L'astronaute Jeremy Hansen réalisera son rêve lors d'Artemis II, selon sa femme

Temps de lecture :
4 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
CAPE CANAVERAL — Alors que l'astronaute canadien Jeremy Hansen s'apprête à entamer une mission historique vers la Lune à bord d'Artemis II, sa femme et le reste de sa famille vont tenter de profiter de chaque instant.
Si tout se passe comme prévu, Catherine Hansen sera sur le toit du centre de contrôle de lancement du Centre spatial Kennedy, en Floride, mercredi soir pour voir son mari entamer un voyage de dix jours dans l'espace qui le mènera autour de la Lune.
«J'essaie vraiment d'encourager tout le monde – surtout moi-même – à vivre pleinement ce moment et à laisser libre cours à toutes les émotions qui pourraient surgir», a-t-elle expliqué mardi lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.
«Il y aura de l'excitation, de l'euphorie, mais aussi de la terreur et de la peur», a-t-elle avoué.
Jeremy Hansen, âgé de 50 ans et originaire de London, en Ontario, est spécialiste de mission sur Artemis II. Il deviendra le premier non-Américain à voyager au-delà de l’orbite terrestre basse.
Il sera accompagné des astronautes américains de la NASA Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote) et Christina Koch (spécialiste de mission).
Le monde entier suivra cette mission, qui renverra des humains en direction de la Lune pour la première fois en plus de 50 ans.
Pour la famille Hansen, le lancement marquera l’aboutissement de 16 années de préparation et la réalisation d’un rêve de toute une vie.
Soutien mutuel
Catherine Hansen, une obstétricienne-gynécologue accomplie, a rencontré son mari à Moose Jaw, en Saskatchewan. Jeremy Hansen lui a tout de suite dit qu'il comptait devenir astronaute.
Sur le coup, elle a pensé que c'était «une chose folle à dire à voix haute». Mais, après réflexion, elle a compris que, «s'il le disait à voix haute, c'est qu'il le pensait vraiment».
«Au fur et à mesure que j’apprenais à le connaître, j’ai compris qu’il pensait chaque mot, a-t-elle mentionné avec un large sourire. Et nous allions faire tout notre possible pour que cela se réalise.»
Jeremy Hansen était pilote de chasse lorsqu’il a été sélectionné par l’Agence spatiale canadienne en 2009 – en même temps que David Saint-Jacques.
Sa femme et lui ont fait le point sur leur vie commune, sur ce qu’ils voulaient accomplir et sur la manière dont ils pourraient y parvenir tous les deux.
«Je ne peux pas expliquer aux gens à quel point il est important de se soutenir mutuellement, et c’est exactement ce que nous avons fait», a souligné Catherine Hansen.
«Il l’a fait pour mon travail et ma carrière. Je l’ai fait pour lui et sa carrière.»
Ils sont mariés depuis 23 ans maintenant – dont la plupart ont été passés en lien avec la NASA. Pour Catherine Hansen, voir son mari réaliser son rêve d’enfance «relevait tout simplement du miracle».
Une touche personnelle
Selon Catherine Hansen, la famille n’aurait pas pu y arriver sans l’aide de leurs proches et de leurs amis, des Forces armées canadiennes, de l’Agence spatiale canadienne et d’autres soutiens gouvernementaux.
La lieutenante-générale Jamie Speiser-Blanchet, commandante de l'Aviation royale canadienne, ne pourrait pas être plus fière de cet astronaute canadien qui a passé 30 ans au service de son pays.
«C'est un véritable plaisir de voir son travail acharné porter ses fruits», a-t-elle affirmé mardi au Centre spatial Kennedy.
Selon son épouse, Jeremy Hansen puise également de la motivation dans le soutien des Canadiens. C’est peut-être lui qui sera assis dans la fusée, a-t-elle ajouté, «mais ce ne sont pas seulement ses rêves qui se réalisent».
Jeremy Hansen emportera d'ailleurs avec lui dans l’espace un écusson de mission personnel, qui a été créé par l'artiste anichinabé Henry Guimond.
La forme heptagonale et les animaux font référence à la tradition des Premières Nations des sept enseignements sacrés, qui ont été partagés avec l’astronaute avant son voyage.
Un drapeau du Canada, placé dans le haut de l'écusson, rend hommage à toutes les personnes à travers le pays qui ont rendu cette mission possible – une façon symbolique de faire participer le pays à ce voyage.
D'autres symboles sur l'écusson rendent hommage à son service au sein de l'Aviation royale canadienne, à l'humanité et à sa famille.
Pour tous les Canadiens
Au cours des derniers jours avant la mission, la famille Hansen a tenté de profiter au maximum de chaque moment passé ensemble.
Catherine Hansen a hâte de voir son mari représenter le Canada lors de cette mission, mais elle est tout aussi impatiente qu'il revienne au pays pour partager cette expérience avec les Canadiens.
«Lui aussi a vraiment hâte de raconter quelque chose que très peu d’êtres humains, voire aucun, n’ont jamais vécu», a-t-elle assuré.
«Il a vraiment à cœur que les gens l'accompagnent dans cette aventure.»
Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne