Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

CPAC annule deux émissions d'information, invoquant une baisse de ses recettes

durée 20h00
21 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — CPAC, la chaîne canadienne qui assure la couverture en direct d'événements politiques, a indiqué que la baisse de ses recettes l'a contrainte à annuler deux de ses émissions phares, «PrimeTime Politics» et «L’Essentiel».

Dans un communiqué publié mardi annonçant ces coupes, la chaîne a invoqué une baisse de revenus qui «ne cesse de s’accélérer», un paysage audiovisuel incertain et des retards dans la modernisation du système de diffusion.

Cette décision intervient peu après que l’autorité fédérale de régulation de l’audiovisuel a augmenté le financement de CPAC.

La présidente-directrice générale, Christa Dickenson, a indiqué que cela ne suffisait pas à combler le déficit.

Mme Dickenson a mentionné lors d’une entrevue que CPAC «avait fait des prévisions encore et encore», avec et sans cette augmentation, et que «pour pouvoir traverser les deux prochaines années, nous sommes arrivés à la conclusion que c’était inévitable et qu’il fallait le faire».

Ces réductions représentent une diminution de 15 % des effectifs, touchant 12 personnes, dont le présentateur Michael Serapio.

CPAC est une entité à but non lucratif détenue par des câblo-opérateurs.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) a noté dans sa décision d’augmentation des tarifs que CPAC «ne peut pas diffuser de messages publicitaires autres que des messages de commandite au soutien de la fourniture de sous-titrage codé ou de la vidéodescription. Elle dispose ainsi de peu de moyens autres qu’une augmentation tarifaire pour faire face à la hausse des coûts d’exploitation à laquelle elle est confrontée.».

Son offre comprend des images des travaux parlementaires, notamment des annonces, des conférences de presse et des mêlées de presse. C’est un outil très prisé des journalistes politiques canadiens, en particulier à Ottawa.

Mme Dickenson a souligné qu'elle devait protéger la programmation principale de CPAC, qui consiste en «une couverture longue et non filtrée des travaux parlementaires et des affaires politiques».

Depuis janvier, CPAC est le seul média à avoir diffusé les congrès des trois principaux partis politiques fédéraux, a-t-elle rappelé.

«Nous avons donné aux Canadiens un accès complet, dans les deux langues, et nous avons archivé ces contenus. Il ne s’agit pas d’une simple citation, a-t-elle précisé. Je dois protéger cela à tout prix.»

La chaîne est financée par des tarifs de gros payés par les fournisseurs de services de télévision, tels que les câblo-opérateurs, sur la base du nombre d’abonnés.

Au début du mois, le CRTC a accordé à CPAC une augmentation de 0,03 $ de ce tarif mensuel.

Mme Dickenson a expliqué que CPAC avait demandé cette augmentation de 0,03 $ en 2024, en se basant sur le nombre d’abonnés que les fournisseurs de télévision devaient conserver, mais les abonnés ont délaissé la télévision traditionnelle en plus grand nombre que CPAC ne l’avait prévu.

Ses calculs reposaient sur une perte d’abonnés de 11 % sur cinq ans, a-t-elle précisé. Dans sa décision, le CRTC a indiqué que les revenus d’abonnement de CPAC avaient baissé de 11 % entre les années de diffusion 2018-2019 et 2022-2023.

Mme Dickenson a fait savoir qu’elle n’aurait pas pu prévoir une perte supplémentaire de 12,5 % au cours des deux années suivantes.

«Au total, nous nous rapprochons donc dangereusement de 25 % de notre seule source de revenus. C'est là le déclin. C'est le trou auquel nous sommes confrontés», a-t-elle ajouté.

CPAC a également affirmé que le CRTC est responsable de la lenteur de la modernisation du système de radiodiffusion, une tâche qui lui a été confiée par la mise en œuvre de la Loi sur la diffusion continue en ligne.

Mme Dickenson a déclaré que cela devrait inclure un nouveau cadre de financement pour des services comme CPAC, mais le CRTC n’a pas encore pris de décision concernant un fonds.

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a mentionné mardi aux journalistes sur la colline du Parlement que cette nouvelle était «très triste pour les employés de CPAC».

Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a écrit sur les réseaux sociaux qu’il pensait aux employés touchés par les licenciements chez CPAC, qualifiant l’organisation de «voix importante de notre démocratie».

«Je suis déçu que le CRTC n’avance pas rapidement dans la mise en œuvre de la Loi sur la diffusion continue en ligne, afin que les plateformes en ligne contribuent équitablement», a précisé M. Miller.

Anja Karadeglija, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge