Des militants sikhs du Canada ont été avertis par la police d'une menace de mort

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Par La Presse Canadienne, 2026
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a adressé des lettres d'«obligation d'avertissement» à au moins deux militants sikhs canadiens, les informant que leur vie était menacée en raison de leur implication dans la tentative de création d'un État sikh indépendant en Inde.
La police a adressé ces avis à Inderjeet Singh Gosal, de Caledon, en Ontario, et à Manjinder Singh, d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, leur indiquant qu’il existait des menaces crédibles, graves et imminentes pesant sur leur vie, sans toutefois pouvoir fournir davantage de détails.
Les documents, obtenus par La Presse Canadienne, précisent que, bien qu’il n’y ait pas de menace contre leur famille ou leurs amis, ces personnes pourraient être blessées lors d’un éventuel attentat contre leur vie.
«Vous pourriez vous mettre en danger si vous passez du temps dans une résidence, un véhicule ou un lieu fréquenté par des personnes menant une vie criminelle.»
M. Gosal est le coordinateur canadien des référendums non contraignants organisés au sein des communautés sikhes du monde entier, visant à déterminer si celles-ci souhaitent la création d’un État sikh indépendant — connu sous le nom de Khalistan — au sein de l’Inde.
M. Gosal a déclaré mardi lors d’une entrevue à Caledon que ce mouvement était pacifique et ne tolérait pas la violence, ajoutant que ces menaces ne modifieraient en rien les préparatifs du prochain référendum prévu à Edmonton en octobre.
«Pour me faire arrêter de faire ce que je fais — ce qui est impossible — les menaces continueront d’affluer», a déclaré M. Gosal.
«Je sais à quoi je me suis engagé, a-t-il ajouté. Cela irait à l’encontre de mes convictions, et fuir ou me cacher n’est pas mon genre.»
L’ancien organisateur canadien Hardeep Singh Nijjar a été abattu à Surrey, en Colombie-Britannique, en juin 2023. Cet assassinat a été lié à des groupes criminels organisés basés en Inde.
En juillet, le département d'État américain a annoncé l’arrestation de 24 suspects à travers le monde pour des infractions commises par des groupes criminels basés en Inde, notamment l’assassinat de Nijjar devant le temple sikh qu’il dirigeait avant sa mort.
Le bandit Lawrence Bishnoi, actuellement incarcéré en Inde, a été inculpé pour avoir ordonné l'assassinat de M. Nijjar.
Des militants sikhs ont accusé le gouvernement indien d’être à l’origine de la mort de M. Nijjar, une accusation que l’Inde a niée à plusieurs reprises.
Les relations entre le Canada et l’Inde se sont détériorées après l’assassinat de M. Nijjar, lorsque l’ancien premier ministre Justin Trudeau a déclaré à la Chambre des communes en 2023 que des «agents du gouvernement indien» avaient été impliqués dans ce meurtre.
Ce différend a conduit les deux parties à expulser leurs diplomates respectifs.
L’actuel premier ministre, Mark Carney, a invité le premier ministre indien Narendra Modi au sommet du G7 en Alberta l’été dernier, estimant que l’Inde figurait parmi les plus grandes économies mondiales et restait un acteur clé des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le groupe organisateur des référendums canadiens, «Sikh’s for Justice», a déclaré qu’un troisième organisateur en Colombie-Britannique avait reçu un avertissement verbal de la part de la police canadienne.
La GRC n’a confirmé aucun de ces avertissements.
Les lettres types envoyées par la police aux deux hommes leur demandaient de cocher «oui» ou «non» pour indiquer s’ils comprenaient la situation.
«Si vous ne souhaitez pas bénéficier de l’aide de la police, nous vous suggérons de prendre les précautions appropriées et légales pour vous-même, votre famille et vos amis.»
M. Gosal a déclaré avoir reçu plusieurs de ces avertissements depuis qu’il est devenu l’organisateur principal, et la police lui a proposé à plusieurs reprises de bénéficier d’un programme de protection des témoins pour assurer sa sécurité.
Il affirme avoir refusé toutes ces offres, bien qu’il ait indiqué dans la lettre de «devoir d’avertissement» adressée à la police qu’il souhaiterait en savoir plus sur ces menaces.
«Je continuerai à faire exactement ce qu’a fait Hardeep Singh Nijjar, a-t-il dit mardi. Et si une balle doit mettre fin à ma vie, je serai heureux d'être la cible. Mais rien ne m’empêchera de mener cette campagne.»
Chuck Chiang, La Presse Canadienne