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L'ambassadeur chinois met en doute l'affirmation de Carney sur les voyages sans visa

durée 12h26
22 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — L'envoyé chinois à Ottawa met en doute l'affirmation du premier ministre Mark Carney selon laquelle Pékin s'apprêterait à lever l'obligation de visa pour les Canadiens, laissant entendre que cette mesure est toujours à l'étude.

«J'ai remarqué que le premier ministre Carney a rendu public le fait que la partie chinoise lui avait dit que la Chine envisageait activement d'accorder un traitement unilatéral d'exemption de visa aux citoyens canadiens», a déclaré mercredi l'ambassadeur chinois au Canada, Wang Di, lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

«En ce qui concerne la politique spécifique en matière de visas, nous devons attendre l'annonce officielle de la partie chinoise», a expliqué M. Wang par l'intermédiaire de son interprète.

Lors d'une conférence de presse tenue le 16 janvier à Pékin, M. Carney a annoncé que le président Xi Jinping s'était engagé «à garantir l'accès sans visa aux Canadiens qui se rendent en Chine».

Aucune déclaration du gouvernement chinois ou de ses médias affiliés ne semble avoir confirmé cette affirmation. Affaires mondiales Canada n'a pas immédiatement commenté les propos de M. Wang.

Interrogé sur la date à laquelle Pékin modifierait sa politique et sur la durée pendant laquelle les Canadiens pourraient séjourner en Chine sans visa, M. Wang a répondu qu'il ne disposait d'aucune information à ce sujet.

Il a souligné que Pékin avait étendu le droit de séjourner 30 jours en Chine continentale sans visa à des dizaines de pays ces dernières années. Cette politique concerne les citoyens de la plupart des pays européens et asiatiques développés.

Les Canadiens peuvent déjà entrer sans visa dans les régions chinoises de Hong Kong, Macao et la province de Hainan. L'entrée en Chine continentale nécessite une longue procédure de demande et des frais d'environ 140 $, sauf pour les personnes en transit entre deux pays autres que le Canada.

À l'exception des détenteurs d'un passeport de Hong Kong, Ottawa exige des citoyens chinois qu'ils aient un visa pour se rendre au Canada, ce qui coûte environ 185 $ par personne.

M. Wang a indiqué que la Chine souhaiterait voir davantage de personnes voyager entre les deux pays afin de tirer parti des accords approuvés la semaine dernière par M. Carney et M. Xi.

«Si l'on facilite davantage les échanges entre nos deux pays, cela sera bénéfique pour les relations entre nos deux peuples. En effet, la politique de la Chine a toujours été de soutenir et d'encourager les échanges entre les peuples», a-t-il affirmé.

Ces dernières années, Pékin et Ottawa ont pris des mesures pour faciliter les voyages entre les deux pays.

En août 2023, la Chine a levé l'interdiction des voyages organisés vers de nombreux pays, mais a maintenu l'interdiction pour ses touristes de se rendre au Canada en groupe. Elle a levé ces restrictions en novembre dernier.

L'ambassade de Chine à Ottawa soutenait à l'époque que cette mesure était une réponse à la recrudescence de la discrimination anti-asiatique et au fait que le gouvernement fédéral avait exagéré la question de l'ingérence étrangère. La Chine a réduit ses frais de visa pour les Canadiens en 2024.

Les vols entre les deux pays ont augmenté progressivement depuis la pandémie de COVID-19. Le retard dans l'augmentation du nombre de vols était en partie dû à l'exigence du Canada que les vols à l'arrivée ne traversent pas le territoire russe, afin que les compagnies aériennes étrangères ne bénéficient pas d'un avantage par rapport aux compagnies aériennes canadiennes — interdites de survol du territoire russe en raison de l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

Dans un mémorandum signé la semaine dernière lors de la visite de M. Carney à Pékin, les deux parties ont convenu que leurs offices nationaux du tourisme collaboreraient à des campagnes promotionnelles axées sur la nature dans les deux pays, dans les villes jumelées et lors d'événements tels que la Coupe du monde de la FIFA 2026.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne

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