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D'anciens diplomates canadiens exhortent Ottawa à imposer des sanctions contre Israël

durée 11h53
15 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Près de 200 anciens hauts diplomates canadiens demandent au premier ministre Mark Carney d'imposer de sévères sanctions à Israël en raison de la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens et au Liban.

Dans une lettre envoyée aux médias, les anciens diplomates ont demandé au gouvernement fédéral de réexaminer l'accord commercial du Canada avec Israël et d'annoncer que l'accord de partenariat stratégique serait suspendu si la situation ne s'améliorait pas.

«Il apparaît évident que sans sanctions internationales fermes, le gouvernement israélien continuera à faire fi du droit international et des droits de la personne, et poursuivra ses projets d’expansion des colonies», peut-on lire dans la lettre, publiée jeudi soir.

La lettre cite les restrictions qu'impose Israël à l’aide humanitaire et à l’accès des journalistes à Gaza, en plus la recrudescence des violences coloniales en Cisjordanie, où les responsables israéliens affirment vouloir rendre impossible la création d’un État palestinien.

Elle note également que le nombre élevé de victimes civiles au Liban laisse entendre qu’Israël viole le droit international. Israël affirme que cette campagne vise le Hezbollah.

«Si le Canada reconnaît les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité concernant le Hezbollah, le rasage de villes entières et le nombre élevé de victimes civiles constituent une grave violation du droit international», peut-on lire dans la lettre, signée par 190 anciens diplomates ayant occupé des postes de haut rang.

Elle fait suite à une lettre similaire, publiée en juillet, demandait au Canada de mettre fin à tout commerce d'armes avec Israël.

«Malgré un cessez-le-feu déclaré, le gouvernement israélien continue d’entraver l’aide humanitaire à Gaza et de détruire des infrastructures civiles, notamment des hôpitaux et des installations d’approvisionnement en eau, tout en tuant et en blessant des centaines de Palestiniens, dont beaucoup sont des femmes et des enfants », peut-on lire dans la lettre publiée jeudi.

La lettre rappelle que lorsque le Canada a officiellement reconnu l’État de Palestine en septembre dernier, M. Carney avait indiqué que cette décision reposait sur le constat que les conditions nécessaires à une solution à deux États étaient systématiquement détruites.

Les anciens diplomates affirment que la situation n’a fait qu’empirer depuis, citant les projets de construction de nouvelles colonies en Cisjordanie qui, selon les responsables israéliens, rendraient presque impossible pour les Palestiniens de disposer d’un territoire contigu.

«Dans le même temps, des colons extrémistes, souvent avec le soutien tacite et parfois la participation active de la police et de l’armée israéliennes, chassent violemment un grand nombre de Palestiniens de leurs foyers et de leurs terres, tuant et blessant en toute impunité», ont-ils écrit.

Les diplomates notent également qu’ils souhaitent qu’Ottawa engage des poursuites judiciaires contre les entreprises canadiennes qui contribuent ou soumissionnent pour la construction, alors que le Canada considère ces colonies comme illégales au regard du droit international.

Ils appellent également le gouvernement fédéral à accélérer les efforts visant à révoquer le statut d’organisme de charité des groupes soutenant les colonies ou finançant l’armée israélienne.

Droit international

Les diplomates souhaitent également que le Canada apporte un «soutien sans équivoque» aux mesures prises par la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice concernant les allégations de crimes de guerre et d’actes de génocide dans la région.

La Presse Canadienne a sollicité sans réponse les commentaires du bureau de M. Carney, de la ministre des Affaires étrangères Anita Anand et de l’ambassade d’Israël à Ottawa.

Israël a souvent affirmé respecter le droit international dans sa lutte contre le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban. Il a exhorté des pays comme le Canada à se concentrer sur les menaces pesant sur Israël émanant de l’Iran et de ses alliés.

Les relations sont tendues. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, n'a pas parlé avec le premier ministre Mark Carney depuis son entrée en fonction il y a plus d'un an.

Cette lettre intervient alors que le sénateur Yuen Pau Woo demande au gouvernement de donner suite à une déclaration commune publiée il y a un an avec la France et le Royaume-Uni. Cette déclaration menaçait de «mesures concrètes» si les restrictions sur l’aide humanitaire destinée à Gaza persistaient.

«Il est tout à fait clair que l'ultimatum — la menace — a été lancé et qu'Israël n'a apporté aucune amélioration», a déclaré M. Woo devant la Chambre le 5 mai.

Le mois dernier, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont rejeté une proposition visant à suspendre l'accord commercial préférentiel de l'UE avec Israël, bien que l'Union ait accepté lundi de sanctionner les colons israéliens et les responsables du Hamas.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne

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