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Engouement pour l’investissement: les grands projets se heurtent à des obstacles

Engouement pour l’investissement: les grands projets se heurtent à des obstacles
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le premier sommet canadien de l’investissement a suscité un vif intérêt, montrant que le pays est ouvert aux affaires, mais, selon des experts, le véritable défi consistera à déterminer si cette dynamique pourra se traduire par des projets d’envergure capables de surmonter les pénuries de main-d’œuvre, les préoccupations locales, les obstacles environnementaux et la lenteur des procédures d’autorisation.

Organisé à Toronto pendant deux jours par le premier ministre Mark Carney et deux des plus grands fonds de pension canadiens, ce sommet visait à créer un flux soutenu d’investissements privés destinés à des projets d’envergure au Canada.

Il a donné lieu à une avalanche d’annonces de financements de plusieurs milliards de dollars qui, selon Ottawa, s’inscrivent dans son objectif plus large d’attirer au total mille milliards de dollars d’investissements au Canada sur cinq ans.

Cependant, selon des observateurs, le succès à long terme de cette offensive en matière de capitaux dépendra de la capacité du pays à transformer l’intérêt des investisseurs en projets concrets, financés, approuvés et réalisés.

Rachel Samson, vice-présidente de la recherche à l’Institut de recherche en politiques publiques, souligne que des mesures telles que l’incitation fiscale sous forme de «mégadéduction à la productivité» et l’approche réglementaire simplifiée «un projet, une évaluation, une année» rendent le Canada attrayant pour les investisseurs.

«Cela montre que les projets ne seront pas enlisés comme cela a pu être le cas par le passé, affirme Mme Samson. Mais nous devons prouver que cela fonctionne.

«Il ne suffit pas d’avoir une brochure tape-à-l’œil, il faut vraiment démontrer que les investissements peuvent être réalisés comme ils sont présentés.»

Le sommet comprenait un prospectus de 66 pages présentant plus de 160 projets dans les domaines de l’énergie, des minéraux et de l’exploitation minière, des infrastructures maritimes et portuaires, de l’électricité et des services publics, des technologies numériques, de la fabrication de pointe et des transports.

Réduction du risque perçu

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Patrick Leblond, professeur agrégé en affaires publiques et internationales à l’Université d’Ottawa, précise que la dynamique d’investissement suscitée par le sommet contribuera à réduire le risque perçu lié aux investissements dans des projets à grande échelle au Canada.

Même si certains de ces investissements pouvaient de toute façon voir le jour, il souligne que cet engouement attire des capitaux supplémentaires et montre au monde entier que le Canada est une destination d’investissement attrayante.

Cependant, M. Leblond indique que les projets peuvent rester au point mort pendant des années sans le soutien des communautés locales et des populations autochtones, sans main-d’œuvre suffisante et sans processus réglementaire simplifié, ce qui peut faire perdre tout intérêt aux investisseurs.

«La priorité absolue est d’obtenir l’adhésion des communautés concernées par ces projets, avance-t-il. Il faut qu’elles y adhèrent.»

Bon nombre des projets proposés concernent les énergies conventionnelles, les minéraux et les métaux, des secteurs qui suscitent souvent une opposition plus forte en raison des préoccupations environnementales.

«Bon nombre de ces projets miniers et énergétiques concernent des communautés autochtones et, si nous ne parvenons pas à les rallier à notre cause, elles pourraient finir par bloquer ces initiatives, ce qui pousserait alors les investisseurs à se tourner vers d’autres horizons», explique M. Leblond.

La main-d’œuvre constitue le deuxième obstacle potentiel majeur au succès des projets à grande échelle, ajoute-t-il.

«C’est très bien de construire des pipelines, des mines ou un réseau ferroviaire à grande vitesse, énumère M. Leblond. Mais qui seront les ingénieurs, les métallurgistes, les ouvriers? D’où viendront-ils?»

Brett Bundale, La Presse Canadienne