Contrairement à d'anciens chefs péquistes, PSPP a très peu d'appétit pour la Chine

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Un prochain gouvernement péquiste ne travaillerait pas à renforcer les liens entre le Québec et la Chine.
C'est ce qu'a laissé entendre vendredi le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.
Il s'en prenait au premier ministre canadien Mark Carney, qui autorisera l'entrée de véhicules électriques chinois en échange du retrait des droits de douane sur le canola canadien, entre autres.
M. Carney s'allie avec «une dictature totalitaire qui a démontré des gestes d'ingérence étrangère et d'espionnage industriel sur le territoire canadien», a déploré M. St-Pierre Plamondon.
«C'est un régime qui n'a aucun respect, ni pour les droits de la personne, ni pour les règles de droit international, ni pour notre démocratie à l'interne», a-t-il ajouté.
À son avis, il s'agit d'un choix malavisé, alors que le Canada s’apprête à renégocier un accord commercial avec les États-Unis.
«Notre partenaire naturel depuis des siècles, c'est les États-Unis. (...) Les Américains peuvent regarder ça et dire: "Vous êtes en train de former une alliance avec un pays pour lequel nous, on a vraiment des réserves importantes."
«Donc, ça peut avoir énormément d'impact dans les prochains mois», prévient-il.
Un Québec indépendant romprait-il tout lien diplomatique avec la Chine? a demandé un journaliste. «Non. On peut poursuivre certains accords», a répondu le chef péquiste.
Il déplore toutefois que la balance commerciale entre le Québec et la Chine soit encore immensément favorable à cette dernière, même si l’écart s'est légèrement rétréci au cours des dernières années.
Les exportations du Québec en Chine sont passées de 3,5 milliards $ en 2022 à 4,2 milliards $ en 2023, une augmentation de 20 %, selon l'Institut de la statistique du Québec.
En revanche, les importations chinoises au Québec sont passées de 15,7 milliards $ en 2022 à 13,4 milliards $ en 2023, une baisse de 14,8 %.
Depuis René Lévesque en 1984, les premiers ministres du Québec ont effectué régulièrement des missions en Chine.
Le dernier à avoir perpétué cette tradition est Philippe Couillard, en 2014 et 2018. Le Québec est en outre jumelé à un partenaire, l'État du Shandong.
Québec a signé sa première entente avec le gouvernement chinois en 1980, et elle portait sur l’éducation. Le Québec a aussi été la première province à ouvrir un bureau en Chine, en 1998, sous Lucien Bouchard.
Elle compte désormais quatre représentations en Chine: à Pékin, Shanghai, Quingdao et Shenzhen.
Caroline Plante, La Presse Canadienne