Jour 8: les chefs de parti amorcent leur deuxième semaine de campagne

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Par La Presse Canadienne, 2026
Les cinq chefs de parti ont entamé jeudi la deuxième semaine de la campagne électorale québécoise. Ils ont poursuivi leur opération séduction notamment auprès des familles et des aînés.
Au huitième jour de la campagne, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a de nouveau pris des engagements visant les électeurs âgés, portant la valeur totale de ses promesses pour ce groupe à pratiquement 2,5 milliards $.
Elle a proposé jeudi des mesures fiscales, comme une bonification de 200 $ par an du crédit d'impôt pour le soutien aux aînés. Elle a également suggéré de hausser le plafond du revenu exclu du calcul de l’impôt à 35 000 $ pour ne pas pénaliser les aînés qui choisissent de continuer de travailler dans une profession en pénurie même en touchant des prestations de régime de retraite.
Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a quant à lui courtisé les familles, en ressuscitant un engagement de la défunte Action démocratique du Québec.
Il a promis de verser 100 $ par semaine, par enfant, aux familles qui gardent leurs bambins à la maison. La mesure se chiffre à 280 millions $ par année.
Cette allocation imposable serait versée aux parents qui n'ont pas une place subventionnée et qui ne bénéficient pas d'un crédit d'impôt. Le PCQ précise également qu'au moins un des deux parents devrait travailler.
M. Duhaime a dit vouloir «donner la liberté de choix» aux parents pour la garde d'enfants.
Sa rivale caquiste y voit toutefois une mesure contre l'autonomie des femmes. Le chef conservateur «aimerait bien que les femmes reviennent davantage à la maison», a soutenu Mme Fréchette.
Fonderie Horne et télésanté
De son côté, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s'est rendu à Val-d'Or pour énoncer des engagements pour la région.
Il a été rattrapé par le dossier sensible de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.
Interrogé à savoir s'il forcerait Glencore à réduire plus rapidement ses émissions d'arsenic, M. St-Pierre Plamondon a évoqué qu'un gouvernement péquiste n'entend pas être plus sévère à l'endroit de la multinationale Glencore, propriétaire de l'entreprise.
Le chef souverainiste a dit que son intention est de respecter les ententes actuelles. Selon lui, si le PQ succède à la CAQ à la tête de l'État, ce ne serait pas son rôle comme gouvernement «de tout déchirer puis de mener une instabilité chronique à la région».
En vertu de l'autorisation ministérielle signée en 2023, la fonderie devait atteindre une cible de 45 ng/m3 en 2024 et de 15 ng/m3 d’arsenic à partir de la fin de 2027.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a fait campagne jeudi sur le thème de la santé.
Il a proposé de créer une plateforme de télésanté pour l’ensemble des Québécois, afin de leur éviter certaines contraintes, comme quitter le travail ou faire garder les enfants, pour une consultation de quelques minutes.
Le parti indique que la plateforme serait «pleinement intégrée à la première ligne et misera sur l’interdisciplinarité afin de permettre au patient d’accéder au bon professionnel selon son besoin».
Par ailleurs, M. Milliard a minimisé les préoccupations au sein de son parti quant à son début de campagne difficile. Des candidats et organisateurs du parti étaient inquiets de la campagne de leur chef, affirmant qu’elle manque de contenu et que la CAQ «mange le lunch» des libéraux, a rapporté le «Journal de Québec» jeudi matin.
«Les valeurs du Parti libéral du Québec sont connues. Elles ne sont pas négociables. On ne change pas au gré du vent et de la météo ici. S'il y a des gens qui aiment la météo avec un ciel variable, qu'ils aillent à la CAQ», a soutenu M. Milliard.
Taxer les grandes fortunes
Après une semaine de campagne, la porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a remis à l'avant-plan l'idée du parti de taxer davantage les grandes fortunes.
QS souhaite imposer davantage les quelque 4000 ménages québécois détenant une fortune de plus de 25 millions $ pour générer des revenus que la formation politique de gauche évalue à 5 milliards $.
La proposition solidaire vise à instaurer un impôt de 1 % de la valeur des fortunes de 25 millions $ et plus et de 2 % sur celles qui dépassent 100 millions $.
Mme Ghazal a dit vouloir rétablir l’équité fiscale du Québec, affirmant que les ultrariches ont vu la valeur de leurs fortunes augmenter de 46 % au cours des cinq dernières années.
— Avec des informations de Patrice Bergeron, Vicky Fragasso-Marquis, Thomas Laberge, Caroline Plante et Pierre Saint-Arnaud de La Presse Canadienne
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne