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Jour 15: l'agriculture et le TGV au menu des chefs de parti

Jour 15: l'agriculture et le TGV au menu des chefs de parti
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Le thème de l'agriculture a occupé une bonne partie du début de la troisième semaine de la campagne électorale québécoise. Les chefs de parti ont passé tour à tour devant le conseil général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), notamment pour exprimer leur position sur le projet de train à grande vitesse (TGV).

Au jour 15 de la campagne, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a présenté jeudi des engagements en agriculture.

Un gouvernement péquiste investirait 450 millions $ de plus en agriculture sur quatre ans. M. St-Pierre Plamondon a aussi dit vouloir imposer aux institutions publiques une cible de 75 % d'approvisionnement en produits québécois.

Le chef du PQ a promis que «le ministère de l'Agriculture sera un ministère très important, majeur, (...) qui reconnaîtra enfin l'apport économique de nos producteurs».

Il protégerait également le territoire agricole, notamment en retirant le Québec du projet de TGV du gouvernement fédéral.

Les chefs ont d'ailleurs tous été appelés à se prononcer sur le projet de TGV d'Alto, devant relier Québec à Toronto. L'UPA a dénoncé la perte de terres agricoles en raison d'expropriation.

Au siège de l’UPA, à Longueuil, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a clairement affirmé s’opposer à toute forme de TGV.

En plus de menacer des terres agricoles, un train à grande vitesse représente un grand risque financier, a-t-il soutenu.

Le chef conservateur a par ailleurs promis de réduire la paperasse et les exigences réglementaires pour les agriculteurs.

Chez les autres chefs de parti, ils ont plutôt exprimé une opinion favorable au développement d'un tel moyen de transport, mais avec certaines nuances.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, n'a pas caché devant les agriculteurs son appui au projet. Il a cependant reconnu que le promoteur doit faire son travail pour que le milieu agricole embarque «dans la danse».

Le promoteur «a du travail à faire pour donner accès à davantage de données» sur la fréquentation et sur «les bénéfices économiques», a expliqué M. Milliard aux journalistes.

Lors de sa rencontre avec les agriculteurs, le chef libéral a réitéré sa promesse de redistribuer 560 millions $ sur quatre ans aux agriculteurs en révisant la méthode de distribution des sommes provenant du Fonds vert.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, estime qu'un projet de TGV est possible tout en protégeant les terres agricoles. Pour y parvenir, Alto doit «faire les choses de façon intelligente», a-t-elle soutenu quelques heures avant sa rencontre avec l'UPA.

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Mercredi, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, avait rencontré le conseil général de l'UPA et avait tenté de se montrer rassurante en rappelant que le tracé actuel n'est pas définitif.

Mme Fréchette, qui appuie le projet d'Alto, a précisé jeudi qu'elle souhaite «avoir la démonstration que les conséquences négatives seront limitées au maximum».

Le consortium devra montrer que «les retombées sont d'une bonne ampleur et que le tracé a été convenu avec les différents acteurs qui sont touchés par ce projet, et ça inclut le milieu agricole et le milieu municipal», a-t-elle expliqué.

Formation professionnelle et dîners dans les écoles

L'annonce du jour de Mme Fréchette portait sur une promesse de bonifier de 400 millions $ sur quatre ans la formation professionnelle courte, afin de permettre à des travailleurs de se requalifier dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis.

Dans un troisième mandat, un gouvernement caquiste voudrait ainsi qu'environ 25 000 personnes puissent acquérir rapidement les compétences dans des secteurs où il manque de main-d'œuvre.

Le programme actuel permet de former des travailleurs dans divers domaines, tels que la construction, des services de garde éducatifs à l'enfance, de la métallurgie, du génie et des technologies de l'information et de l'agriculture.

Mme Fréchette s'est par ailleurs retrouvée à devoir dire si elle était encore ou non souverainiste. «Ma position personnelle n'a pas d'importance», a évoqué la cheffe caquiste, avant de préciser plus tard sa pensée sur les réseaux sociaux, sans encore indiquer clairement de quel côté elle penchait.

Chez QS, l'annonce du jour a porté sur une proposition déjà présentée en 2024: créer un programme d'alimentation universel dans les écoles primaires et secondaires.

Le programme serait mis en place dans les écoles progressivement jusqu'en 2031 et il serait volontaire, c'est-à-dire que les parents pourraient se retirer s'ils le souhaitent. Les parents pourront verser une contribution volontaire de 0 à 7 $, selon les plans du parti.

La gestion du programme incomberait aux centres de services scolaires, qui agiraient avec le soutien d'institutions publiques et d'organismes en sécurité alimentaire.

Le parti de gauche chiffre son engagement à 480 millions $ par année.

— Avec des informations de Caroline Plante, Stéphane Blais et Patrice Bergeron de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne