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Des fuites de méthane de loin supérieures aux estimations antérieures

durée 13h48
14 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les puits pétrogaziers abandonnés au Canada, particulièrement dans l'Ouest, laissent échapper du méthane microbien à des taux environ 1000 fois supérieurs aux estimations précédentes, selon une étude dirigée par l’Université McGill.

Le Canada compte près de 500 000 puits de pétrole et de gaz qui sont inactifs et chacun de ses puits peut potentiellement libérer du méthane souterrain dans l'atmosphère et ainsi contribuer au réchauffement climatique.

Une étude publiée récemment dans la revue Environmental Science & Technology indique que des scientifiques de l’Université McGill ont trouvé du méthane microbien dans 23 pour cent des puits non exploités échantillonnés, soit près de trois fois plus que les estimations antérieures, «et le taux d'émission médian associé est 1000 fois supérieur», précise l'étude.

Un communiqué publié par l’Université McGill explique que les chercheurs ont démontré que «la plupart des fuites de méthane provenaient de sources thermogéniques», que l’on trouve généralement dans «les formations pétrolières profondes, où la matière organique issue d’anciennes formes de vie "cuit" à haute température».

Les recherches précédentes avaient sous-estimé, semble-t-il, «l’apport du méthane microbien, que l’on trouve généralement dans les formations peu profondes».

Toutefois, a écrit la coautrice de l’étude Mary Kang, «il est souvent difficile de déterminer d’où provient ce méthane exactement, car le sous-sol est un système complexe comportant de multiples formations gazières».

La professeure agrégée de génie civil espère que cette étude contribuera à améliorer la compréhension de la «nature complexe du sous-sol» et à augmenter les efforts de réduction des émissions sur les sites pétroliers et gaziers.

Le méthane est un puissant gaz à effet de serre; sur une période de 20 ans, son effet de réchauffement est estimé à 80 fois plus élevé que le carbone.

Des recherches menées précédemment par la même équipe montraient que quelques puits de gaz non obturés seraient à l’origine de la majorité des émissions de méthane provenant des puits pétrogaziers abandonnés au pays.

Plus précisément, la tranche supérieure de 12 pour cent des puits qui émettent les plus fortes quantités de méthane serait responsable de 98 pour cent des émissions provenant de cette source.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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