Jour 23: l'environnement et les enjeux municipaux se pointent dans la campagne
Les préoccupations du milieu municipal ont été au coeur de la 23e journée de la campagne électorale québécoise. L'environnement s'est aussi invité pour une rare fois dans la course.
Québec solidaire (QS) a annoncé vendredi vouloir responsabiliser les grands pollueurs et leur faire payer une partie du coût de la transition écologique.
Le parti de gauche a présenté son plan environnemental dans lequel il mise aussi sur un investissement massif de 23 milliards $ en transport en commun.
QS propose d'encadrer les émissions des grandes entreprises, mettre fin aux pratiques les plus polluantes et conditionner l’aide publique à des comportements responsables.
Un gouvernement solidaire interdirait également la vente de véhicules légers neufs à essence dès 2035 et l'immatriculation de nouveaux véhicules à essence à partir de 2045.
Il mettrait aussi en place un programme de rachat des véhicules usagés, appelé «Vieux bazous». Ce dernier offrirait aux personnes qui se départissent de leurs véhicules de plus de 15 ans, un montant de 1000 $, en plus d'octroyer un laissez-passer annuel en transport en commun pour un an ou un abonnement à un service d’autopartage.
Autonomie des régions et lutte contre l'itinérance
Les cinq chefs de parti étaient invités tour à tour vendredi à prendre la parole au sommet électoral de l'Union des municipalités du Québec (UMQ).
Quelques heures avant de s'adresser aux membres de l'UMQ, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, en a profité pour présenter son plan pour l’autonomie des régions.
Ce dernier a été développé avec l’aide de l’ancien maire de Lévis Gilles Lehouillier, qui a explicitement donné son appui au PCQ. Selon lui, la formation politique est la mieux placée pour réaliser le projet de troisième lien entre Québec et Lévis.
La plateforme conservatrice sur l’autonomie des régions propose de redonner plus de pouvoirs aux régions en misant sur la création de 17 tables régionales décisionnelles.
Les conservateurs comptent aussi donner «plus de flexibilité» en permettant aux municipalités leur regroupement ou leur défusion et offrir une partie des redevances des ressources naturelles provenant des forêts, d’éoliennes, de mines ou de gaz naturel aux régions et municipalités.
Devant l'UMQ, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, s'est pour sa part engagée à ajouter un milliard de dollars supplémentaires pour financer les infrastructures en eau des municipalités.
La première ministre sortante a aussi promis la création d'un fonds d’urgence pour l'itinérance de 250 millions $. Ce montant aiderait tant les personnes en situation d'itinérance que les municipalités, a-t-elle expliqué.
Mme Fréchette a par ailleurs changé ses plans de la journée pour aller rencontrer la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, afin de discuter de la crise d'itinérance. La cheffe caquiste devait initialement s'entretenir avec le maire de Québec, Bruno Marchand.
La veille, Mme Martinez Ferrada avait interpellé Mme Fréchette après qu’un bambin a été retrouvé dans un campement de sans-abri à Montréal la semaine dernière. Les cinq chefs de parti ont exprimé jeudi leur indignation face à cette situation.
Pour sa part, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a promis vendredi un investissement d'un milliard de dollars sur quatre ans pour faire face à la crise de l’itinérance.
Le PQ détaille dans un communiqué que 400 millions $ seraient dédiés à du logement adapté et 600 millions $ pour des programmes sociaux et de la prévention.
La formation s'engage notamment à construire 2000 logements spécifiquement dédiés pour les personnes itinérantes, qui incluraient des services d'accompagnement spécialisés, notamment en santé mentale. Elle souhaite aussi embaucher 100 nouveaux travailleurs sociaux pour bonifier les équipes mixtes d’intervention avec les personnes itinérantes.
Un gouvernement péquiste viserait à réduire de 50 % l’itinérance d’ici 2030.
Éviter d'autres fiascos informatiques
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a décidé pour sa part de faire campagne sur la transformation numérique de l'État, avant son passage au sommet de l'UMQ.
Il souhaite créer une nouvelle agence: l’Agence numérique Québec. Celle-ci est décrite par le parti comme une équipe d’élite en innovation numérique.
M. Milliard promet «une équipe publique, agile et spécialisée, capable de construire des outils numériques plutôt que de toujours payer des firmes externes pour le faire».
Il s'engage à offrir «des conditions de travail concurrentielles pour attirer des développeurs, des architectes et des technologues de haut niveau».
Les Québécois sont appelés à se rendre aux urnes le 5 octobre.
— Avec des informations de Stéphane Blais, Thomas Laberge, Patrice Bergeron et Caroline Plante de La Presse Canadienne
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

