L'Aviation royale canadienne veut embaucher plus de 1000 nouveaux agents de sécurité

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — L’Aviation royale canadienne (ARC) souhaite embaucher plus de mille nouveaux agents de sécurité au cours des cinq prochaines années sur ses bases à travers le pays, au moment même où elle mettra en service ses nouveaux avions de chasse F-35.
Des documents internes datant du printemps 2025, obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, révèlent que l’ARC a élaboré un plan visant à embaucher d’abord 199 nouveaux agents de sécurité d’ici 2028, puis à porter cet effectif à 747 en 2029 et à 1227 d’ici 2030.
Ces renseignements proviennent d’une présentation relative à la proposition de l’ARC concernant le plan de structure future, soit le document de planification du personnel des Forces armées canadiennes, et décrivent un scénario de croissance des effectifs élaboré lorsque le lieutenant-général Eric Kenny commandait la force aérienne.
Il ne s’agit pas d’un plan définitif, mais sa publication témoigne de la volonté de l’ARC de renforcer la sécurité à l’échelle du pays, alors qu’elle se dote d’équipements de pointe contenant des données sensibles et des renseignements opérationnels.
Le bureau du ministre de la Défense, David McGuinty, a annoncé que l'ARC travaille à l'ajout de 140 nouveaux aéronefs à sa flotte, notamment des chasseurs F-35, des CC-330 Huskies, des patrouilleurs maritimes P-8A Poseidon et des drones à longue portée comme le MQ-9B SkyGuardian.
«Avec la transition vers ces nouvelles plateformes, l'ARC a entrepris un travail important, non seulement pour atteindre les niveaux d'effectifs requis pour les chasseurs, mais aussi pour définir les exigences de sécurité relatives à ces technologies de pointe et aux technologies futures», a indiqué la porte-parole du ministre, Maya Ouferhat, dans une déclaration transmise par courriel.
«Cela comprend l'étude de l'augmentation des effectifs de sécurité afin d'assurer la protection adéquate des escadres, du personnel et des données, compte tenu de la nature sensible de ces nouvelles plateformes.»
Interrogée récemment sur la nécessité de recruter du nouveau personnel de sécurité, la commandante de l'ARC, la lieutenante-générale Jamie Speiser-Blanchet, a déclaré à La Presse Canadienne que ces effectifs seraient initialement déployés dans les bases de chasseurs, «principalement» en raison des préparatifs pour la livraison des F-35 en 2028.
«Nous aurons également besoin de forces de sécurité supplémentaires dans presque toutes les escadres, soit à cause des lieux d'opération des F-35 sur les bases déployées, soit à cause du système d'aéronefs télépilotés», a-t-elle expliqué.
«Sans oublier les P-8. Tous ces appareils contiennent des données sensibles et complexes qui devront être protégées.»
Elle a ajouté que le plan est encore en cours d'élaboration, l'ARC étudiant comment ses alliés gèrent leurs propres besoins en matière de sécurité.
«Nous étudions leurs méthodes de mise en œuvre et d'intégration de certains de leurs équipements de pointe, et nous travaillons sur les technologies anti-drones et d'autres solutions afin de procéder aussi rapidement, mais aussi prudemment et judicieusement que possible», a précisé Mme Speiser-Blanchet.
Les coûts des embauches à long terme inconnus
Le document interne recense plus de 500 nouveaux postes de personnel essentiel pour le Projet de capacité future d’avions de chasse, soit le programme d’acquisition de nouveaux avions de chasse destinés à remplacer les CF-18. Ces postes comprennent des techniciens aéronautiques, des pilotes et d’autres employés civils de la Défense. L'ARC souhaite que la plupart d’entre eux soient en poste d’ici 2028-2029.
Le ministère de la Défense nationale a annoncé son intention de mettre les F-35 en service entre 2029 et 2030, tandis que les drones devraient être opérationnels entre 2027 et 2030.
Depuis près d’un an, le gouvernement libéral revoit ses plans d’acquisition de 88 F-35 auprès de Lockheed Martin, compte tenu du conflit commercial en cours avec les États-Unis. Ottawa s’est engagé à acheter au moins 16 de ces appareils.
Un rapport du vérificateur général de 2025 a révélé que le Projet de capacité future d’avions de chasse avait subi des retards dans la construction de nouvelles installations pour les escadrons à Cold Lake et à Bagotville, afin de protéger les nouveaux avions. L’audit indique que les installations «intégreraient des mesures de protection importantes pour les renseignements classifiés et sensibles».
Cependant, aucun des divers audits financiers du programme menés par les organismes parlementaires de surveillance des dépenses n’a examiné le coût de l’emploi permanent de centaines d’agents de sécurité supplémentaires.
L’ARC compte environ 15 000 employés au total et le document interne suggère que ce nombre pourrait augmenter de 5400 personnes au cours des 20 prochaines années.
L’ARC envisage également d’embaucher du personnel dans les communautés environnantes où sont stationnés les escadrons de chasse, a précisé la lieutenante-générale Speiser-Blanchet.
Ce personnel comprendrait des équipages, des techniciens, du personnel de renseignement et des planificateurs de missions, ainsi que le personnel nécessaire aux services de logement et médicaux.
Kyle Duggan, La Presse Canadienne