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L'électorat fédéraliste courtisé au sixième jour de la campagne électorale

durée 16h24
1 septembre 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Pendant que le bal des promesses se poursuit, Christine Fréchette de la Coalition avenir Québec (CAQ) et Charles Milliard du Parti libéral du Québec (PLQ) ont tous deux lancé un appel aux fédéralistes, les encourageant à se rallier à leur parti respectif.

Au sixième jour de la campagne électorale québécoise, mardi, Mme Fréchette s'est adressée aux libéraux déçus par leur chef, M. Milliard, afin de bloquer l'élection du Parti québécois (PQ), qui déclencherait un référendum sur la souveraineté.

«J'invite ceux qui sont déjà déçus par le leadership du Parti libéral de considérer se rallier à la CAQ», a déclaré la cheffe caquiste, à Saint-Zotique, dans le Suroît.

La fin de semaine dernière, Mme Fréchette avait invité les indépendantistes «lucides et réalistes» à voter pour son parti.

Le chef libéral a tourné en dérision le fait que la cheffe caquiste courtise les électeurs de différentes formations politiques.

«Il y a une journée, on essaie de faire des beaux yeux aux péquistes, le lendemain, aux conservateurs. Là, on s'essaye avec les libéraux ce matin. J'imagine que ce sera les solidaires demain», a raillé M. Milliard en point de presse à Sherbrooke.

Il a reproché à Mme Fréchette d'être incapable de préciser pour quelle option elle voterait dans un éventuel référendum, car elle sait que «ça va lui nuire dans sa tentative de convaincre les souverainistes».

«Les souverainistes lucides devraient faire attention et les fédéralistes devraient revenir à la maison», a ainsi lancé le chef libéral.

Ces commentaires interviennent alors qu'un nouveau sondage Léger, paru mardi matin dans les médias de Québecor, place la CAQ au deuxième rang des intentions de vote, juste derrière le PQ avec cinq points d'écart. Le PLQ arrive au troisième rang.

L'issue de l'élection partielle fédérale dans Chicoutimi—Le Fjord, lundi soir, a aussi rebondi au jour 6 de la campagne électorale.

Le libéral Daniel Gobeil a remporté haut la main la circonscription considérée comme un terrain fertile aux souverainistes. La candidate bloquiste, Caroline Dubé, a terminé deuxième, très loin derrière M. Gobeil.

Appelé à interpréter ces résultats pour le mouvement souverainiste, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a minimisé la défaite du Bloc québécois.

«Je n'ai pas nécessairement d'interprétation. Il n'y a pas vraiment de parallèle à faire. (...) C'est vraiment des pommes et des oranges», a affirmé M. St-Pierre Plamondon, à Trois-Rivières.

Paperasse et immigration

Sur le plan des promesses du jour, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a réitéré sa volonté de réduire de 30 % le fardeau réglementaire des entreprises, s'il prenait le pouvoir le 5 octobre.

Un gouvernement conservateur réaliserait «un inventaire public de toutes les exigences réglementaires» et retirerait ensuite «au moins une exigence existante pour chaque nouvelle réglementation».

Il mènerait «des réformes prioritaires» dans certains secteurs, comme la construction, l'agriculture, l'environnement et la fiscalité. Chaque année, «des résultats mesurables» seraient publiés, promet le PCQ.

M. Duhaime a dit vouloir s'inspirer de l'Alberta.

«Le Québec est maintenant la province canadienne qui a le plus d'exigences réglementaires, et de loin; on en a près de 150 000», contre seulement 67 094 en Alberta, a avancé le chef conservateur à Québec.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, s'est présentée devant les journalistes en parlant du dossier de l'immigration. La formation politique propose de fixer le seuil d'immigration permanente à 70 000 par année, alors qu'il s'établit actuellement à 45 000 dans la province.

QS ramènerait non seulement le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), mais mettrait sur pied également un PEQ pour les régions.

«Ce sera une voie accélérée vers la résidence permanente pour les immigrants qui s'installent en région», a fait valoir Mme Ghazal, à Rouyn-Noranda, soutenant que de nombreuses personnes lui ont exprimé «comment l'immigration est bénéfique pour leur région, autant sur le plan social, sur le plan culturel, qu'économique».

Le parti de gauche suggère aussi d'investir 100 millions $ en francisation.

Coût de la vie et logement

Le PQ a pour sa part abordé l'enjeu du coût de la vie en proposant de détaxer les biens et les voitures usagés.

Le chef péquiste souhaite abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les biens usagés, reprenant essentiellement une proposition similaire à celle du PCQ, annoncée dimanche.

M. St-Pierre-Plamondon s'est défendu de copier les idées conservatrices, affirmant qu'il s'agissait d'abord et avant tout d'une «bonne politique».

Dans un communiqué, le PQ souligne qu'un Québécois achetant une voiture usagée à 28 000 $ économisera 2800 $ grâce au retrait de la TVQ. La mesure coûterait entre 500 et 700 millions $ par année à l'État.

Les libéraux ont fait campagne pour une deuxième journée de suite sur le thème du logement.

M. Milliard a promis un investissement de 1,5 milliard $ pour ajouter 40 000 logements sociaux et abordables d’ici cinq ans, s’il est porté au pouvoir.

Une «part importante» de ces logements seraient réservés à des clientèles plus vulnérables, comme les personnes en situation d’itinérance ou les jeunes quittant la DPJ.

Le chef libéral veut que la part de logement hors marché, c'est-à-dire des logements affichant des prix inférieurs à ceux du marché en raison notamment d'un soutien gouvernemental, atteigne 20 % en 2050. Le PLQ compte aussi bonifier et optimiser les programmes existants.

De son côté, la CAQ s'est engagée à verser 1000 $ dans un Régime enregistré d'épargne étude (REEE) pour chaque nouveau-né au Québec. La mesure coûterait près de 220 millions $ sur quatre ans.

Mme Fréchette a soutenu que le coup de pouce de 1000 $ peut servir de «levier» pour un jeune et «inciter les parents à investir dans des REEE».

Les parents auraient trois ans suivant la naissance de leur enfant pour ouvrir un REEE et demander le versement, a expliqué le parti.

Actuellement, le fédéral verse 20 % des premières cotisations annuelles, donc du moment où Québec virerait 1000 $, Ottawa ajouterait 200 $ au REEE, pour un total de 1200 $.

— Avec des informations de Patrice Bergeron, Thomas Laberge, Caroline Plante et Stéphane Blais de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

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