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L'audience Gray suspendue pour quatre semaines après le retrait d'un avocat

durée 19h42
27 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — L'audience concernant la mort de Myles Gray, survenue en 2015 lors d'une intervention policière, est suspendue pour quatre semaines.

Cette suspension succède à une remarque obscène et à la démission subséquente de l'avocat chargé de l'affaire à Vancouver.

L'avocat du Bureau du commissaire aux plaintes contre la police de la Colombie-Britannique, Chris Considine, indique que les avocats représentant les policiers, dont une femme qui pourrait avoir été la cible des propos vulgaires, s'opposent au retour de l'avocat Brad Hickford, malgré l'appel à «passer à autre chose».

M. Considine précise qu'un remplaçant est en cours de nomination, mais qu'il faudra du temps pour qu'il prenne connaissance du dossier impliquant sept policiers de Vancouver qui nient toute faute professionnelle dans la mort de M. Gray, qualifiée d'homicide par le coroner.

«Bien que M. Hickford ne reprenne pas ses fonctions d'avocat lors des audiences publiques, il a très aimablement accepté d'aider pleinement le nouveau conseil des audiences publiques dans cette transition», a déclaré M. Corsidine mardi.

Il a également indiqué que «toutes les parties ont convenu de coopérer afin de faire d'éventuels aveux pour faciliter autant que possible le déroulement de l'audience».

Richard Neary, l'avocat de M. Hickford, a souligné que son client était reconnaissant du soutien de l'arbitre Elizabeth Arnold-Bailey, mais qu'il maintenait sa décision de se retirer de ses fonctions, car il ne voulait pas être une source de distraction et en raison des requêtes que d'autres avocats avaient menacé de déposer lors de l'audience publique.

M. Neary a dit que M. Hickford n'avait pas pris cette décision à la légère, mais que les avocats des policiers avaient menacé de déposer des requêtes susceptibles d'entraver le processus s'il avait continué à siéger comme avocat lors des audiences publiques.

M. Hickford fait l'objet d'une enquête du Barreau de la Colombie-Britannique.

Après une remarque captée par un micro resté ouvert la semaine dernière, qualifiant quelqu'un de «stupide» et utilisant une insulte extrêmement vulgaire parfois employée pour désigner les femmes, Mme Arnold-Bailey s'interroge sur la possibilité que la procédure, initialement prévue pour durer dix semaines, ne soit pas menée à son terme, compte tenu des disponibilités des avocats et de la nécessité de trouver une salle d'audience.

Ian Donaldson, avocat de la famille Gray, a déclaré après l'audience de mardi que M. Hickford avait travaillé «avec diligence» pendant longtemps et que ses clients lui étaient reconnaissants de son dévouement.

Il a ajouté que M. Hickford avait pris la décision difficile, mais «honorable», de se retirer de l'audience, et que cela ne devait pas détourner l'attention de son objectif.

«Le nouvel avocat a beaucoup de travail, c'est certain, a-t-il affirmé. La famille Gray souhaite que cette affaire suive son cours. Elle souhaiterait qu'elle commence immédiatement. C'est un revirement regrettable.»

M. Donaldson a indiqué que d'autres procédures concernant la mort de M. Gray, notamment l'enquête du coroner, avaient laissé des questions sans réponse.

«Le coroner qui présidait l'audience a, pour la plupart, empêché tout contre-interrogatoire approfondi. Il m'a empêché de poursuivre mon contre-interrogatoire. Il ne fait donc aucun doute que certaines circonstances n'ont pas été examinées», a-t-il constaté.

Il a ajouté que les policiers concernés ne pouvaient être contraints de témoigner lors de l'audience publique, mais que «si l'usage de la force est autorisé dans l'intérêt public, il doit être tenu responsable de cet usage et expliquer ses actions et leurs motivations».

Le sergent Steve Addison, porte-parole du service de police de Vancouver, a indiqué que plusieurs membres du service étaient présents à l'audience — certains étant rémunérés en heures supplémentaires — notamment des représentants des ressources humaines, de l'unité de soutien par les pairs, du service des normes professionnelles, du service des affaires publiques, ainsi que des membres de l'équipe d'intervention d'urgence.

M. Addison a expliqué que les agents des services d'urgence «aidaient les personnes mises en cause à se repérer dans le bâtiment», un lieu non sécurisé et sans service de sécurité, contrairement à un palais de justice.

«Après onze ans, nous arrivons à la dernière étape du processus. Nous espérons que toute la lumière sera faite sur cette affaire et que toutes les personnes concernées obtiendront les réponses qu'elles attendaient», a-t-il conclu.

La Presse Canadienne

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