Incertitude politique: Rio Tinto n'est pas inquiète

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Par La Presse Canadienne, 2026
SAGUENAY — Le grand patron de la direction Aluminium et Lithium chez Rio Tinto ne s'inquiète pas d'une éventuelle incertitude politique advenant l'élection d'un gouvernement indépendantiste du Parti québécois en octobre.
En conférence de presse à Saguenay, vendredi, Jérôme Pécresse a souligné que Rio Tinto, autrefois Alcan, s'était accommodée de «différentes situations politiques» durant les 100 dernières années.
Les sondages suggèrent que le PQ demeure en avance et ses adversaires, autant le gouvernement caquiste que le Parti libéral, laissent entendre que la menace référendaire plongerait le Québec dans l'instabilité et l'incertitude.
Mais le dirigeant de la multinationale anglo-australienne a tenu à se montrer rassurant.
«La réponse la plus simple est: on a dit qu'on était là depuis 100 ans et encore un autre 100 ans», a déclaré M. Pécresse, qui était présent à la mise en service de la nouvelle partie agrandie de l'usine AP60, dans le secteur Arvida.
En effet, cette nouvelle technologie moins polluante pour produire de l'aluminium est censée assurer l'avenir de la filière pour plusieurs décennies, selon Rio Tinto.
Au côté de M. Pécresse, la première ministre Christine Fréchette et la ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, ont préféré ne pas répondre et ont laissé la parole aux dirigeants de l'entreprise.
Rio Tinto est un acteur industriel majeur au Québec. En plus de ses alumineries, elle possède un complexe métallurgique, des centrales hydroélectriques et des mines.
Au dire de M. Pécresse, les obstacles au développement de l'entreprise ne sont pas liés à des choix politiques, mais à d'autres types d'obstacles.
«Quand on réfléchit à ce qu'on peut construire dans l'avenir, les contraintes ne sont pas politiques, a-t-il commenté. Si un jour on voulait faire matériellement plus, il nous faudrait plus d'énergie.»
Éoliennes
D'ailleurs, Rio Tinto a confirmé vendredi qu'elle envisageait de se doter de parcs éoliens pour répondre à ses besoins d'énergie, en plus des six centrales hydro-électriques dont elle dispose déjà au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
En 2024, des reportages avaient déjà fait état de l'intérêt de l'entreprise, mais M. Pécresse a confirmé que c'est toujours dans les cartons.
La production éolienne «a du sens», a-t-il dit, pour «complémenter» la production hydroélectrique, qui est exposée à de plus grandes variations hydrologiques en raison des changements climatiques.
Il a précisé que la construction de parcs éoliens dans la région se ferait «avec l'accord des Premières Nations».
L'autoproduction d'électricité par une entreprise était déjà permise au Québec, mais elle a été élargie avec l'adoption du projet de loi 69.
Il autorise les producteurs d'énergie renouvelable à conclure des contrats d’achat d’électricité privés afin de vendre leur énergie à un seul consommateur situé sur un terrain adjacent à leur site de production, sur approbation du gouvernement.
Rio Tinto a déjà le droit de vendre de l'électricité produite par ses centrales à d'autres clients au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Patrice Bergeron, La Presse Canadienne