L'absence d'ambassade canadienne en Iran est «désavantageuse», selon Carney

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le Canada est «désavantagé» dans les pays où il n'a pas de présence diplomatique, comme en Iran, mais le gouvernement n'envisage pas de rétablir des relations avec Téhéran, a affirmé le premier ministre Mark Carney, jeudi.
«D'être engagé, d'être là, ça ne constitue pas une approbation des régimes», a dit M. Carney aux journalistes.
Il a tenu ces propos dans le contexte de l'envoi d'aide humanitaire pour les sinistrés des séismes survenus mercredi, au Venezuela. Selon lui, le fait de ne pas avoir de diplomate sur le terrain rend plus ardue la coopération.
«Il y a des situations et des crises humanitaires terribles, et ça rend ça très difficile d'agir rapidement», a-t-il souligné.
Le premier ministre a noté qu'il y a une série de pays avec lesquels le Canada n'est pas en accord, citant comme exemple le Venezuela et l'Iran, où les ambassades ont fermé respectivement en 2019 et en 2012.
«Cela nous place dans une situation désavantageuse, d'abord pour venir en aide aux Canadiens qui sont dans ces pays», a-t-il dit, ajoutant que dans certains dossiers consulaires, Ottawa avait fait appel à des pays qui ne sont pas des «alliés naturels» pour aider des Canadiens à quitter l'Iran.
Cette semaine, un groupe appelé «Iranian Justice Collective» a soutenu que le gouvernement de M. Carney avait l’intention de rétablir les relations diplomatiques avec l’Iran et de rouvrir l'ambassade du Canada à Téhéran et celle de l'Iran à Ottawa, fermée elle aussi depuis 2012.
Le groupe n’a pas souhaité citer la source de ses informations, mais a affirmé que l’Iran était déjà à l’origine d’une répression transnationale au Canada.
M. Carney a déclaré qu’il n’y avait eu «aucune discussion» concernant le rétablissement des relations avec l’Iran.
«Je ne suis pas sur le point de faire cette annonce. Il n'y a eu aucune discussion. Je fais une remarque d'ordre général», a-t-il clarifié.
Des réactions unanimes
Le ministère des Affaires mondiales du Canada a indiqué dans un communiqué publié en début de semaine «ne pas envisager actuellement de rouvrir une ambassade en Iran», et que les discussions avec le pays se limitaient aux questions consulaires, aux droits de l’homme et à la non-prolifération des armes nucléaires.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a dit en février qu’un «changement de régime» serait nécessaire avant que le Canada puisse considérer de rétablir ses relations avec l’Iran, qui avaient été rompues par le gouvernement du premier ministre Stephen Harper en 2012.
L'ambassade de l'Iran à Ottawa est inoccupée depuis lors. Elle a été le théâtre de manifestations répétées contre le régime et d'actes de vandalisme occasionnels.
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a déclaré jeudi qu’il n’était pas favorable à la réouverture des ambassades avec l’Iran.
«Il s’agit d’un régime terroriste qui a tué les nôtres, sans jamais en être tenu responsable», a-t-il déclaré, évoquant la répression transnationale et la destruction d’un avion transportant des dizaines de Canadiens au début de 2020.
Des diplomates canadiens ont déclaré au Parlement en mars qu’Ottawa envisageait de rétablir une présence diplomatique au Venezuela uniquement s'il y a une certitude que la mission en place serait protégée. Au début du mois, d'autres responsables consulaires ont dit devant un comité sénatorial que le gouvernement envisageait toujours de rétablir des relations diplomatiques complètes avec le Venezuela.
Le Canada et le Venezuela n’ont pas officiellement rompu leurs relations, mais Ottawa a fermé son ambassade à Caracas en juin 2019 après le refus du Venezuela de renouveler les visas des diplomates arrivant à expiration.
Le gouvernement de Justin Trudeau a fait du Canada l’un des principaux soutiens de l'opposition vénézuélienne sur la scène internationale, après une élection largement considérée comme volée.
M. Poilievre a dit ne pas vouloir donner «un soutien diplomatique, économique ou autrement» au gouvernement vénézuélien actuel.
En mars, des diplomates ont déclaré que le Canada n’avait pas l’intention de rouvrir son ambassade en Syrie, un peu plus d'un an après avoir rétabli des relations diplomatiques avec le pays, à la suite de la chute du régime Assad.
Ils ont précisé qu’Ottawa serait plus enclin à le faire si un grand nombre de touristes ou d’entreprises canadiennes commençaient à manifester un intérêt pour la Syrie.
Dylan Robertson, La Presse Canadienne