Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

L'envoyé indien estime qu'Ottawa pourrait signer un accord avec l'Inde «d'ici un an»

durée 12h57
20 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — L'envoyé de l'Inde à Ottawa affirme que le Canada pourrait signer un accord de partenariat économique global (APEG) avec New Delhi d'ici un an, malgré le fait que les négociations commerciales entre les deux pays aient été interrompues à plusieurs reprises depuis 2010.

À l'approche de la visite prévue du premier ministre Mark Carney en Inde, le haut-commissaire Dinesh Patnaik a déclaré jeudi qu'un délai de 12 mois n'était pas trop ambitieux, car les deux pays sont confrontés à un climat géopolitique changeant qui nécessite une collaboration dans de nombreux secteurs.

«Nous pensons que cela ira beaucoup plus vite, étant donné que nous avons tous deux acquis suffisamment d'expérience dans la conclusion de ce type d'accords de libre-échange au cours des deux dernières années», a déclaré M. Patnaik à La Presse Canadienne.

M. Patnaik a ajouté que la visite de M. Carney donnerait probablement lieu à des rencontres avec un large éventail de représentants du gouvernement et du monde des affaires à New Delhi et à Mumbai.

En novembre, M. Carney et le premier ministre indien Narendra Modi ont convenu de lancer officiellement des négociations sur l'APEG, un accord commercial qui couvrirait presque tous les services et biens, y compris les investissements, l'agriculture et le commerce numérique.

Le Canada et l'Inde ont entamé des discussions il y a 16 ans en vue d'un accord semblable, avant de revoir leurs ambitions à la baisse pour se concentrer sur un accord sectoriel qui ne concernerait que des industries spécifiques.

New Delhi protège de nombreux secteurs et cherche à préserver ses petites entreprises de la concurrence étrangère. Ottawa, quant à elle, a bloqué l'accès des marchés étrangers à des secteurs impliquant d'importants groupes politiques, tels que les producteurs laitiers.

Les exportateurs canadiens ont accusé l'Inde de se livrer à des pratiques commerciales imprévisibles, telles que la modification des protocoles de fumigation des lentilles importées après que les expéditions aient déjà été préparées pour l'exportation.

Les négociations commerciales ont de nouveau échoué à l'automne 2023 après qu'Ottawa a accusé des responsables gouvernementaux indiens non identifiés d'être impliqués dans le meurtre d'un militant sikh près de Vancouver et de soutenir une campagne d'extorsion et de crimes violents visant ceux qui militent pour une nation sikhe indépendante, séparée du territoire indien.

New Delhi a rejeté ces allégations et affirme que le Canada n'a pas présenté de preuves à l'appui de ses affirmations. Depuis, les deux pays se sont orientés vers ce qu'ils décrivent comme des discussions structurées sur la sécurité, tout en poursuivant leur collaboration économique et technologique.

Des terrains d'entente

M. Patnaik a souligné que l'Inde et le Canada ont signé, au cours de l'année dernière, des accords sur des questions allant de l'énergie et du changement climatique à la recherche de haute technologie et à l'agriculture résiliente au climat.

«Les deux premiers ministres sont très enthousiastes, donc l'intention est là des deux côtés», a-t-il déclaré.

M. Patnaik a noté que l'Inde a signé des accords commerciaux avec plusieurs pays depuis 2010, tout comme le Canada.

«Notre façon de voir le monde a changé, a-t-il indiqué. Nous avons tous deux évolué dans nos positions. Ainsi, bon nombre des questions qui se posaient dans le passé et qui auraient pu nous freiner sont probablement plus faciles à résoudre aujourd'hui.»

M. Patnaik a fait valoir qu'il n'y avait pas de conflits politiques majeurs entre les deux pays et que leurs industries n'étaient généralement pas en concurrence; le Canada étant un important exportateur de matières premières et l'Inde disposant d'un marché de consommation énorme.

Il a ajouté que les questions qui ont tendance à bloquer les négociations commerciales – les mesures phytosanitaires, les règles relatives aux marchés publics et la documentation douanière – ne sont pas à l'origine de différends majeurs entre le Canada et l'Inde.

«Nous ne sommes vraiment pas en concurrence sur de nombreux dossiers», a indiqué M. Patnaik.

Le cabinet du ministre du Commerce, Maninder Sidhu, a écrit que la signature de l'APEG constituerait «un puissant ancrage économique» pour les relations entre le Canada et l'Inde. Ottawa a terminé ses consultations en vue des négociations commerciales il y a un mois.

«Nous avons mené des discussions productives sur le cadre des négociations de l'APEG avec l'Inde», a écrit le porte-parole Huzaif Qaisar.

«Nous sommes impatients de faire avancer les discussions et de travailler rapidement à la conclusion d'un accord de grande qualité.»

Grands blocs pour le libre-échange

La visite de M. Carney en Inde intervient quelques semaines seulement après la signature par l'Inde d'un accord commercial avec l'Union européenne: l'un des plus importants accords commerciaux de l'histoire, couvrant environ deux milliards de personnes.

M. Carney a mené les efforts visant à renforcer le commerce fondé sur des règles en facilitant les négociations entre l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGT) — un grand bloc commercial regroupant les pays riverains du Pacifique — et l'UE.

Le Canada est membre du PTPGP et a conclu un accord commercial avec l'UE. Les deux blocs commerciaux recherchent des règles prévisibles qui leur permettent d'échapper à la fois aux politiques tarifaires erratiques du président américain Donald Trump et à la coercition de Pékin.

M. Patnaik a déclaré que le Canada s'alignait sur l'Inde dans sa recherche d'un commerce prévisible et dans son espoir que Washington revienne à cet état d'esprit.

«Ce que vous voulez faire avec le PTPGP, nous le faisons du côté atlantique plutôt que du côté pacifique, a-t-il déclaré. Ainsi, nous aurons l'Inde, l'UE, le Canada et, espérons-le, les États-Unis réunis dans une même sphère, où nous travaillerons ensemble sur un accord de libre-échange et des accords commerciaux qui rassembleront les peuples, le commerce, l'industrie, l'innovation — tout.»

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué l'année dernière que les deux pays espéraient pouvoir doubler leurs échanges commerciaux bilatéraux pour atteindre 50 milliards $ d'ici 2030, grâce à un accord commercial global.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge