Jour 5: une volte-face de la CAQ en matière de santé vivement critiquée

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Par La Presse Canadienne, 2026
L'éducation, le logement, le gaz de schiste et la bureaucratie ont été parmi les principaux thèmes de la cinquième journée de la campagne électorale québécoise. Un engagement en matière de santé de la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, s'est toutefois particulièrement démarqué, suscitant de vives critiques chez ses adversaires.
Lundi, à Saint-Colomban, dans les Laurentides, Mme Fréchette a annoncé vouloir autoriser les médecins à pratiquer dans le secteur public et le secteur privé, sans qu'ils aient à se désaffilier de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).
La CAQ propose «d'ouvrir la discussion» avec les médecins pour permettre cette «pratique mixte». Ceux-ci devraient toutefois maintenir «une présence adéquate dans le public».
En avril 2025, le gouvernement caquiste et son ministre de la Santé de l'époque, Christian Dubé, ont fait adopter une loi qui impose une série de restrictions aux médecins afin de freiner leur exode vers le privé.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, n'a pas manqué de rappeler à Mme Fréchette que son engagement en faveur du privé s'inscrit en opposition à l'héritage de son ancien collègue.
Mme Fréchette lance «M. Dubé sous l'autobus» en démantelant ce qu'il avait mis en place, a avancé M. Milliard.
La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, croit que la cheffe caquiste «fait fausse route», qualifiant la double pratique des médecins de «fléau» qui coûte cher.
Mme Fréchette a refusé de dire que la loi adoptée en 2025 par le ministre Dubé était une erreur. Elle a soutenu que son parti «fait différemment pour la suite des choses».
Sa formation politique promet une série de mesures pour réduire les temps d'attente, notamment en augmentant le recours au privé pour les imageries médicales et en formant davantage de médecins en région grâce au réseau des Universités du Québec. Elle propose également de rediriger vers une autre région les patients du réseau public qui sont en attente depuis six mois.
Écoles publiques et des logements préfabriqués
QS a fait campagne lundi sur le thème de l'éducation. Mme Ghazal a promis, si elle devient première ministre, de mettre fin à l’école à trois vitesses.
De passage à Gatineau, elle a proposé de créer un «réseau scolaire commun qui intégrerait les écoles privées qui acceptent de cesser la sélection par les notes et les frais de scolarité en échange d'un financement à 100 % par l'État». Les écoles privées qui refusent ces conditions verraient leur financement disparaître.
Le parti de gauche veut également embaucher 1500 membres du personnel de soutien et 500 professionnels supplémentaires.
Au total, un gouvernement solidaire investirait 340 millions $ pour «redonner ses lettres de noblesse à l'école publique» et réduire de moitié le décrochage scolaire, affirme le parti.
De son côté, le PLQ est revenu à la charge avec sa promesse de construire 100 000 nouveaux logements annuellement en détaillant des mesures pour y parvenir. À Beloeil, en Montérégie, M. Milliard a annoncé vouloir miser sur le préfabriqué.
Si son parti forme le prochain gouvernement, il mettrait sur pied un programme de prêts sans intérêt par le biais d’Investissement Québec pour que les entreprises qui font de la construction préfabriquée se modernisent.
Il établirait également «une cible de 50 % des logements construits avec du financement provenant de la Société d’habitation du Québec (SHQ) réalisés grâce au préfabriqué».
Les libéraux comptent aussi donner des «leviers financiers supplémentaires» aux municipalités qui accordent des permis de construction résidentiels rapidement.
Exploiter le gaz de schiste
Au jour cinq de la campagne, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a remis à l'avant-scène le dossier de l’exploitation des hydrocarbures au Québec.
M. Duhaime veut «permettre l’exploitation responsable du gaz naturel de l’Utica», du gaz de schiste, en levant l’interdiction qui existe depuis 2022.
À Villeroy, dans la circonscription d’Arthabaska-L’Érable, le chef conservateur a soutenu que le Québec détient «une richesse immense» sous ses pieds. «Mais on continue d’envoyer notre argent aux États-Unis pour acheter le gaz dont on a besoin», a-t-il déclaré.
Selon le PCQ, l’exploitation du gaz naturel de l’Utica, une strate rocheuse sédimentaire située principalement dans les Basses-terres du Saint-Laurent, «pourrait générer environ 9,4 milliards de dollars de revenus pour l’État québécois sur dix ans».
L'ensemble des partis à l'Assemblée nationale ont voté il y a quatre ans une loi interdisant l'exploitation gazière au Québec. Elle s'inscrivait dans le cadre de l'engagement du gouvernement québécois d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050, car l'exploitation des hydrocarbures est incompatible avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique.
Ménage dans la bureaucratie
Pour sa part, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s'est engagé à faire un grand ménage dans «le gaspillage et la bureaucratie» s'il prend le pouvoir le 5 octobre prochain.
Parmi les mesures pour réaliser cet engagement, un gouvernement péquiste abolirait des postes dans le secteur public par attrition, soit en ne remplaçant pas les départs à la retraite, et il encouragerait, à l'aide d'incitatifs financiers, les départs dans des secteurs «qui ne donnent pas de services».
En outre, le PQ reverrait le ratio gestionnaires-employés et offrirait à ceux qui le veulent d'alléger leur horaire de travail.
À Sherbrooke, M. St-Pierre Plamondon a dénoncé que sous la CAQ, «la taille de la bureaucratie augmente de 24 % pendant que la population augmente de 10 %».
«C'est ce gap-là qu'on va corriger, (...) un ménage qui mènera à des économies de minimum 1,6 milliard $ par année», a-t-il promis, affirmant aussi que son plan ne prévoit aucun «licenciement forcé».
— Avec des informations de Patrice Bergeron, Thomas Laberge, Stéphane Blais et Caroline Plante de La Presse Canadienne
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne