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Des candidats controversés et la bureaucratie s'imposent au jour 7 de la campagne

durée 16h25
2 septembre 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Au septième jour de la campagne électorale québécoise, des révélations concernant le passé de certains candidats ont placé à nouveau sur la défensive les chefs conservateur et libéral. La réduction de la taille de l'État s'est également imposée pour une nouvelle fois dans le grand bal des promesses.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a dû réagir mercredi matin aux propos controversés formulés par le passé par un autre de ses candidats, David Alarie, dans Brome-Missisquoi.

Selon un article de Radio-Canada, M. Alarie avait appelé à «euthanasier» les Québécois en faveur du vaccin contre la COVID-19 pendant la pandémie. Il avait aussi encouragé les citoyens à «harceler» les députés dans leurs circonscriptions.

Dans l'article, M. Alarie s'est excusé et a reconnu qu'il avait eu des propos «de mauvais goût».

Talonné à ce sujet en point de presse, M. Duhaime s'est montré agacé et a pointé du doigt la Coalition avenir Québec (CAQ) pour les fuites dans les médias.

Le chef conservateur a évité de se prononcer et a encouragé les électeurs à «faire confiance» à son parti et à se concentrer sur les idées.

M. Duhaime faisait une annonce mercredi sur l'abolition des barrières entre les provinces canadiennes. Il promet notamment de s'attaquer aux règles de camionnage non harmonisées, à la reconnaissance des permis et des examens, ainsi qu'à la vente d'alcool, afin de faire du libre-échange canadien «une réalité».

De son côté, Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a été rattrapé par la conduite de son candidat dans la circonscription de Vanier–Les Rivières, Charles Hudon, quand ce dernier était en poste à l'Assemblée nationale.

Selon un article des médias de Québecor, M. Hudon aurait eu des «comportements troublants» quand il travaillait comme directeur du Bureau de la sécurité du parlement.

La semaine dernière, Cogeco avait rapporté qu'un «climat toxique» régnait chez les agents de sécurité et les constables spéciaux sous la direction de M. Hudon, qui a occupé cette fonction de février 2020 à juin 2022.

Le Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec et le Syndicat de la fonction publique du Québec avaient mandaté une firme d'avocats pour faire la lumière sur la situation. L'enquête a mené au dépôt d'un rapport en 2022.

M. Milliard a défendu son candidat en soutenant notamment ne pas avoir eu accès aux conclusions du rapport.

«J'ai parlé à M. Hudon très tôt ce matin. M. Hudon ne nie pas qu'il a eu des relations parfois tendues avec les syndicats, entre autres, dans le cadre de ses fonctions. (...) Si on m'amène d'autres informations, je vais agir en conséquence», a déclaré le chef libéral.

Réduire la bureaucratie

En termes d'engagements, la CAQ de Christine Fréchette a emboîté le pas au PCQ et au Parti québécois (PQ) sur la question de la réduction de la taille de l'État.

Mme Fréchette s'est engagée à abolir 2900 postes par un programme de départs volontaires, au coût de 507 millions $ à terme, si son parti reprend le pouvoir le 5 octobre. Ce programme serait offert aux employés de 55 ans et plus.

Cela reviendrait donc à verser près de 175 000 $ par rachat de poste en moyenne. Ces rachats s'ajouteraient à un programme déjà annoncé en juin d'abolition de 3000 postes d'ici 2030, donc pour un total de 5900 postes.

M. Milliard a aussi affirmé vouloir réduire la taille de l’État, notamment en diminuant le nombre de fonctionnaires. Il ne s'est pas avancé sur un chiffre, mais il assuré que ses coupes ne seraient pas de l’ampleur de celles du PCQ.

Celui-ci compte abolir 20 000 postes de fonctionnaires, tandis que le PQ vise une réduction des coûts de rémunération dans le secteur public de 2,5 % sur trois ans.

M. Milliard faisait mercredi une annonce sur les infrastructures. Il souhaite consacrer 75 % du Programme québécois d’infrastructures (PQI) au maintien des actifs jusqu’à ce que 80 % d’entre elles soient jugées «dans un état satisfaisant» ou mieux.

États généraux sur l'éducation et maisons abordables

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a, quant à lui, fait campagne sur le thème de l'éducation.

Il a promis qu'un gouvernement péquiste tiendrait des états généraux en éducation dans les 100 premiers jours du mandat. Le milieu réclame une réelle discussion de fond sur le système d'éducation, 30 ans après les derniers états généraux.

«Un des objectifs, ce sera de s'inspirer des meilleures pratiques dans le monde pour rehausser le niveau (...) de chaque sphère d'éducation», a déclaré M. St-Pierre Plamondon.

D'ici là, le chef péquiste propose de mettre en place une série de mesures, telles que la réintroduction du chant et l'instauration d'un minimum de 60 minutes d'activité physique obligatoire par jour au primaire et au secondaire.

Face à la hausse fulgurante de la violence dans les écoles, le parti suggère de mettre en place un code de sanctions «claires et plus sévères», et de se pencher sur la mixité socio-démographique dans les écoles, afin d'éviter la «ghetthoïsation» de certains groupes.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a présenté un programme de maisons abordables, s’inspirant du sénateur démocrate du Vermont, Bernie Sanders, afin de contrer la crise du logement.

La formation de gauche promet de mettre en place un projet pilote qui permettrait d’offrir 2000 nouvelles maisons dont le prix serait inférieur de 25 % à celui du marché, en remettant en état des logements. Les terrains de ces habitations appartiendraient à l’État.

«L’idée est de racheter et de rénover des maisons déjà existantes pour ensuite les mettre en vente, mais l'État va rester propriétaire du terrain», a expliqué Mme Ghazal.

QS compte aussi aider 25 000 premiers acheteurs chaque année en offrant des prêts pouvant atteindre «15 % de la valeur d’une propriété neuve et 5 % de la valeur d’une maison existante», a indiqué Mme Ghazal. Les prêts pourraient atteindre la somme de 50 000 $.

La première mesure des maisons abordables aurait un coût initial de 300 millions $ pour l'État, tandis que celle sur les prêts coûterait 120 millions $ sur quatre ans.

— Avec des informations de Vicky Fragasso-Marquis, Patrice Bergeron, Thomas Laberge, Caroline Plante et Stéphane Blais de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

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