Jour 9: la souveraineté, l'ingérence du fédéral et le 3e lien de retour dans le débat

Temps de lecture :
4 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
Au neuvième jour de la campagne électorale, la souveraineté du Québec, des allégations d'ingérence du fédéral et le troisième lien ont refait surface dans la course.
Vendredi, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a soupçonné Ottawa de se mettre au service de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Il a pointé les annonces récentes d'investissements du premier ministre canadien Mark Carney pour le Québec et la relation entre la CAQ et un organisme fédéraliste.
«Je pense qu'on devrait être inquiet de la possibilité qu'on soit devant la plus grande ingérence du fédéral dans nos affaires et notre élection depuis 1995», a lancé M. St-Pierre Plamondon.
Le PQ a annoncé le dépôt d'une plainte au Directeur général des élections (DGE) visant à enquêter sur le contrat donné par le parti de Christine Fréchette à Mission Leadership Québec (MLQ).
L'organisme qui fait la promotion de l'unité canadienne a été mandaté par la CAQ pour organiser ses assemblées publiques, a révélé «Le Journal de Québec».
Le PQ avance dans sa plainte que MLQ «serait sous le contrôle d'individus liés au Parti libéral du Canada, notamment (...) un ancien proche conseiller de Mélanie Joly».
Mme Fréchette a réfuté les allégations de son rival péquiste, soutenant qu'il n'y a «absolument pas» d'ingérence du gouvernement fédéral dans les élections québécoises.
«On fait des partenariats avec le fédéral quand c'est bon pour le Québec. Nous, on ne va pas juste chercher le trouble et la chicane à Ottawa, comme le Parti québécois», a-t-elle dit.
La cheffe caquiste a par ailleurs été appelée vendredi à se prononcer sur la viabilité d'un Québec souverain. Selon elle, «ce serait difficile», ajoutant que le projet comporterait «beaucoup de risques et (...) beaucoup d'incertitudes». Mme Fréchette a évoqué les engagements du PQ de créer une monnaie et une armée, si les électeurs votent Oui.
«On ne peut pas se leurrer et penser que ce sera à coût nul», a-t-elle soutenu.
Dans le passé, des premiers ministres libéraux fédéralistes, tels que Jean Charest et Philippe Couillard, avaient reconnu qu'un Québec indépendant serait viable. Le premier ministre François Legault l'a aussi reconnu, au prix de «sacrifices».
Troisième lien
Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a ramené dans le débat le projet du troisième lien entre Lévis et la Capitale-Nationale.
M. Duhaime a proposé la construction d’un pont à haubans de 2,15 kilomètres au sud de l’île d’Orléans, qui relierait le chemin Royal à la route 132. Le coût de sa proposition est évalué entre 2,7 et 3 milliards $.
Le chef conservateur a expliqué qu'il aurait aimé présenter un projet à quatre voies, mais qu'il privilégie plutôt un pont à deux voies.
«C'est sûr que s'il n'y avait pas déjà 2,8 milliards $ d'engagés dans le pont qui est en train d'être construit entre la Rive-Nord et l'île d'Orléans, le projet aurait été à quatre voix plutôt qu'à deux. C'était évident», a-t-il soutenu.
Insécurité alimentaire, itinérance et culture
Les autres partis ont également poursuivi vendredi le dévoilement de leurs promesses électorales.
Le PQ a annoncé vouloir revenir sur la décision de Christine Fréchette de réduire la TVQ sur certains produits en épicerie, comme les fruits coupés et les muffins.
Si la formation politique prend le pouvoir le 5 octobre, elle investirait plutôt ces 100 millions $ par année dans des organismes de sécurité alimentaire pour aider notamment les jeunes dans les écoles, les familles et les aînés défavorisés.
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a promis 60 millions $ de plus par année pour atteindre «l'itinérance zéro».
Cette somme servira notamment à accompagner les jeunes qui quittent les centres jeunesse, prévenir les expulsions menant à la rue et bonifier le programme de soutien au loyer.
Le PLQ veut aussi augmenter le financement des ressources en itinérance, les services de santé mentale et hausser l’offre d’hébergement de transition et les services d’accompagnement.
M. Milliard a reproché au gouvernement caquiste des huit dernières années d'avoir a multiplié les programmes et les annonces ponctuelles, mais n'avoir «jamais réussi à les réunir dans un véritable parcours de sortie de rue».
«Et le résultat, c'est une hausse de plus de 20 % de l'itinérance visible en trois ans», a-t-il affirmé aux côtés de son candidat dans Vaudreuil et ex-PDG de la Mission Old Brewery, James Hughes.
La CAQ a, pour sa part, proposé de réduire les normes pour construire plus vite et régler la crise du logement. Le parti veut notamment réviser les normes de sécurité et éliminer les exigences jugées inutiles, redondantes et dépassées, s'il est réélu pour un troisième mandat.
La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a fait quant à elle campagne vendredi sur le thème de la culture.
La culture est «le ciment de notre identité», mais «malheureusement, depuis trop longtemps, nos artistes, les réalisateurs, les producteurs doivent toujours faire plus avec moins», a déploré Mme Ghazal, dans un communiqué.
Le parti de gauche s’est engagé à augmenter les budgets de la production culturelle au Québec en doublant notamment le soutien à la création offert par le Conseil des Arts et Lettres du Québec (CALQ) et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).
Afin de «garantir le dynamisme et la créativité de l'offre culturelle québécoise», un gouvernement solidaire injecterait 380 millions $ de plus par année pour le soutien offert par la CALQ et la SODEC.
Le second porte-parole de QS, Sol Zanetti, a expliqué que «ces budgets-là servent à financer des productions, des spectacles, des tournées, il y a des lieux de diffusion qui vont en profiter aussi».
— Avec des informations de Caroline Plante, Patrice Bergeron, Stéphane Blais et Thomas Laberge de La Presse Canadienne
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne