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Des intervenants craignent la diabolisation des transgenres après une tuerie

durée 11h25
12 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Des défenseurs et des experts mettent en garde contre le danger de diaboliser tout un groupe sur la base des actes d'une seule personne transgenre, à la suite de la tuerie dans une école à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.

Leurs commentaires viennent répondre à l'affirmation sans fondement d'un député provincial indépendant de Colombie-Britannique selon laquelle la tragédie qui a fait neuf morts était liée à l'identité de genre de la tireuse.

Ce message s'ajoute à une série de publications en ligne affirmant que les tueries de masse sont disproportionnellement causées par des personnes transgenres. En réalité, selon le Gun Violence Archive, moins de 0,1 % des tueries de masse aux États-Unis de 2013 à 2025 ont été perpétrées par des personnes transgenres, et Statistique Canada estime qu'environ 0,3 % de la population est transgenre.

Aaron Devor, titulaire de la chaire d'études transgenres à l'université de Victoria, a prévenu que de présenter un groupe comme violent sur la base des actions d'un individu ou d'un petit nombre d'individus est dangereux, en particulier lorsque des élus tiennent ce discours.

Il a ajouté que cela peut conduire à une restriction des droits de la personne, ce qui est déjà le cas aux États-Unis et, dans une moindre mesure, ici au Canada, où l'Alberta a limité l'accès des jeunes aux procédures d'affirmation de genre.

La police a indiqué que la tireuse de Tumbler Ridge était une femme de 18 ans qui avait commencé sa transition il y a 6 ans — ce qui, selon M. Devor, n'est qu'un détail concernant cette adolescente et fait l'objet d'une attention disproportionnée.

Tara Armstrong, députée indépendante de la Colombie-Britannique, a fait de la dénonciation des personnes transgenres un pilier de son identité publique. Elle a écrit sur les réseaux sociaux qu'il y avait une «épidémie de violence transgenre». Une affirmation qui n'est pas étayée par les faits.

Fae Johnstone, directrice générale de Queer Momentum, estime que le pays devrait se concentrer sur les victimes de Tumbler Ridge, mais les critiques acerbes sur Internet l'ont poussée à prendre la défense de sa communauté afin qu'elle ne soit pas victime d'une discrimination encore plus grande.

«Les actions d'un individu ne représentent pas l'ensemble d'une communauté et toute tentative de politiser cette tragédie est fondamentalement contraire à l'esprit canadien», a-t-elle soutenu par téléphone depuis Halifax.

Nicole Thompson, La Presse Canadienne

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