Des résidants de l’ouest de Montréal réclament des mesures contre les inondations

Temps de lecture :
3 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Plus d’une centaine de résidants se sont rassemblés lundi soir devant la mairie de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, à Montréal, pour exiger une réaction plus rapide de la Ville lorsque surviennent des inondations.
Cette mobilisation a eu lieu en marge de la première réunion du conseil d’arrondissement depuis les inondations qui ont touché des centaines de logements dans l’Ouest-de-l’Île, en juin.
La frustration grandit chez de nombreux propriétaires, qui affirment avoir dépensé des dizaines de milliers de dollars pour réparer les dégâts causés par les inondations, pour finalement voir leur maison être inondée à nouveau.
Plusieurs d'entre eux craignent une hausse de leurs primes d’assurance et une baisse de la valeur de leur bien immobilier. Ils se demandent s’il est financièrement judicieux de reconstruire une nouvelle fois.
«Je suis complètement paranoïaque maintenant», a mentionné Jeffrey Cooper, dont la maison de Pierrefonds a été inondée en août 2024, puis en juin dernier.
M. Cooper a expliqué que sa famille avait dépensé environ 50 000 $ pour remettre en état son sous-sol après l’inondation de 2024, en installant un clapet antiretour, des pompes supplémentaires et d’autres mesures de protection censées empêcher une nouvelle catastrophe.
Moins de deux ans plus tard, bien qu’il ait fait fonctionner quatre pompes pendant la tempête survenue en juin, l’eau a de nouveau envahi son sous-sol.
Selon Environnement Canada, environ 150 millimètres de pluie sont tombés sur certaines parties de l’ouest de Montréal et de la Rive-Sud en l’espace de quelques heures lors de la tempête.
M. Cooper a dit n’avoir jamais vu d’équipes municipales intervenir dans sa rue après l’inondation.
L'arrondissement se défend
Lors de la réunion de lundi, le maire de Pierrefonds-Roxboro, Jim Beis, a défendu la réaction de l’arrondissement. Il a affirmé que les équipes d’urgence avaient traité plus de 300 appels pendant la tempête et que l’ampleur des dégâts avait nécessité plusieurs semaines de nettoyage.
L’arrondissement a maintenu que cette tempête constituait un événement météorologique sans précédent, dépassant les normes saisonnières et les modèles climatiques habituels.
La porte-parole de l’arrondissement, Marie-Pier Cloutier, a indiqué dans des courriels envoyés à La Presse Canadienne que les équipes des travaux publics, la police et les pompiers avaient été immédiatement mobilisés, et que des collectes spéciales de débris avaient depuis été menées à bien.
Mme Cloutier a souligné que les autorités continuaient d’évaluer les mesures visant à réduire l’impact de futures précipitations extrêmes. Elle a rappelé que l’adaptation aux risques liés au climat est une responsabilité partagée avec les propriétaires.
Après les inondations, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, avait assuré que la Ville continuerait d’investir dans les infrastructures d’égouts et de drainage. Elle avait toutefois noté que les précipitations avaient été si intenses que même des réseaux modernisés auraient probablement eu du mal à y faire face.
Mesures concrètes
Pendant le rassemblement devant la mairie de l’arrondissement, Paul Henry Danylewich, président de l’Association des citoyens de Dollard-des-Ormeaux, discutait avec les propriétaires, écoutait leurs témoignages et encourageait les habitants de tout l’Ouest-de-l’Île à soutenir les victimes des inondations à Pierrefonds-Roxboro.
«Nous en avons assez d’entendre qu’ils vont étudier les résultats, a martelé M. Danylewich. Ce qui compte, c’est l'imputabilité, et ensuite, ce que nous attendons, ce sont des mesures concrètes.»
M. Danylewich a précisé que les résidants souhaitaient que la Ville aille au-delà des études techniques et des consultations en présentant un échéancier précis pour la modernisation des infrastructures.
Des requêtes ont été déposées devant la Cour supérieure du Québec au début du mois afin d’obtenir l’autorisation d’intenter deux actions collectives, alléguant que les autorités de Montréal, notamment l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, ainsi que la municipalité de Dollard-des-Ormeaux, qui gère ses propres infrastructures locales, n’ont pas pris les mesures adéquates pour atténuer les risques d’inondation connus.
Avant la réunion de lundi, l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro avait indiqué que la salle du conseil pourrait accueillir environ 70 personnes. M. Danylewich a critiqué cette capacité limitée, affirmant que de nombreux résidants souhaitant s’adresser aux élus se verraient refuser l’accès.
«C’est insensé que les gens doivent faire la file pour faire entendre leur voix et que la majorité d’entre eux ne puissent pas entrer dans la salle», a-t-il dénoncé.
M. Beis a annoncé un nouveau programme de l’arrondissement qui permettra à des experts de se rendre dans jusqu’à 75 logements lors d’une première phase afin d’évaluer les propriétés et de recommander des mesures visant à réduire les dégâts liés aux inondations à l’avenir.
Philipp Maux, un résidant, a salué cette initiative, mais a estimé qu’elle était bien en deçà de l’ampleur du problème.
«Soixante-quinze logements, ce n’est pas suffisant, a tranché M. Maux. Des centaines de logements ont été inondés.»
Charlotte Glorieux, La Presse Canadienne