtown Eastside pour démanteler les tentes installées par les personnes sans-abri, et a jeté leurs effets personnels et autres structures installées sur le trottoir.

Dans son rapport, Mme Govender affirme que la police et la Ville «n’ont pas su trouver le juste équilibre» entre la sécurité publique et la liberté des médias dans leur gestion de l’opération de démantèlement, au cours de laquelle l’accès a été refusé aux journalistes, compromettant ainsi la transparence.

Mme Govender a conclu que la zone n'était «pas conforme aux normes relatives aux droits de la personne» et que «les témoignages de la police et de la ville étaient contradictoires quant au moment où l'accès des journalistes a été restreint».

Le rapport a établi que les preuves démontraient clairement que «la police et la ville n'ont pas organisé ni communiqué efficacement leur position vis-à-vis des médias, ni entre elles ni avec les journalistes».

Un agent interviewé pour le rapport a également évoqué les risques d'atteinte à la réputation liés à l'opération de démantèlement pour la ville, la police et la province.

Lors d'une conférence de presse mercredi, Mme Govender a déclaré que le service de police et le conseil de police de Vancouver n'avaient pas non plus traité adéquatement une plainte concernant ces mesures d'exclusion.

La Presse Canadienne

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