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J.D. Vance donne son avis sur l'accord commercial conclu avec le Canada

durée 20h04
20 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

WASHINGTON — Le vice-président américain J. D. Vance a donné son avis, lors d'une collecte de fonds mercredi, sur le nouvel accord commercial conclu avec le Canada.

Il a affirmé que le premier ministre Mark Carney avait tenté de se montrer «plus coriace» que le président Donald Trump, et a lancé des fleurs à son ami de longue date, le député conservateur canadien Jamil Jivani, estimant qu'il avait été un allié utile pour le Canada.

Dans un enregistrement audio de la collecte de fonds organisée à Southampton, dans l'État de New York, qui a été transmis à La Presse Canadienne par une source ayant assisté à cet évènement privé, M. Vance a dit que M. Carney était «un gars vraiment gentil» avec lequel il s'entendait très bien.

Mais, M. Carney serait aussi le genre à «entrer dans une pièce, se la jouer en clamant qu'il va, disons, jouer plus dur que Donald Trump», a ajouté M. Vance.

«C’est hilarant parce que Mark Carney présente ça comme une sorte de victoire pour le Canada alors qu’en réalité, ils font des concessions sur beaucoup de points», a confié J. D. Vance à l’assistance.

«Mais il y a cette histoire dans les coulisses, comme quoi ce député conservateur qui a une excellente relation avec nous a été un allié assez efficace», a-t-il dit à propos de M. Jivani, qui est député du comté de Bowmanville-Oshawa North, en Ontario.

Le vice-président a ajouté qu’il y avait «ce type, Pierre Poilievre, qui est le chef des conservateurs au Canada», précisant qu’il a été «sans importance» dans les négociations.

La Maison-Blanche et le bureau du vice-président n’ont pas encore répondu à une demande de commentaire.

Trêve tarifaire

M. Trump a annoncé mardi soir un accord de dernière minute visant à reporter de trois jours l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane sur toute une série de produits canadiens. Ce sursis temporaire fait suite à un entretien téléphonique avec M. Carney plus tôt dans la journée et à plusieurs semaines de négociations bilatérales intensives.

Mercredi, M. Trump a déclaré qu’il s’agissait d’un «bon accord pour tout le monde» et a ajouté que son administration entretenait «actuellement d’excellentes relations avec les dirigeants».

Selon plusieurs médias, cet accord prévoit que les États-Unis réduiront les droits de douane sectoriels sur les automobiles, l'acier, et l'aluminium canadiens. En contrepartie, M. Carney a demandé aux premiers ministres provinciaux de remettre l'alcool américain dans les rayons des magasins d'alcool.

On ignore encore quelles autres concessions le Canada a acceptées. Donald Trump a affirmé que l’accord ramènerait à zéro les droits de douane imposés aux agriculteurs américains.

Le ministre canadien responsable du commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, est retourné jeudi à Washington pour des pourparlers commerciaux avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, avant l’échéance fixée à samedi à 0 h 01 pour finaliser l’accord.

Lors d’une collecte de fonds destinée aux jeunes donateurs républicains, M. Vance a affirmé que Trump n’allait pas «se plier en quatre pour satisfaire le Canada», mais qu’il «avait vu là une occasion d’obtenir quelques gains pour le pays».

«Et le but de tout cela est de changer le comportement du Canada», a dit M. Vance. «Qui, vous savez, n’a pas complètement changé, mais a certainement pris une direction "trumpienne".»

Les relations entre le Canada et les États-Unis ont été bouleversées par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche l’année dernière, qui a imposé plusieurs rondes de droits de douane et menacé le pays d'annexion.

Les relations entre M. Trump et l’ancien premier ministre Justin Trudeau ont été particulièrement tumultueuses et ont finalement contribué à la démission de ce dernier.

Le vice-président a déclaré que M. Greer et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick menaient les négociations avec le Canada, mais qu’il s’était lui-même fortement impliqué, plus qu'à l’habitude, en raison de sa relation avec M. Jivani.

«Ce qui est intéressant, c’est qu'il s’est discrètement immiscé dans ces négociations», a confié M. Vance à l’auditoire.

Le média Axios a rapporté que les fils de Donald Trump, de M. Lutnick et de Steve Witkoff, conseiller principal du président, étaient présents à l'évènement. L'aîné du président, Donald Trump Jr., était dans l'audience.

Le rôle de coulisses du député Jivani

M. Vance s'est remémoré avoir demandé à M. Jivani pourquoi il aidait le gouvernement libéral, ce à quoi le député a répondu qu’il se souciait de savoir si le Canada allait sortir gagnant.

Il a précisé que le conservateur avait plaidé en faveur de domaines où il y avait un «gagnant-gagnant», comme les droits de douane sur l’énergie et l’automobile.

Le vice-président et le député conservateur sont amis depuis leurs études communes à Yale. M. Jivani a déjà évoqué leur amitié et précisé qu’il avait pris la parole lors du mariage de J. D. Vance.

Le vice-président a évoqué mercredi cette relation étroite, disant qu'il était un «vraiment bon gars».

M. Jivani s’est rendu à Washington à de nombreuses reprises, notamment en avril pour une réunion avec des représentants du monde des affaires canadien et M. Greer.

Lors d’une précédente visite à Washington en février dans le cadre d’une mission diplomatique en solo, le député avait rencontré à la fois M. Vance et M. Greer. Il s’était également rendu à la Maison-Blanche et avait déclaré avoir brièvement discuté avec M. Trump.

À l’époque, M. Jivani avait dit vouloir contribuer aux efforts de M. Carney visant à négocier un nouvel accord commercial avec l’administration Trump.

Le bureau du député n’a pas immédiatement répondu jeudi à une demande de commentaire.

Les démarches du conservateur auprès de l’administration Trump ont provoqué des remous au sein du Parti conservateur canadien. M. Poilievre a demandé à plusieurs reprises que tout accord avec M. Trump soit exempt de droits de douane.

M. Poilievre — qui ne s’était pas arrêté dans la capitale américaine lors de son voyage outre-frontière en mars — a publiquement réprimandé M. Jivani à la suite de sa première visite à Washington, après que ce député d’arrière-ban eut déclaré à un média de droite qu’il estimait que la réaction des Canadiens face à la guerre commerciale s’apparentait à une «crise de colère anti-américaine».

«Il parle en son nom propre et moi, je parle au nom du parti», a dit M. Poilievre le 17 février.

— Avec la collaboration de Sarah Ritchie à Ottawa

Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne

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