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Des députés du PCU auraient signé la pétition sur la question référendaire en Alberta

durée 06h15
30 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

EDMONTON — Certains membres du caucus du Parti conservateur uni (PCU) de la première ministre Danielle Smith auraient signé la pétition visant à forcer un référendum sur la sortie de l'Alberta du Canada.

C'est du moins ce qu'affirme Jeff Rath, avocat de Stay Free Alberta, le groupe qui organise la campagne de pétition.

«Je sais que certains membres du PCU à l'Assemblée législative ont signé la pétition», a déclaré M. Rath jeudi.

«Nous sommes convaincus que d'autres le feront, car ils croient qu'il faut permettre aux Albertains d'avoir leur mot à dire sur leur avenir. Personne ne devrait être surpris que des députés provinciaux du PCU signent la pétition.»

La pétition, lancée au début du mois, demande la tenue d'un référendum pour poser la question suivante aux Albertains: «Êtes-vous d'accord pour que la province de l'Alberta cesse de faire partie du Canada pour devenir un État indépendant?»

Elle doit recueillir près de 178 000 signatures d'ici mai. Si elle aboutit, il appartiendra alors au ministre de la Justice de Mme Smith de la transmettre à la lieutenante-gouverneure afin qu'elle organise un référendum.

M. Rath n'a pas voulu nommer les membres du caucus qui ont signé la pétition ni dire combien ils étaient, invoquant les règles de confidentialité qui régissent le processus.

Le bureau de Mme Smith a renvoyé les questions concernant la signature alléguée de la pétition par des députés du parti au caucus du PCU. Ce dernier a rappelé que M. Rath ne s'exprime pas au nom de ses membres.

«Notre gouvernement conservateur uni se concentre sur la construction d'une Alberta forte et souveraine au sein d'un Canada uni», a fait valoir le groupe parlementaire dans une déclaration.

«C'est la tâche pour laquelle nous avons été élus, et c'est la tâche que nous accomplissons chaque jour.»

Les électeurs veulent savoir

Le chef de l'opposition néo-démocrate, Naheed Nenshi, a appelé les membres du PCU qui ont signé la pétition à le dévoiler publiquement.

Selon lui, les électeurs ont le droit de savoir si leurs représentants élus souhaitent que l'Alberta devienne un pays à part entière.

«S'ils ne le font pas, on va simplement déduire qu'ils ont tous signé la pétition», a affirmé M. Nenshi lors d'un entretien avec La Presse Canadienne.

«(Mme Smith) est désormais à la tête d'un parti séparatiste et d'un gouvernement séparatiste. Elle est manifestement incapable de contrôler ses propres députés», a-t-il ajouté.

Au début de la semaine, M. Nenshi a appelé tous les membres de l'Assemblée législative à signer un engagement contre l'indépendance. Or, jeudi, aucun membre du caucus de Mme Smith ne s'était manifesté, selon le chef néo-démocrate albertain.

«L'indépendance ne réduit pas le coût de la vie. Elle ne crée pas de lits d'hôpitaux. Elle n'améliore pas le système d'éducation», a plaidé M. Nenshi.

«Ce qu'elle fait, c'est effrayer les investisseurs et nous coûter des emplois chaque jour.»

Trahison

Plus tôt cette semaine, Mme Smith a rejeté les appels d'autres premiers ministres provinciaux lui demandant de dénoncer le mouvement séparatiste.

Ces appels se sont accentués lorsqu'il a été révélé que certains dirigeants indépendantistes avaient rencontré à plusieurs reprises des responsables américains pour discuter de leur projet.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a déclaré jeudi que les figures de proue du mouvement indépendantiste albertain, dont M. Rath, s'étaient rendues coupables de «trahison».

«Il est tout à fait inapproprié de chercher à affaiblir le Canada, de chercher à obtenir l'aide d'une puissance étrangère pour diviser ce pays», a tranché M. Eby.

Les autres premiers ministres provinciaux ne sont pas allés aussi loin, mais plusieurs d'entre eux ont appelé Mme Smith à dénoncer le mouvement indépendantiste dans sa province.

La première ministre albertaine a répliqué qu'elle ne diaboliserait pas ceux qui, en Alberta, ont «perdu espoir» envers le Canada.

«Ce que nous devons faire, c'est redonner espoir aux Albertains, a-t-elle souligné. Nous devons leur montrer, pas seulement leur dire, pas seulement avec des mots, mais avec des actions, que le Canada peut fonctionner.»

Mme Smith a dit s'attendre à ce que l'administration américaine respecte la souveraineté du Canada. Elle compte soulever la question auprès de son délégué à Washington.

Hypothèse

M. Rath a confirmé avoir participé à des réunions avec des responsables américains, mais a nié que ses actions constituaient une trahison.

En tant que simple citoyen, il n'a pas le pouvoir de conclure des accords au nom de la province, a-t-il noté.

«Nous n'avons conclu aucun accord avec les États-Unis concernant quoi que ce soit. Nous ne leur avons pas demandé de fonds. Nous ne recevons pas de fonds de leur part», a-t-il précisé.

Il a reconnu avoir discuté avec des responsables américains d'un fonds ou d'un prêt de 500 milliards $ pour aider l'Alberta à devenir un pays indépendant, mais a souligné qu'il s'agissait davantage d'une hypothèse que d'une tentative sérieuse de solliciter des fonds auprès d'un gouvernement étranger.

La pétition sur la tenue d'un référendum en Alberta est pilotée par Mitch Sylvestre, qui est président d'une association de circonscription du PCU. De grandes foules se sont rassemblées dans toute la province ces dernières semaines pour la signer.

«Je pense que nous dépassons les attentes de tout le monde», s'est targué M. Rath.

«Tout le monde est vraiment enthousiaste et heureux d'avoir l'occasion d'appuyer la sortie de l'Alberta du Canada, et nous allons continuer à aller de l'avant.»

Jack Farrell, La Presse Canadienne

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