Éric Duhaime et Ruba Ghazal présentent leur vision sur le logement

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les chefs de parti Éric Duhaime et Ruba Ghazal ont présenté samedi leur vision, sur la plupart des points opposée, du logement lors d'un débat à l'Université de Montréal.
M. Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a fait valoir sa position sur la nécessité d'un libre marché, tandis que la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a indiqué que «le logement n’est pas une marchandise comme n’importe quelle autre» et qu'il ne faut pas que le secteur devienne un «Far West».
Les deux politiciens à l'opposé de l'échiquier politique ont débattu sur un ton cordial, dans le cadre du Forum de la relève immobilière, un événement organisé par un groupe d'étudiants de HEC Montréal, ImmoHEC.
Plusieurs questions du débat modéré par Benjamin Joanis, directeur interne d'ImmoHEC, concernaient l'accès des jeunes à la propriété.
D'entrée de jeu, Mme Ghazal a indiqué qu'il est difficile pour les jeunes d'être aujourd'hui propriétaires. Elle a fait valoir que QS travaille actuellement sur sa plateforme électorale afin de proposer des solutions à la crise du logement, en vue des élections de l'automne prochain.
La co-porte-parole de QS a affirmé que ces solutions incluent le contrôle du marché locatif afin que l'augmentation annuelle des loyers ne puisse pas dépasser l'inflation et l'exigence de plus de transparence dans les transactions immobilières.
«Le contrôle des loyers, c’est une mesure d’urgence en ce moment, parce que c’est toute la société qui paie la crise du logement», a déclaré Mme Ghazal.
«Et après ça, il va falloir avoir des mesures structurantes», a-t-elle ajouté, précisant qu'actuellement, il n'y a «pas de pénurie de logements très chers», mais bien un manque de logements que les locataires peuvent se permettre.
Le chef conservateur a plutôt fait valoir son opposition au contrôle des loyers.
«Regardez ce qui se passe quand, pendant des décennies, on essaie de contrôler les loyers. On fait en sorte que les gens n’ont plus d'intérêt à rénover leurs appartements locatifs. Ça fait en sorte qu’il a de moins en moins d'investissements pour de nouvelles constructions», a dit M. Duhaime.
«Si on veut véritablement avoir une solution à long terme pour le logement, il faut laisser les investisseurs investir, il faut augmenter l'offre, a soutenu M. Duhaime. Il faut qu'il y ait plus de construction, plus d'investisseurs, plus d'accessibilité, moins de règlements, moins des permis, de délai, de taxes de toutes sortes.»
Mme Ghazal a rétorqué qu'il ne faut pas donner l'ensemble du contrôle du marché au secteur privé, même s'il faut construire «toutes sortes de logements».
«Mais qui décide qu'est-ce qu'on construit, où, et pour qui? Qui décide ça? Si on laisse le Far West totalement s'en aller, ça va être les gens qui ont le plus d'argent, les investisseurs qui vont décider. C'est ça qui va arriver, parce que, des fois, il y a des marchés où il n'y a pas de profits à faire», a dit la co-porte-parole de QS.
«Le logement n'est pas une marchandise comme n'importe quelle autre», a-t-elle ajouté.
M. Duhaime a contesté ces propos, en donnant pour exemple le Règlement pour une métropole mixte, à Montréal, qui sera supprimé par l'administration de la nouvelle mairesse, Soraya Martinez Ferrada. Le Règlement visait à obliger les promoteurs immobiliers à inclure environ 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de logements familiaux dans leurs projets.
«Ça a été un échec de vouloir contrôler le pourcentage de quel type de loyer, a dit le chef conservateur. Ce n'est pas le rôle de l’État de faire ça.»
«C'est toujours beau en théorie, mais ça donne des désastres dans la réalité, les politiciens qui ne se mêlent pas de leurs affaires», a-t-il renchéri.
Coralie Laplante, La Presse Canadienne