Des millions de données de la LNH pour intéresser les jeunes aux maths

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Miser sur la fièvre du hockey pour motiver les jeunes à apprendre les mathématiques. C’est le pari d’un nouveau jeu éducatif développé par un laboratoire de HEC Montréal en collaboration avec la Ligue nationale de hockey (LNH).
Laboratoire ERPsim a créé un jeu, accessible gratuitement aux professionnels de l’éducation, en collaboration avec la LNH, le géant technologique SAP ainsi que deux professeurs de l’UQAM et de l’Université de Sherbrooke.
À partir d’une base de près de 1,5 million de données de la LNH, les chercheurs ont créé des problèmes mathématiques variés pour différentes étapes du parcours scolaire, du secondaire à l’université.
Les mathématiques ne sont jamais bien loin de ce qui se passe sur la glace, souligne le directeur du laboratoire et professeur de HEC Montréal, Pierre-Majorique Léger, en entrevue.
«Les jeunes passionnés de hockey, qui en parlent dans la cour d’école au secondaire, ils vont retourner en classe en se demandant: "pourquoi ils apprennent ça", illustre le professeur. Finalement, ils font des statistiques tous les jours en parlant de hockey.»
Avec le hockey comme toile de fond, le jeu soumet des problèmes de géométrie, de statistiques ou même de l’analyse plus poussée de données au niveau universitaire. «Dans le fond, le tir au but, c'est un triangle, évoque M. Léger. Ça permet vraiment de contextualiser l'apprentissage.»
La grande variété de données produites par notre sport national donne «un environnement parfait pour enseigner la pensée critique», abonde le directeur principal des applications pour entraîneurs de la LNH, Brant Berglund, dans une déclaration écrite.
M. Léger, qui est lui-même un amateur de hockey, a trouvé de nombreux faits intéressants dans la mer de données de la LNH. «De le voir d’un point de vue mathématique, c’est assez intéressant.»
Il parle des buts comptés à partir d’un petit angle, qui sont les plus «spectaculaires», selon lui. «L’année passée, le joueur qui avait le plus de chance de compter un but à partir d’un petit angle, c’était Leon Draisaitl (l’attaquant étoile des Oilers d’Edmonton)», donne en exemple le professeur.
Apprendre par le jeu
L’apprentissage actif par le jeu est une méthode efficace, explique M. Léger, qui s’intéresse à l’utilisation de la technologie dans l’apprentissage, notamment pour les étudiants en gestion, depuis 25 ans.
Le côté ludique donne envie aux jeunes de garder les yeux sur la rondelle. «Le jeu, ça crée toujours un niveau d'adrénaline et de passion qui fait en sorte que les gens développent des compétences tout en étant très engagés dans la pédagogie», souligne le professeur.
Cette approche est utile à un moment où la réussite scolaire des garçons est une source de préoccupation. «Ça marche pour tous les apprenants, mais ça marche bien chez les gars», indique-t-il.
Le hockey n’est pas qu’une affaire de gars, comme le démontre l’engouement suscité par la Victoire de Montréal. M. Léger espère tout de même que cet outil contribuera à «ramener» des garçons vers les mathématiques.
L’apprentissage actif est aussi une manière de «combattre» l’intelligence artificielle (IA) à un moment où de nombreux étudiants confient leurs devoirs à ChatGPT, ajoute le professeur.
«Dans le domaine de l'éducation, c’est un grand problème, déplore-t-il. On veut que les étudiants pensent par eux-mêmes et c’est ce qu'on a fait avec le jeu.»
Stéphane Rolland, La Presse Canadienne