Donald Trump affirme qu'il «préférerait ne pas» avoir l'ACEUM

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Par La Presse Canadienne, 2026
WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi qu’il préférerait que l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique ne soit pas en vigueur et a livré un message ambigu quant à l’avenir de cet accord commercial.
«Nous nous en sortons mieux sans cet accord», a dit M. Trump aux journalistes en France, où il assistait au Sommet du G7.
Cet accord commercial continental, connu au Canada sous le nom d’ACEUM, doit faire l’objet d’un réexamen obligatoire, mais les commentaires de l’administration Trump indiquent que les États-Unis comptent dépasser la date butoir du 1er juillet.
Cela déclencherait un réexamen annuel renouvelable pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, à l’issue de laquelle l’ACEUM expirerait s’il n’était pas renouvelé.
Le Canada et le Mexique ont tous deux demandé une prolongation de 16 ans de l’accord.
L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). À l’époque, Donald Trump l’avait qualifié de «meilleur accord commercial de tous les temps».
Depuis, il a qualifié l’ACEUM d’«obsolète» et a souligné qu’il avait peut-être rempli sa mission.
M. Trump a indiqué mercredi qu’il aimait l’ACEUM, car il avait permis aux États-Unis de se retirer de l’ALENA. Il a ajouté qu’il préférerait «ne pas le signer» ou «y mettre fin».
Invité à clarifier ces propos, M. Trump a répondu: «Je préférerais ne pas avoir cet accord, mais je pourrais le signer.»
Pressé de préciser s’il avait l’intention de retirer les États-Unis de l’ACEUM ou de le laisser faire l’objet d’une révision annuelle, M. Trump a énoncé qu’il préférerait qu’il n’y ait pas d’accord, mais qu’il était ouvert à son maintien, ajoutant: «Je considère qu’il pourrait expirer immédiatement.»
L’ACEUM reste en vigueur à moins qu’un des pays ne notifie son retrait avec un préavis de six mois. Le Canada et le Mexique ont tous deux indiqué qu’ils souhaitaient maintenir cet accord trilatéral.
Compte tenu du degré d’intégration de nombreux secteurs en Amérique du Nord, la plupart des experts ne pensent pas que les États-Unis se précipiteraient pour quitter l’accord.
Christopher Sands, directeur du Centre d’études canadiennes de l’université Johns Hopkins, a souligné que la date du 1er juillet constituait une étape importante, et non une date butoir. Il a comparé cette situation «au moment, dans une partie de poker, où les joueurs dévoilent leurs cartes».
«Chaque pays indique s’il est prêt à renouveler l’Accord de l’ACEUM pour 16 années supplémentaires, à s’en retirer complètement, ou ni l’un ni l’autre — c’est-à-dire à ne pas le renouveler sans pour autant s’en retirer, a expliqué M. Sands dans un courriel. Le retrait est la seule option unilatérale, tandis que le renouvellement nécessite un accord unanime.»
Il est peu probable que les États-Unis demandent une prolongation de 16 ans en juillet, mais l’accord commercial reste en vigueur pendant que les pays poursuivent leurs négociations.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a observé que certains «piliers» de l’accord commercial continental fonctionnaient bien. Il a également indiqué qu’il serait ouvert à la conclusion de deux accords bilatéraux distincts.
Les négociations commerciales entre le Mexique et les États-Unis ont commencé, mais Ottawa et Washington n’ont pas encore entamé de pourparlers officiels.
Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, a rencontré M. Greer en marge du G7 mardi et a déclaré que les discussions commerciales avec son homologue américain n’étaient pas un «dialogue à sens unique».
L’accord commercial continental a protégé le Canada et le Mexique d’une grande partie des droits de douane imposés par M. Trump. Le droit de douane américain global actuel de 10 % ne s’applique pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.
Le Canada est également durement touché par les droits de douane distincts imposés par Donald Trump à des secteurs tels que l’acier, l’aluminium, l’automobile et la menuiserie.
Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne