Égalité homme-femme: Christine Fréchette se dit préoccupée par des reculs

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — L'aspirante cheffe caquiste Christine Fréchette se dit inquiète de la montée du discours masculiniste qui fait reculer l’égalité entre les hommes et les femmes.
«Les gens se sentent un peu désinhibés. Ils se sentent libres d'exprimer franchement des propos qui vont à l'encontre des femmes, et ça, ça me préoccupe grandement», a-t-elle affirmé en entrevue avec La Presse Canadienne.
La recrudescence du discours masculiniste a été documentée dans plusieurs médias dans les derniers mois. Fin février, une étude indiquait que des enseignants observaient une augmentation des propos intolérants d’élèves envers plusieurs groupes, dont les femmes.
«Il faut faire en sorte de sensibiliser au plus jeune âge possible, tant les filles que les garçons. Les filles quant au fait qu'il y a des propos qui sont inacceptables, et les garçons quant au fait que l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est une valeur bien établie au Québec», soutient celle qui veut succéder à François Legault à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Rappelons qu’il y a eu sept féminicides sur le territoire du Québec depuis le début de l’année.
Comme Bernard Drainville, son adversaire dans la course à la chefferie, Christine Fréchette veut faire adopter un projet de loi inspiré par la «loi de Clare» qui vise à permettre aux femmes de connaître les antécédents de violence de leur conjoint.
Le gouvernement Legault s’est déjà engagé à aller de l’avant avec une telle mesure.
Christine Fréchette propose aussi l'ajout de 50 ressources supplémentaires dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Ces ressources permettront d'offrir davantage d'accompagnement sociojuridique, de suivi psychosocial et de services post-hébergement.
La candidate à la chefferie estime le coût de sa mesure à près de 4 millions $ annuellement.
«Les demandes d'hébergement de la part de femmes victimes de violence ne sont pas toutes répondues. (...) Il faut faire en sorte d'agir parce qu'on n'a pas le luxe d'attendre que les choses se règlent d'elles-mêmes», explique-t-elle.
Christine Fréchette a été nommée au Conseil du statut de la femme à 26 ans. Elle y est restée durant neuf ans. Si elle est élue cheffe de la CAQ, elle deviendra la deuxième femme première ministre du Québec après la péquiste Pauline Marois.
Durant l’entrevue, elle n’hésite pas à s’accoler l’étiquette féministe.
«Je pense qu'il n'y a pas nécessité d'associer quelque chose de péjoratif à ça. Sous plusieurs angles, les femmes accusent un certain retard par rapport aux hommes, que ce soit, par exemple, au niveau salarial. (...) Donc l'égalité de droit, elle existe, mais l'égalité dans les faits, est encore à atteindre», soutient-elle.
Elle assure qu’elle va chercher à atteindre la zone paritaire, que ce soit pour les candidatures aux prochaines élections ou encore lors de la composition de son éventuel conseil des ministres.
Mais la CAQ peine à reconnecter avec les Québécois, et aussi les Québécoises. Selon le plus récent sondage Léger publié cette semaine, la CAQ ne récolte que 11 % des intentions de vote chez les femmes.
«À partir du moment où il y aura un nouveau chef, je pense que les femmes vont porter un regard renouvelé sur la CAQ. Et je le sens déjà, parce qu'il y en a plusieurs – et des hommes et des femmes – qui me disent 'il me semble que l'heure est venue qu'on ait une femme à la tête du gouvernement'», a-t-elle dit.
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La Presse Canadienne a parlé avec les deux aspirants successeurs de François Legault dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, afin de savoir comment ils se positionnent sur les questions de conditions féminines. L’entrevue avec Bernard Drainville fait l’objet d’un autre texte.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne