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En attente d’un CHSLD: 726 patients occupent des lits d'hôpitaux au Québec

durée 04h30
3 septembre 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTREAL — Le nombre de patients qui occupent des lits d'hôpitaux en attente d'une place en CHSLD est en augmentation. Une situation qui n'est pas nouvelle, mais qui continue d'être critiquée, puisque cela accapare des ressources hospitalières, d'autant plus que l'hôpital n'est pas un milieu de vie adéquat pour une personne âgée.

Selon des données obtenues par La Presse Canadienne via une demande d'accès à l'information, on comptait 726 patients hospitalisés en attente d'une place en CHSLD, en date du 3 août 2026. Il s’agit de patients qui n’ont pas besoin d’être hospitalisés, mais qui ne peuvent pas vivre à la maison en raison de leur condition médicale. Ils attendent ainsi un lit en CHSLD à partir de l’hôpital.

Certains hôpitaux ont un nombre particulièrement élevé de ce type de patients. À l'hôpital Pierre-Le Gardeur, dans Lanaudière, 43 patients sont sur la liste d'attente d'un CHSLD en occupant un lit d'hôpital. À l'Hôpital Charles-Le Moyne, en Montérégie, ils sont 37 patients, et à l'Hôpital général juif, à Montréal, ils sont 30 patients.

Les données montrent une tendance à la hausse. On comptait 568 patients hospitalisés en attente d'une place en hébergement avec soins de longue durée pour l'année financière 2023-2024. Chaque année depuis, environ une cinquantaine de patients de plus se retrouvent dans cette situation. La vaste majorité est hors délais (en attente depuis plus de sept jours).

L'importance du soutien à domicile

Il fallait s'attendre à une hausse, selon Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades (CPM), puisque la population est vieillissante.

Le Réseau de coopération des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) ainsi que le CPM sont tous deux d'avis que la solution passe par de meilleurs soins et services à domicile.

«Une des solutions que des CLSC ont trouvées, c'est qu'un ou une soignante va visiter régulièrement les personnes âgées chez elles, explique Paul Brunet. [...] Quand on les suit chez eux, ils sont moins malades, ils ont moins besoin d'être hospitalisés et ils ont moins besoin d'attendre pour un lit en CHSLD. Étant mieux chez eux, ils sont bien et ils n'encombrent pas ni l'urgence ni le CHSLD, parce qu'on s'occupe d'eux.»

M. Brunet déplore qu'on offre du soutien à domicile à plus de gens, mais avec une réduction du nombre d'heures offertes.

Le directeur général des EÉSAD, J. Benoit Caron, constate dans ces données, qui sont tirées de la Régie de l'assurance maladie du Québec, une croissance au niveau de la consommation des services d'aide à la vie domestique et des services d'assistance personnelle.

«Quand il y a une perte d'autonomie, le premier service dont on a besoin, c'est d'avoir de l'aide pour continuer à vivre convenablement en salubrité et sécurité dans son environnement immédiat», souligne M. Caron.

Il se réjouit que le gouvernement ait annoncé il y a quelques semaines qu'il étendait à six nouvelles régions le projet vitrine de soutien à domicile simplifié qu'il avait démarré dans le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Montérégie-Est.

«Jusqu'à maintenant, quand on avait une perte d'autonomie qui demandait des services d'assistance personnelle, [...] on appelait au CLSC, dans le réseau public, et on attend quelque temps, souvent quelques mois. Là, avec ce qu'on a lancé en début d'année avec le gouvernement du Québec, l'usager qui appelle va avoir des services immédiats. Beaucoup plus rapidement», décrit M. Caron.

Les personnes qui bénéficient des aides à domicile auront droit à des tarifs réduits, établis en fonction de leur revenu. «Il faut savoir que les services étaient déjà offerts, c'est l'aide financière qui n'était pas là ou c'était un grand détour par le réseau public», précise M. Caron.

L'hospitalocentrisme

M. Brunet critique l'approche hospitalocentrisme qui prévaut au Québec. Il cite l'exemple modèle du CLSC de Verdun. Le recours à une consultation à l’urgence ou une hospitalisation a pu être évité pour plus de 60 % des patients grâce aux interventions de l’équipe de soutien à domicile aigu.

Selon lui, il n'y a pas assez de modèles comme celui de Verdun ailleurs au Québec.

M. Caron expose plutôt la culture du déménagement. Selon lui, les personnes âgées ont de la difficulté à demander de l'aide, par exemple pour des tâches ménagères, alors qu'ils ne sont pas nécessairement malades.

«Au Québec, on a une culture, quand on est vieux, on déménage, que ce soit des proches aidants, que ça soit des aînés, le concept de l'aide à domicile, le concept d'avoir des services sans être dans le réseau de la santé, sans être malade, c'est un concept qui n'est pas connu au Québec», affirme-t-il.

Il rappelle que les EÉSAD sont en complémentarité du réseau de la santé. «On peut intervenir en amont de façon à prolonger, tant que cela est possible et correct pour l'usager», dit-il. Lorsque la condition de santé est trop sévère, le réseau de la santé prend le relais.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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