Guilbeault critique le pipeline de Carney et déplore l’impact sur les finances

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — L’annonce du premier ministre Mark Carney sur le projet d’oléoduc qui doit relier les sables bitumineux du nord de l’Alberta au sud de la Colombie-Britannique, jeudi, fait grincer des dents l’ancien ministre de l’Environnement Steven Guilbeault, qui dénonce une fois de plus son ancien parti politique.
Après avoir promis «dans le projet d’entente avec l’Alberta que la construction d’un éventuel pipeline devrait être financée par le privé», le premier ministre Mark Carney a annoncé que «le Canada et l’Alberta seraient des partenaires à parts égales», ce qui est une «mauvaise nouvelle», a dénoncé Steven Guilbeault sur les réseaux sociaux, au lendemain de l'annonce.
«Les contribuables vont devoir financer un autre projet alors que les pétrolières vont faire 60 milliards $ de profit cette année», a déploré le député de Laurier–Sainte-Marie.
Des dizaines de milliards à l'industrie pétrolière
Jeudi à Calgary, le premier ministre Mark Carney et la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, ont annoncé que l’Alberta avait officiellement soumis un tracé au bureau fédéral de grands projets.
Le dossier indique que le coût total est estimé entre 35,2 milliards $ et 43,7 milliards $, frais imprévus compris.
Selon le communiqué du gouvernement, le futur oléoduc permettra de «transporter quotidiennement un million de barils de pétrole vers les marchés mondiaux», en passant par la Colombie-Britannique.
«Si le pipeline est construit vers la Colombie-Britannique, il le sera vers le sud plutôt que vers le nord, ce qui veut dire moins d’impacts environnementaux et moins d’opposition des peuples autochtones», ce qui constitue, «une bonne nouvelle, ou moins mauvaise nouvelle», a commenté Steven Guilbeault.
La société Pembina Pipeline détiendrait une participation économique de 10 % dans la phase de construction du projet et jusqu’à 10 % une fois que le projet entrera en phase d’exploitation.
Le Règlement sur l'électricité propre malmené
Le communiqué publié par le bureau du premier ministre Carney lors de l’annonce de jeudi fait état d’un accord de mise en œuvre, signé en mai dernier, qui favoriserait «l’augmentation de la production de pétrole, de gaz et d’électricité de l’Alberta, et la poursuite des progrès vers l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050».
Pour Steven Guilbeault, il est «désormais clair» que le «Règlement sur l’électricité propre sera, sinon aboli, sérieusement affaibli afin de permettre une plus grande production d’électricité à partir de combustibles fossiles», même si celle-ci «est plus polluante et plus coûteuse pour les consommateurs».
Le règlement en question, qui était une mesure importante du gouvernement précédent, visait à «interdire les émissions excessives générées par la production d’électricité à partir de combustibles fossiles».
Celui qui quittera ses fonctions de député de Laurier—Sainte-Marie le 28 août déplore que «tout cela se produise alors que nous assistons à des vagues de chaleur frappant de nombreuses régions du globe, et que le nord du Québec connaît quatre fois plus de feux de forêt que ce que nous observerions normalement à cette période de l’année».
Plus de pétrole, plus de GES
Le secteur pétrolier et gazier est la principale industrie responsable des changements climatiques et au Canada, les gaz à effet de serre émis par cette industrie sont en hausse, année après année.
Même si le Canada a légèrement réduit ses émissions de GES en 2024, celles du secteur du pétrole et du gaz ont continué d’augmenter, en produisant 208 mégatonnes d’équivalent CO2, selon l’inventaire officiel de gaz à effet de serre du Canada.
Depuis 1990 au pays, «la production des sables bitumineux a augmenté de plus de 900 % et les émissions ont subi une hausse de plus de 77 Mt d’éq. CO2», toujours selon l’inventaire officiel de gaz à effet de serre du Canada.
Stéphane Blais, La Presse Canadienne