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Des écologistes se questionnent sur la nomination de Pascale Déry

durée 17h52
21 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Des groupes environnementaux espèrent que des textes écrits dans le passé par la nouvelle ministre de l’Environnement, Pascale Déry, concernant les espèces menacées et les combustibles fossiles ne refléteront pas ses décisions politiques.

Certains textes écrits par l'Institut économique de Montréal (IEDM) de 2016 à 2019, lorsque Pascale Déry était vice-présidente aux communications et développement de l’organisation, inquiètent Louis Couillard, porte-parole de Greenpeace Canada.

Les «prises de position passées de la nouvelle ministre démontrent qu’elle ne perçoit pas la transition énergétique comme une réponse aux enjeux économiques actuels, alors que l’instabilité des marchés pétroliers crée une incertitude économique réelle, ce n’est pas le moment pour le Québec de freiner sur l’électrification, la décarbonation et nos engagements climatiques, bien au contraire», a indiqué Louis Couillard, dans un échange avec La Presse Canadienne.

Le responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace a fait référence à différentes publications, dont une intitulée «L’abandon du projet Énergie Est serait une grave erreur», écrite par l’IEDM lorsque Pascale Déry en était la vice-présidente aux communications.

L’IEDM est un laboratoire d'idées qui fait régulièrement la promotion des projets de combustibles fossiles et Énergie Est était un projet d’oléoduc qui aurait transporté des hydrocarbures de l’ouest du Canada vers l’est.

Greenpeace a également fait remarquer que Pascale Déry, en 2018, était responsable des communications de l’IEDM lorsque celui-ci a publié un texte intitulé «Bourse du carbone: faire fuir les emplois… sans réduire les GES!».

Dans ce texte, l’IEDM faisait valoir que le marché du carbone «aura un impact négligeable sur les émissions de gaz effet de serre (GES) tout en entraînant des pertes de milliards de dollars pour les économies québécoises et ontariennes».

La nomination de Pascale Déry «est une occasion manquée d’envoyer un signal fort aux Québécois: que l’environnement et la lutte aux changements climatiques seront au cœur du programme de la CAQ en vue des élections à l’automne», selon Louis Couillard.

Le porte-parole de Greenpeace a également fait référence au texte «Sauvegarde du caribou forestier: des coûts importants, mais pour quels résultats?», publié par l’IEDM lorsque Mme Déry en était vice-présidente.

«Y a-t-il une espèce en péril dans le coin?»

De son côté, Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales pour Équiterre, s’interroge sur une chronique, publiée dans le Journal de Montréal par Mme Déry en 2016, intitulée «Y a-t-il une espèce en péril dans le coin?»

«Elle a écrit ce texte dans un autre cadre professionnel. Mais est-ce qu'elle répétera cette orientation là dans le cadre de ses fonctions ministérielles à l'Environnement?» s’est demandé le représentant d’Équiterre.

Dans cette publication, celle qui est maintenant ministre de l’Environnement soutient que «de plus en plus de groupes et d’individus se tournent vers la Loi sur les espèces en péril pour tenter de bloquer tout projet de développement», en donnant l’exemple d’un projet domiciliaire à La Prairie.

«Il est important de protéger la biodiversité et les espèces en voie de disparition, mais on ne peut pas bloquer complètement des projets d’envergure, en plein milieu des travaux», écrivait la chroniqueuse.

«Avant toute cette controverse, saviez-vous qu’il existait une espèce menacée du nom de rainette faux-grillon? En tous cas, pas moi! Je n’avais jamais entendu parler de cet amphibien auparavant», peut-on lire dans le texte écrit en 2016.

Est-ce que la nouvelle ministre «assumera les responsabilités qui viennent avec son ministère, c'est-à-dire défendre et protéger l'environnement?» s’est interrogé Marc-André Viau.

Le directeur des relations gouvernementales pour Équiterre a mentionné qu’il souhaite rencontrer bientôt la nouvelle ministre.

«On espère qu'on aura plus de chances de la rencontrer que ça n'a été le cas avec son prédécesseur», a ajouté M. Viau en faisait référence à Bernard Drainville.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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